« Quand on regarde la situation, on est obligé de se rendre à l’évidence : ce n’est pas réaliste de penser qu’on va réussir à réduire la progression du virus de façon satisfaisante d’ici Noël. » Telle est l’annonce faite aux Canadiens qui n’ont plus que leurs yeux pour pleurer à défaut de pouvoir se réunir en famille. Lors d’une conférence de presse, le 3 décembre, François Legault, le Premier ministre du Québec, résiliait son « contrat moral des fêtes » en interdisant les rassemblements. Même discours dans la province canadienne du Manitoba avec Brian Pallister, son Premier ministre en larmes : « Je suis le gars qui vous dit de rester isolés pendant les fêtes. […] Et je vous le dis pour que vous soyez en sécurité. Je suis le gars qui vous vole pour vous protéger. […] Vous n’avez pas à m’aimer. J’espère que, dans les années à venir, vous me respecterez pour avoir eu le courage de vous dire ce qu’il fallait faire. »

De l’autre côté de l’Atlantique, on est sceptique. On nous a préparé à l’idée que Noël ne soit pas une fête normale. On attend fébrilement la bonne parole venue d’en haut, sachant pertinemment que de la part d’un gouvernement qui ouvre les stations de ski sans les remontées mécaniques, ou qui permet l’installation de grandes roues sans ouverture au public, l’on peut s’attendre à tout. Nous sommes habitués à agir docilement, à sortir masqués, un Ausweis à la main, bien cantonnés dans notre périmètre de sécurité. Nous avons déjà vécu la de à la télé, compris que papy et mamie devraient manger la bûche dans la cuisine et ne pas être plus de six à table. Nous savons que nos frontières seront bien surveillées pour… empêcher les vacanciers d’aller skier ! Mais alors que doit encore s’exprimer, jeudi 10 décembre, sur la date fatidique du 15, correspondant au deuxième palier de déconfinement, l’on serait légitimement tenté de se préparer au pire. Simple question de pragmatisme : nous ne sommes plus à une contradiction près.

Et si la condition fixée par le Président (moins de 5.000 nouveaux cas par jour) n’était pas atteinte ? C’est ce qu’a affirmé Olivier Véran, lundi, devant les parlementaires : « On ne sera pas à l’objectif au 15 décembre. » Et si l’épidémie, qui aurait repris aux États-Unis, au lendemain de Thanksgiving, influençait la décision de l’Élysée ? De quelle façon va-t-on nous l’exprimer ? Le ton sera-t-il infantilisant ou larmoyant ? Vont-ils vraiment oser imposer aux Gaulois réfractaires cette mesure aussi impopulaire ? Ou, à l’inverse, devrons-nous la reconnaissance éternelle à ce bon petit père du peuple qui nous accorde, dans sa magnanimité, le droit de célébrer comme il se doit ? Réponse jeudi.

9 décembre 2020

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