Culture - Editoriaux - Médias - Politique - Société - 5 septembre 2017

Année électorale française : désillusions d’une jeunesse qui n’a pas dit son dernier mot

Cette année électorale a été très éprouvante pour les jeunes qui, comme moi, voyaient dans la politique un chemin du renouveau. Nous avons cru, pour la plupart, en un homme lors des primaires et pour une idée à la présidentielle. Jean-Frédéric Poisson était l’homme que nous voulions pour la droite française. Marine Le Pen, malgré ses incohérences, était la femme que nous voulions pour la France.

Pour nous, jeunes, le résultat de la primaire a été le premier coup de massue porté sur la vision que nous avions du jeu politique. La présidentielle a été bien pire encore.

Les jeunes qui ont soutenu le Front national face au danger libertaire se sont vus pris entre deux feux. D’un côté la droite Manif pour tous bercée d’illusions par François Fillon et son acolyte François Baroin, adepte du Grand Orient de France. De l’autre, la droite molle, bobo, versaillaise bon chic bon genre qui s’est crue obligée de voter Macron pour sa jeunesse et son dynamisme. Englués qu’ils étaient dans cet idéal orwellien et bercés par la douce symphonie médiatique, ils n’ont pas vu et ne voient toujours pas (hélas) le drame qui se joue sous leurs yeux.

Notre contemporain est abruti par la pensée de masse, inculquée à tous les niveaux de la société. Nous nous sentions bien étrangers à cet élan de frénésie que nous regardions d’un œil attristé et, surtout, profondément désemparé. En effet, que faire face à la machine mondialiste qui prospère aujourd’hui sur les ruines de nos vieux soixante-huitards ?

Pour beaucoup d’entre nous, la question se pose de s’engager au plus près du combat. Pour les plus intrépides, les plus fous peut-être, faire de la politique serait un moyen à leur niveau de changer les choses, de « vaincre le Grand Soir ». Le chemin semble plus direct, certes, mais il n’en est que plus ardu.

En effet, comment se dire à vingt ans : « Je m’engage en politique parce que j’aime mon pays et que je pense que je serai le plus efficace au cœur de la mêlée, là où tout se joue. »

Seulement, il ne faut pas se tromper. Nous sommes loin du temps où la politique était au service du bien commun. Rester libre dans une telle misère morale est bien trop compliqué pour s’y risquer sans en avoir les moyens…

Alors, que faire ? La réponse n’est pas simple mais elle nous est donnée encore une fois par notre jeunesse : se former et oser. La France, malgré sa grande misère, est le pays où la jeunesse est la plus active; notre jeunesse a soif d’engagement ! Combien de formations naissent chaque année en France avec pour seul but de former notre belle jeunesse et de reconquérir le terrain dans des domaines aussi variés que la politique, les médias, la culture, l’associatif…

Notre jeunesse a soif de conquête, la décrépitude de la France nous bouleverse tous intérieurement et nous ne voulons pas nous laisser faire. Mais un jour, l’âge avancera et nous n’aurons plus la même ardeur.

Alors, n’attendons pas, la France, elle n’attendra pas.

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