Zemmour-Melenchon sur BFM TV : les clés d’un duel sans pitié

MéLENCHON

Le match sera rude, l’audience battra des records. Reclus comme un moine, Éric Zemmour a demandé expressément, selon nos informations, de libérer son agenda au maximum lundi, mercredi et jeudi, jusqu’au choc du débat avec Mélenchon, prévu ce 23 septembre, à 20 h 45, sur BFM TV. Il travaille, lit, prépare ses arguments et ne laisse rien au hasard.

Comme d’habitude, les deux hommes ont donné à la chaîne les thématiques sur lesquelles ils souhaitent débatte sous le patronage des journalistes Maxime Switec et Aurélie Casse.

Sur LCI, Mélenchon a dévoilé ses sujets : «> On ne va pas passer la campagne à discuter sécurité et immigration, a tranché le leader du Front de gauche. […] Je vais faire parler #Zemmour de social et d’écologie pour voir s’il a quelque chose à dire, à part du mal des musulmans ». Selon BFM TV, les deux hommes balaieront largement les thèmes de la campagne : sécurité, économie, santé, écologie, immigration, société…

« Une cellule de fact-checking menée par Céline Pitelet sera déployée en direct par les équipes de BFMTV », prévient la chaîne. La vraie confrontation se situera pourtant sur le terrain des idées, non sur les chiffres après la virgule.

Le débat entre ces deux visions de la France, l’une fantasmée (celle de Mélenchon), l’autre lucide (celle de Zemmour), opposées en tous points ou presque, sera encore plus tendu que d’habitude pour plusieurs raisons. Mélenchon assiste comme les autres candidats à l’envolée spectaculaire de l’ancien journaliste de CNews et du Figaro dans les intentions de vote. Depuis ce mardi 21 septembre, Zemmour et Mélenchon se tiennent par la barbichette dans les sondages à 11 % d’intentions de vote chacun. Rattrapé, menacé d’être distancé, Mélenchon va tenter de s’appuyer sur la dynamique de son adversaire pour se placer au centre du jeu. Les deux hommes se connaissent depuis longtemps, savent les défauts des deux cuirasses et connaissent leurs failles et leurs forces. Tous deux ont pour eux un vrai talent de débatteur et une solide culture. Mais Mélenchon, qui n’est plus vraiment neuf dans le paysage, a plus à perdre que Zemmour. Est-il prêt à user de tous les coups ?

Longtemps, le journaliste politique Zemmour a eu besoin de l’homme politique Mélenchon, et vice versa. L’élu de gauche s’est rendu à l’anniversaire de Zemmour à l’invitation du journaliste. S’il juge sévèrement ses idées, Zemmour ne cache pas une certaine sympathie pour l’homme. « Jean-Luc Mélenchon a son air de conspirateur qui m’amuse beaucoup », écrit Éric Zemmour dans son dernier livre, La France n’a pas dit son dernier mot. Il raconte sans animosité comment, en 2008, il avait, à la demande de Mélenchon, mis l’élu gauchiste en contact avec Patrick Buisson et Henri Guaino. Le 12 décembre 2014, avant un débat pour RTL, Mélenchon arrête la main de Zemmour qui souhaite le saluer : « Il y a des caméras, je ne veux aucun geste de complicité », tranche-t-il. Déjà, Mélenchon avait souhaité ce débat pour affronter « l’intellectuel organique de la droite », qui publie alors Le Suicide français, selon les mots de Mélenchon rapportés par Zemmour. Débat houleux qui tourne autour de l’assimilation et de l’Europe. « Nous sommes à une portée de gifle l’un de l’autre et ce n’est pas l’envie qui lui manque », écrit Zemmour dans La France n’a pas dit son dernier mot.

Ce 23 septembre, sur BFM TV, on ne peut à nouveau attendre aucun geste de complicité. L’homme du Front de gauche veut « dégonfler la baudruche Zemmour », affirme son entourage. Mais Zemmour n’a pas pour habitude de se dégonfler.

Marc Baudriller
Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

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