Yaël Braun-Pivet relance son projet controversé à près de 50 millions d’euros
Suspendu au cœur de l'hiver après plusieurs semaines de polémique, le projet de nouveau pavillon d'accueil de l'Assemblée nationale revient à la charge. Imaginée pour moderniser l'accès des visiteurs accueillis, chaque année, au palais Bourbon, cette opération immobilière, dont le coût est estimé à près de 50 millions d'euros, porte la marque de plusieurs responsables politiques, et non des moindres : la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet ainsi que les questeurs Christine Pirès Beaune (SOC), Brigitte Klinkert (EPR) et Michèle Tabarot (DR). Relancé en plein été, alors que l'attention des Français est largement tournée vers les vacances ou les incendies qui frappent le pays, le projet voulait jouir, semble-t-il, d’une relative discrétion. Cependant, cette stratégie a échoué et n’empêche pas les critiques de ressurgir, aussi bien à droite qu'à gauche.
Comme s'il n'y avait rien de plus urgent, l'Assemblée nationale relance son projet de nouveau pavillon d'accueil à 50 millions. Le pire des projets en lice. Signez la pétition pour préserver les rives de la Seine 👉 https://t.co/qjazATA17c pic.twitter.com/wcWtodsW5Z
— Sites & Monuments (@SPPEF) August 3, 2026
Un projet de modernisation contesté dès son origine
L'idée de transformer l'accueil du public de l'Assemblée nationale n'est pas nouvelle. Depuis le début des années 2000, les services du palais Bourbon estiment que le pavillon actuel, construit en 1888, ne répond plus aux exigences en matière de sécurité, d'accessibilité et de confort. Sous la présidence de Yaël Braun-Pivet, un concours d'architecture est lancé en 2023. Il est remporté par l'agence Moatti-Rivière, qui imagine un vaste pavillon contemporain de verre et de pierre, accompagné d'espaces d'exposition, d'un auditorium et d'un parcours muséographique souterrain. Le budget est alors évalué à 50 millions d'euros environ et financé par les réserves propres de l'Assemblée nationale selon la questure, de l’argent qui demeure néanmoins celui des Français. On peut également penser qu’un projet architectural plus sobre aurait permis de réduire considérablement la facture tout en s'intégrant davantage à l'esthétique du palais Bourbon. Du passé (architectural) faisons table rase pour laisser son empreinte sur le patrimoine, à l'image de la volonté affichée par Emmanuel Macron autour de Notre-Dame : tel semble avoir été le mantra des décisionnaires.
Présenté officiellement au printemps 2025, le projet a déclenché immédiatement une levée de boucliers. La disparition du pavillon historique du XIXᵉ siècle et l'implantation d'une construction contemporaine face à la Seine a inquiété les défenseurs du patrimoine. La Commission du Vieux Paris a rendu ainsi un avis défavorable unanime, estimant que la future façade « manque singulièrement de cette discrétion qui devrait prévaloir dans un tel cadre ». Selon l'association Sites et Monuments, le nouvel édifice « ne respecterait ni le site patrimonial remarquable du VIIᵉ arrondissement de Paris, notamment en raison de sa hauteur et de son empiètement sur un espace vert protégé, ni le bien UNESCO des Rives de la Seine, dont il dégraderait la "stratification harmonieuse" ». L'association a d'ailleurs lancé une pétition contre ce projet qu'elle qualifie d'« enlaidissement de Paris ».
Une suspension qui n'était que provisoire
Face à l'ampleur des critiques, Yaël Braun-Pivet a annoncé, le 18 février 2026, la suspension du projet. Cet arrêt n'aura en réalité été qu'une courte pause. Rien n'a changé, pas même ces immenses baies vitrées qui, avec les canicules estivales, promettent de transformer le bâtiment en véritable sauna. À moins que l'Assemblée nationale ne trouve sans difficulté les climatiseurs qui font encore défaut à bien d'autres services publics. La relance du chantier n'a alors pas échappé aux opposants, qui ont dénoncé le maintien d'une opération qu'ils jugent injustifiée, inadaptée et déconnectée du contexte économique et budgétaire actuel. L'association Sites et Monuments déplore ainsi la remise en route d'un projet lancé « comme s'il n'y avait rien de plus urgent », continuant de le qualifier de « pire des projets en lice ».
