Editoriaux - Société - 8 juin 2019

Vivre au XXIe siècle et avoir un grand-père contemporain de Louis XVI : possible ?

Comme le rapportait ici-même notre ami Philippe Kerlouan, récemment, une députée écologiste hollandaise a posé publiquement la question s’il fallait continuer à soigner les plus de soixante dix ans. Comment ne pas penser à Soleil vert, ce film de Richard Fleischer, sorti en 1973, dans lequel il est question de réchauffement climatique, de surpopulation et… de mort douce, autrement dit d’euthanasie ?

70 ans, l’âge auquel on est aujourd’hui souvent en pleine forme alors que, pour notre génération, lorsque nous étions gamins, une personne de 70 ans était un vieillard. Pourtant, de tout temps, comme on écrit dans les mauvaises rédactions, l’on a connu des septuagénaires, disons, très verts. Passons sur Abraham, qui aurait été père à l’âge de 100 ans. L’état civil n’était sans doute pas aussi « carré » là-bas qu’aujourd’hui dans nos contrées. Enjambons allègrement les siècles et évoquons Charlie Chaplin (1889-1977) dont le dernier enfant, Christopher James Chaplin, naquit en 1962. Faites le calcul : l’heureux père avait 73 ans. La maman, Oona O’Neill, quatrième femme de l’acteur, était alors âgée de 37 ans. « Gosse de vieux », diront les méchantes langues !

Et pourtant, un article publié en 2012 sur le site en ligne Futura Santé révélait que des chercheurs de la Northwestern University, dans l’Illinois (USA), avaient découvert, pour des raisons scientifiques qui me passent largement au-dessus de la ceinture, voire de la tête, que les enfants nés de pères âgés auraient théoriquement une espérance de vie plus élevée que des enfants nés de pères plus jeunes. Tous les espoirs sont donc permis !

Cela explique alors peut-être ceci : Le Parisien nous apprend que deux frères, américains, encore vivants et ayant largement dépassé la barre fatidique évoquée par notre députée batave (l’un a 94 ans, l’autre 90 ans), n’ont pas pu connaître leur grand-père. Et pour cause, ce dernier naquit en 1790 ! Comment est-ce possible, alors qu’en 230 ans peuvent se succéder dans une même famille entre huit et dix générations ? Le grand-père de ces deux Américains s’appelait John Tyler. Il fut le dixième président des États-Unis (de 1841 à 1845). En 1842, il épousa en secondes noces une demoiselle de trente ans sa cadette. De cette union, naquirent sept enfants, dont Lyon, né en 1853 et mort en 1935. Ce dernier épousa à son tour une jeune femme qui le rendit père, dans un âge avancé (71 ans et 75 ans), de Lyon Gardiner Jr. Tyler, né en 1924, et Harrison Ruffin Tyler, né en 1928 : nos deux vieillards qui n’ont jamais connu leur grand-père.

Cela dit, ces Tyler sont des petits joueurs. En 2011, un certain Ramajit Rhagav, de nationalité indienne, devenait père à l’âge de… 94 ans. La mère n’avait que 55 ans. Cumul d’une pension de vieillesse et des allocations familiales : de quoi faire tourner en bourrique la CAF indienne ! En 2012, ce couple exceptionnel « remettait le couvert » en donnant naissance à un second enfant. Ramajit avait alors expliqué au Times of India qu’il se levait tous les matins à 5 heures et se couchait avant 8 heures du soir. Sans préciser si les bébés faisaient leurs nuits.

Pas de soleil vert mais des hommes encore verts. À tout prendre…

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