Entre Jalkh et Borello qui devrait être le plus discrédité ?

Ancien officier de Gendarmerie

Diplômé de criminologie et de criminalistique

 

Jean-Francois Jalkh, voilà un nom qui représente l’horreur depuis quelques jours par grande presse interposée. Ce vice-président du FN a été accusé de propos négationnistes tenus il y a dix ans. Est-ce que ceux-ci sont aujourd’hui prouvés ? Non, mais pour le FN, de simples dires suffisent. Si nous devons remonter dans le passé, parlons de manière équitable de Jean-Marc Borello – « ce grand patron qui murmure à l’oreille d’Emmanuel Macron », comme l’affirme Le Figaro – et de ses déboires.

Deux faits avérés doivent être exhumés concernant ce personnage.

Le premier vient d’être relaté par Valeurs actuelles. Jean-Marc Borello a été condamné en septembre 1999 par la cour d’appel de Paris, avec plusieurs de ses associés, à six mois de prison avec sursis et, solidairement, à payer 900.000 francs (137.000 euros) aux douanes. Voici les attendus du jugement que Valeurs actuelles s’est procuré : « Avoir facilité l’usage illicite de stupéfiants en laissant se dérouler et prospérer dans les établissements dont ils avaient la responsabilité […] un trafic de stupéfiants constitué par une revente et une consommation visibles et notoires d’ecstasy [une drogue dure principalement utilisée dans les milieux de la nuit, NDLR]. »

Mais que s’est-il passé concrètement pour que ce soutien de Macron ait été jadis dans le collimateur de la justice ? L’hebdomadaire nous donne la réponse. « À l’époque gérant du célèbre night-club le Palace, à Paris, celui qui est aujourd’hui à la tête du groupe SOS, “principale entreprise d’économie sociale et solidaire française”, s’était défendu d’avoir été au courant de ces trafics. Peine perdue. Le tribunal a, en effet, considéré que “les éléments matériels […] rassemblés permettent de considérer que M. Borello a eu connaissance des faits de trafic et de consommation qui se déroulaient dans son établissement”. Pour générer un chiffre d’affaires, la tolérance à la présence de dealers qui étaient en même temps des “locomotives” de clientèle était nécessaire. M. Borello y a consenti, implicitement sans doute, mais effectivement. »

Le deuxième fait, qui permet d’en savoir un peu plus sur ce M. Borello, est rapporté dans un article de Libération relatant le procès de Mégel. À cette époque, Jean-Marc Borello est administrateur de l’institut des Tournelles, association de protection de l’enfance. Or, le directeur de l’institut, Robert Mégel, fonctionnaire de la protection judiciaire, est accusé de pédophilie. Tout en affirmant qu’il ne jouait aucun rôle dans la vie quotidienne des Tournelles, l’actuel bras droit de Macron montait au créneau pour défendre son ami : « Ces faits sont matériellement impossibles… dans cette institution, compte tenu de son mode de fonctionnement, ces histoires de pédophilie étaient impossibles… Ceux qui redoutent le contraire sont des guignols. »

Ces propos n’empêchèrent pas le tribunal de condamner, en 2006, le directeur à 12 ans de prison pour pédophilie. Un éducateur avait même précisé, sans en apporter la preuve : « Je me rappelle B. la première fois que je l’ai rencontré chez Mégel, il m’a déboutonné trois boutons de chemise pour voir ce qu’il y avait dessous. » Ce témoignage n’alla jamais plus loin.

À l’heure où Macron nous parle d’une plus grande morale en politique, en réclamant notamment l’impossibilité, pour un élu, de posséder un casier judiciaire, c’est son ancien professeur de Science Po qu’il côtoie depuis 2001, présenté comme « ministrable », qui se retrouve en contradiction avec ses exigences.

Jugez-vous même entre Jalkh et Borello qui, avec des médias équitables, devrait le plus être discrédité ?

Diplômé de criminologie et de criminalistique

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