Sur le terrain politique, les réactions sont tout aussi virulentes. Nicolas Dupont-Aignan accuse le parti présidentiel de faire fausse route, déclarant : « La France brûle et la priorité de la Macronie, c'est de détruire notre patrimoine en dilapidant de l'argent public ! » À gauche, Ségolène Royal s'en est également prise à l'opération, qu'elle considère comme une mauvaise utilisation des finances publiques. « Cette débauche d'argent public est en effet scandaleuse et doit cesser », affirme-t-elle, estimant que ces sommes pourraient être consacrées à des besoins plus urgents, comme l'installation de climatiseurs dans les écoles et les hôpitaux. Elle s'est aussi attaquée à « l'illustration hideuse » qui orne la façade de l'Assemblée nationale et à ce qu'elle considère comme l'emprise de Yaël Braun-Pivet sur un monument historique, rappelant que cette dernière « n'est pourtant pas propriétaire des lieux ! ».
Les défenseurs du projet rappellent cependant que celui-ci répond à un véritable besoin. Les installations actuelles sont jugées inadaptées à l'afflux de visiteurs et aux contraintes de sécurité. À cela, Sites et Monuments réplique qu'elle n'est pas opposée à des travaux, à condition qu'ils demeurent respectueux de l'âme et de l'apparence du palais Bourbon. L'association met ainsi en avant le projet concurrent de l'agence SANAA, qu'elle juge « minimaliste et subtil ». En effet, si de l'argent public doit être engagé, autant qu'il le soit au service du beau et qu’il puisse s'intégrer harmonieusement à l'un des ensembles patrimoniaux les plus emblématiques de la capitale.
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135 commentaires
Le député Falcon RN a fort bien répondu a braun pivert : la marquise de la macronie finissant.
Que la ministre de la culture Pegard qui sert pas grand chose , classe le bâtiment historique
La folie des grandeurs d’une personne qui perdra son perchoir dans quelques mois.
Il faut bien accueillir dans les meilleurs conditions les fans d’Assa Traoré!
Entre les mochetés actuelles, les statues en plastique pendant les JO, les couleurs LGBT et j’en passe, on peut dire, et vous allez me censurer pour cela, que cette dame a des goûts de chio…. Alors son projet « d’amélioration du Palais Bourbon » : à la poubelle. Les devis et autres préparatifs ont déjà dû coûter assez cher !
J’ai l’impression que Madame a la folie des volailleurs et veut ériger une volière. Nous qui veillons au grain, déjà pillés par le fisc, nous lui rappelons que le budget à discrétion de l’Assemblée est pondu par le citoyen, comme celui de son traitement. Que son mauvais goût artistique ou architectural cocotte un peu. Que le macronisme se déplume. Qu’il urge de tordre le cou à ce coût de 50 millions, son petit poussin qui promet de tourner court. La Cour est faite. Ses basses œuvres doivent prendre fin et les canards leur marécage spongieux du socialisme sans tête.
Le mantra de la gauche « je dépense donc j’existe ».
En France un projet a 50 millions devient environ au bas mot 100 millions bin oui il fait bien un peut de corruption
alors évalué à 50 millions d’euros environ et financé par les réserves propres de l’Assemblée nationale selon la questure, avec un déficit abyssal de 3800 milliards d’euros cette réserve servirait aussi a combler un peut non? Mais bon il faut bien satisfaire l’égos de cette personne
Surtout quand l’etat louche sur les capitaux des caisses de retraite excédentaire.agirc arco
et cette folie, elle va nous couter combien annuellement pour la faire « vivre » ?…..on oublie de nous le dire….
Ce n’est pas son pognon, trop facile !!
Qu’elle s’occupe plutôt de ses poules…
Peut être que si, comme elle veut supprimer les héritages, elle va sans aucun doute dédier le sien â cette opération…
Au diable l’avarice !!! Ce n’est pas comme si nous étions endettés !! Il faut bien laisser une trace de son passage comme tout grand homme ou femme !!
Même si c’est accepté , j’espère que le nouveau gouvernement tuera cette dépense inutile dans l’oeuf , il y a plus urgent rien que pour nos monuments et bâtiments historiques à rénover
L’argent de ceux qui travaillent est toujours un sujet de dépense possible pour cette gente politique qui n’a jamais bossé. Honte à eux.
Pour exemple : les nouveaux vitraux de Notre-Dame, la tapisserie de Bayeux, la piscine de Brégançon, la vaisselle de l’Élysée… j’en oublie c’est certain.
La tapisserie de Bayeux, il y a longtemps qu’elle est payée et amortie ! A part le petit
morceau qu’on doit rajouter en train de se confectionner …
C’est bien, madame Traoré pourra venir plus souvent.
Avec une suite à son nom ?
Le trésor de guerre de l’Assemblée Nationale doit pouvoir éponger 50 M€ sans demander de rallonge à l’État.
Mais iront-ils jusqu’à taper dans leur caisse ?