Editoriaux - Histoire - 19 novembre 2018

Le politiquement correct frappe l’armée : une promotion de Saint-Cyr « débaptisée »

La promotion de Saint-Cyr qui quittera la lande bretonne en juillet 2019 va être débaptisée. L’état-major précise « qu’il sera engagé avec les élèves de la promotion concernée “un parcours de mémoire” au terme duquel un nouveau nom de parrain sera choisi ».

Cette promotion porte le nom du général Loustaunau-Lacau (1894-1955). C’est une première qu’une promotion de Saint-Cyr soit ainsi « débaptisée » !

Le nom de promotion n’est pas choisi par hasard dans nos écoles d’officiers. Il est le fruit d’un processus long et complexe initié par le choix des élèves-officiers eux-mêmes, validé par les autorités militaires et politiques.

Voir sa promotion « débaptisée », c’est un traumatisme pour les cyrards qui ont choisi leur parrain.

Quant à ce fameux « parcours de mémoire », cela évoque la « rééducation des camps vietminhs », ainsi que me l’écrit un amiral (2S) de mes amis. Il y a donc de quoi être inquiet.

Mais qui est Loustaunau-Lacau ?

Saint-cyrien de la promotion de Montmirail (1912 -1914), Georges Loustaunau-Lacau fait la Grande Guerre dans l’infanterie, qu’il terminera comme capitaine, Légion d’honneur et croix de guerre avec trois palmes et une étoile. Entre les deux guerres, campagne du Maroc après l’École de guerre en 1924, dont il sort major. Puis il est chef de corps du 24e bataillon de chasseurs alpins. Il succède ensuite à Charles de Gaulle comme « plume » du maréchal Pétain. Dès 1936, il fonde les réseaux Corvignolles, qui ont pour objet de démasquer les cellules communistes dans l’armée.

À nouveau la guerre : dans la Résistance dès 1941, il fonde le réseau Alliance. Son activisme anti-allemand le fait emprisonner par Vichy, puis il est livré aux Allemands et déporté à Mauthausen en 1943. Après la guerre, il a néanmoins affaire à la Justice pour ses activités d’avant-guerre, suspecté d’avoir appartenu à la Cagoule.

Blanchi par ses juges, il a été effacé de la mémoire collective des Français par les historiens officiels » selon l’expression du résistant Alain Griotteray.

Nommé général par Vincent Auriol en 1954, il décède alors qu’il est député des Basses-Pyrénées.

Que reproche-t-on donc tardivement à Loustaunau-Lacau ?

D’avoir été « antisémite », paraît-il ! Certes, il a pu, comme beaucoup avant-guerre, être critique à l’égard des différents lobbys qu’il considérait avoir joué un rôle néfaste dans le désarmement de la France. Mais en faire un « antisémite », sous-entendu un « nazi » ou un « fasciste », est tout à fait faux et injuste. En réalité, ce qu’on lui reproche aujourd’hui, c’est d’avoir été « un Français rebelle », mais surtout « un supposé cagoulard et un résistant d’extrême droite ».

C’est évidemment pour ce motif que, cédant au politiquement correct, les autorités ont aujourd’hui décidé de débaptiser cette promotion !

Ces gens-là devraient relire ces mots de Simon Epstein :

« Nombre d’antifascistes de 1936, basculés dans la collaboration dès 1940 mais experts à se faire pardonner en 1944, auront connu une Libération plus paisible que celle qui s’acharnera sur ce résistant de la première heure, rescapé de Mauthausen et des marches de la mort. » Comme l’écrit le colonel Groussard, autre grand résistant, « toute sa vie, Georges Loustaunau-Lacau s’est lancé dans la bataille sans jamais tenir compte des conséquences dramatiques que cela pouvait avoir pour lui ». Et pour Alain Griotteray, « Georges Loustaunau-Lacau a sacrifié à ses convictions, au service de la patrie, sa carrière, sa liberté, son honneur et sa réputation ».

On ne débaptise pas une promotion de Saint-Cyr, une promotion d’officiers, quelle qu’elle soit et quel qu’en soit le motif. Aucun prétexte tardif ne saurait le justifier alors même que l’officier ayant donné son nom à cette promotion a prouvé par ses actes à tout moment la haute conception qu’il se faisait du métier des armes et du patriotisme.

Vive la promotion Général Georges Loustaunau-Lacau !

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