À l’heure où la France se pose mille et une question existentielles sur la lutte contre le séparatisme, et où tant de commentateurs semblent pris de vertige alors que l’urgence presse, , lui, ne semble animé par aucun état d’âme. Il vient de proclamer, devant le Politburo du Parti communiste chinois, la nécessité de lutter férocement contre toutes les amorces de revendication de minorités, aussi infime soit-elle. Et de poursuivre une politique d’assimilation à marche forcée de toutes les communautés qui pourraient, un jour, émettre la moindre velléité d’affirmation de sa singularités. Premiers visés : le Tibet et les Ouighours. « Les faits prouvent que la politique ethnique de la est un succès. Le sens de l’identité chinoise doit être inculqué aux cadres et aux jeunes générations au Xinjiang comme au Tibet », vient-il d’affirmer haut et fort.

Xi porte haut et fort sa campagne de sinisation, quand la France se défend de vouloir assimiler quiconque au nom de la liberté individuelle. Il faut rappeler que la répression des mouvements pour l’indépendance du Tibet avaient fait des milliers de victimes, il y a douze ans, et que près d’un million de musulmans sont enfermés dans des « camps de formation » au Xijiang, doux euphémisme pour qualifier de véritables camps de concentration où se pratiquent tortures et brimades, et où l’on s’acharne à extirper toute référence à leur passé et à leurs traditions. Tout ceci se passe alors même que la tension monte chaque jour un peu plus avec l’Occident et que les rappels au respect des droits de l’homme et des minorités en provenance de Washington, Londres ou Paris se multiplient.

Mais Xi semble n’avoir cure de tout cela : désormais débarrassé de la pandémie, il voit, probablement amusé, l’Occident se débattre dans la panade. Au-delà du défi géopolitique, il défie également les dogmes absolus que l’Occident croyait imposer à tous dans le cadre de la mondialisation : droits de l’homme, des minorités, démocratie, libertés individuelles. Xi assume le modèle autoritaire de son pays, et même son renforcement, sans crainte des quolibets du monde libre. Sa mainmise grandissante sur les institutions internationales, sa maîtrise industrielle de plus en plus hégémonique le rendent très difficilement attaquable. Il sait, désormais, qu’au-delà des incantations des chancelleries, il est de plus en plus incontournable. Alors, il en profite pour avancer ses pions, au Tibet, au Xijiang, à Hong Kong, envoyer des coups de griffes avec sa marine au large de Taïwan. Qui donc sera en mesure de l’affronter ?

10 octobre 2020

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