Campagne contre les violences sexistes : le Blanc est le méchant ; heureusement, la diversité est là pour nous sauver !

L’égalité entre les hommes et les femmes est l’une des grandes causes du quinquennat. Un quinquennat marqué du point de vue sociétal par le mouvement #MeToo et #BalanceTonPorc, il y a un an, qui a remis au premier plan la dure réalité des violences faites aux femmes : depuis les homicides (en France, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint) jusqu’aux multiples formes de violences aussi bien au sein du couple et des familles que dans la vie sociale.

Le Premier ministre a donc commandé une campagne publicitaire pour sensibiliser les Français et faire bouger les choses, comme on dit. L’agence BETC qui a été choisie nous propose quatre mini-fictions montrant la diversité des situations, accompagnées par des témoignages. Le tout est pédagogique, efficace et invite à passer à l’action, nous montrant comment devenir des héros du quotidien, en s’identifiant à tous ces « témoins » qui ont sauvé cette fille importunée dans le métro ou cette mère battue.

Et c’est là que la campagne pose d’abord question. S’il est légitime de nous montrer des situations et des héros positifs, le fait que nous en soyons là après un siècle de féminisme, le fait qu’il faille dire aux Français de 2018 qu’il faut intervenir, « ne rien laisser passer », comme dit la campagne, atteste surtout que, depuis des années, on a laissé passer bien des choses, à tous les niveaux. Depuis le métro, et la rue. Jusqu’à cette société du spectacle (cinéma) qui nous fait la morale soir et matin et donne le ton de la modernité mais qui s’est révélée un pan sacrément gangrené de l’édifice…

Et puis ces quatre petits films fort bien faits ont aussi un point commun qui crève les yeux : les personnes de la diversité y sont très présentes, mais systématiquement dans le beau rôle, soit victimes, soit héros. Le problème, c’est que, quand on veut parler des sujets qui fâchent, comme la violence, il faut un méchant. Eh bien, cette campagne, pour incarner les agresseurs, importuneurs, meurtriers, a systématiquement choisi des hommes blancs, de tous les âges. Ce n’était certainement pas le message revendiqué, mais les images parlent d’elles-mêmes. Et les publicitaires le savent bien.

Or, la réalité oblige à dire que la violence masculine n’est pas l’apanage des mâles blancs. Elle oblige aussi à reconnaître que la situation faite aux femmes dans certaines communautés, et notamment dans le monde musulman, pose certains problèmes spécifiques.

C’est vrai dans les pays musulmans. Et l’actualité récente nous le rappelle cruellement, entre l’assassinat d’une Miss Irak avant-hier et l’exécution de la petite Zeinab Sekaanvand, 15 ans, hier, qui a tué son mari qui l’aurait harcelée, violentée et violée. Pas sûr qu’elle bénéficie du même engouement que Jacqueline Sauvage…

Mais c’est vrai aussi en France, dans certains quartiers.

L’un des témoins de ces films, un rappeur – blanc ! -, insiste pour dire qu’on peut tous faire quelque chose. Il est d’ailleurs savoureux qu’on soit allé interviewer ce rappeur bien sous tous rapports, comme pour faire oublier qu’un certain rap, parfois issu de la diversité, était traversé d’une violence antisémite, raciste et, bien souvent, sexiste. Ce témoin a même quelques spontanéités sympathiques que l’agence de pub a gardées :

« D’une manière biologique, tu viens d’une femme. On vient tous d’une femme, d’une mère. »

Bel argument en faveur du respect des femmes, surtout à l’heure des délires qui nous conduisent vers la GPA.

Et puis ceci :

« Ton pote, tu peux inverser ses croyances. »

Ben voilà, une partie du problème serait là, sous ce mot derrière lequel la pub se gardera bien d’aller fouiller : les croyances…

Mais une chose est sûre : les femmes, en France, doivent vraiment se méfier des mâles blancs. Les images l’ont dit. Quant aux mâles blancs, ces pères dont les filles ont été sifflées dans la rue, agressées ou tuées, ils ont sûrement en tête un autre film que ces quatre « mini-fictions » qui, en un sens, portent très bien ce nom.

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