Editoriaux - Immigration et diversité - 4 septembre 2018

En Suède, on en est là : un festival sans hommes…

La Suède, située dans le nord de l’Europe, connaît un été court. Durant cette saison, la population, et tout particulièrement la jeunesse, est heureuse de participer à différents festivals qui se déroulent à travers le pays, cela afin de pouvoir profiter des longues journées ensoleillées.

Un nouveau venu parmi ces événements musicaux suscite cependant la polémique. En effet, en ce tout début du mois de septembre 2018, le port de la ville de Göteborg accueille un festival sans hommes. Dénommé « Statement », celui-ci est également accessible aux personnes transgenres, devenues hommes ou femmes. Les 47.000 euros nécessaires au financement du projet ont été récoltés, en un temps record, via un financement participatif.

Les organisatrices de ce rassemblement musical prennent très au sérieux le bannissement de la gent masculine, non seulement au sein du public, mais également parmi les organisateurs eux-mêmes, les gestionnaires, les personnes chargées de la sécurité, les journalistes, les serveurs de boissons et les artistes et groupes appelés à se produire sur la scène.

L’apartheid sexuel mis en place au sein de ce rassemblement ne plaît cependant pas à tous. En effet, la Suède est connue – culture germanique oblige – comme étant un des pays au monde où le statut de la femme est le plus élevé et est également réputée pour l’égalité entre les sexes qui y règne. Or, ce festival refuse d’ouvrir ses portes à une personne parce que celle-ci est un homme. Des réactions voient le jour.

Ainsi, le Service de médiation pour l’égalité a reçu de nombreuses plaintes et a ouvert une enquête. Cette institution doit déterminer si ce festival est en contradiction avec les lois anti-discrimination et doit donner bientôt sa réponse, alors que ce rassemblement musical est désormais terminé.

Si, autrefois, la délinquance sexuelle était peu répandue à l’intérieur de cet État scandinave, l’ouverture des frontières et l’afflux de migrants, en provenance de pays au sein desquels le statut de la femme est bas et les mœurs sont peu libres, a conduit à des changements radicaux au sein de la société.

Au cours des dernières années, des migrants ayant commis des viols et des agressions sexuelles sur de jeunes Suédoises lors de divers festivals, des organisateurs avaient été conduits à vouloir instaurer, lors de ces rassemblements musicaux, des zones réservées aux femmes.

La police, accusée d’avoir caché que les auteurs d’agressions sexuelles survenues deux années de suite lors d’un festival étaient de jeunes migrants originaires principalement d’Afghanistan, avait lancé une distribution de bracelets afin de sensibiliser les participants à cette question. Une policière, défendant cette méthode, affirmait que la diffusion de ces objets ne conduit pas à la disparition des agressions mais augmente la probabilité de voir plus de gens remarquer les auteurs, les dénoncer et porter plainte.

Les organisateurs d’un festival avaient même décidé de mettre définitivement la clé sous le paillasson, estimant qu’il n’est plus possible de mettre en place un tel événement dans ces conditions.

Mais les promoteurs de cet événement « Statement », à l’affiche duquel figure Loreen, la chanteuse suédoise qui a gagné le concours Eurovision de la chanson en 2012, tentent de cacher la raison qui conduit à la mise en place de ce festival exclusivement féminin et, plutôt que de mettre en avant la menace sexuelle constituée par la présence de certains migrants, préfèrent rejeter la responsabilité sur le « mâle » en général, l’acceptation de l’« autre » devant primer sur la défense du statut de la femme et sur les mœurs suédoises.

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