Vers un assouplissement des conditions de visite de Salah Abdeslam ? 

En novembre, son ex-compagne a été mise en examen pour lui avoir remis une clé USB contenant de la propagande djihadiste
@Matthew Ansley/unsplash
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« À quel moment on pense aux victimes, à la sécurité, au simple bon sens ? La Justice doit protéger, pas désarmer. Nos collègues de la pénitentiaire méritent du soutien et des moyens, pas des risques supplémentaires. » Début avril, le Syndicat des officiers et commissaires de police s’insurgeait contre une décision du tribunal administratif de Lille qui ordonnait l’assouplissement des conditions de détention de Salah Abdeslam. Toujours détenu à l’isolement au sein de la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le terroriste des attentats de novembre 2015 avait obtenu que les modalités de visite de ses proches soient allégées. Les magistrats demandaient, notamment, le retrait du dispositif de séparation avec Hygiaphone™, installé par la direction de la prison, estimant que l’administration pénitentiaire « n'avançait aucun élément de nature à laisser présumer qu'il y aurait lieu de soupçonner » les proches du terroriste d’être « susceptibles de lui transmettre des objets interdits ».

Mais ce 11 avril, la mère et la sœur de Salah Abdeslam ont été placées en garde à vue pour « introduction d’un objet illicite en détention ». Les deux femmes sont ressorties libres et sans poursuites judiciaires, ce lundi 13 avril. Leurs avocats dénoncent « un coup tordu pour maintenir un Hygiaphone™ qui ne devrait plus exister ». Si, cette fois-ci, aucune poursuite n’a été entamée, en novembre dernier, Maëva B., l’ex-compagne du terroriste des attentats de Paris, avait été mise en examen pour avoir remis à son ancien compagnon une clé USB contenant de la « propagande officielle d’organisations terroristes, État islamique et Al-Qaïda ». Au cours de ses interrogatoires, la jeune femme avait confirmé « avoir acquis une clé USB, l’avoir chargée de propagande djihadiste et fait remettre à Salah Abdeslam au cours d’un parloir ». Le parquet national antiterroriste avait, dans cette affaire, demandé une « mise en examen ultérieure de Salah Abdeslam ». Autant d’éléments qui avaient conduit la direction du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil à instaurer une mesure de séparation lors des parloirs du détenu. Une nouvelle décision en référé est attendue par la défense « en ce début de semaine » pour contraindre le directeur de la prison à retirer cette séparation.

Matthieu Valet, député du Rassemblement national au Parlement européen, ne mâche pas ses mots sur cette affaire : « Je n’ai aucune pitié pour le terroriste islamiste Salah Abdeslam. […] Aujourd’hui, il se plaint de ses conditions de détention : isolement, parloirs derrière une vitre et un Hygiaphone™… et ? Bon sang, il a été condamné à la perpétuité pour sa participation au massacre de 130 victimes à Paris. » Et il ajoute : « Pourtant, le tribunal administratif de Lille a exigé d’assouplir les conditions de parloir de Salah Abdeslam, décidées par le chef de la prison, à qui j’apporte mon soutien. Sérieusement ? On marche sur la tête ! »

Des proches parfois complices

En 2019, dans la prison de Condé-sur-Sarthe, l’introduction illicite de couteaux en céramique au sein du centre pénitentiaire avait viré au drame. À l’époque, la compagne de l’un des détenus radicalisés avait réussi à déjouer les fouilles. Simulant le malaise, elle et son compagnon avaient alors blessé deux surveillants pénitentiaires, revendiquant leur attaque au nom de l’État islamique.

D’autres proches de détenus radicalisés, à défaut d’armes, réussissent tout de même à introduire des téléphones portables au sein des établissements pénitentiaires. Ainsi, en mai 2024, un prisonnier du quartier des détenus radicalisés, espace pourtant sensible et surveillé, de la maison d’arrêt de Nancy a été découvert avec un téléphone caché dans sa cellule. En 2019, à Meaux, un autre détenu dans une affaire de terrorisme avait également écopé de sept mois ferme pour avoir caché un téléphone portable dans sa cellule. Souvent, profitant de la surpopulation carcérale et du manque de surveillants pénitentiaires, des proches réussissent à faire passer, lors de visites ou au-dessus des clôtures, ces smartphones aux détenus.

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

27 commentaires

  1. Il fut un temps où on reprochait à la justice d’être aux ordres du ministre… à se demander si ce n’était pas finalement mieux !
    Ensuite, pourquoi les prisons françaises ne sont elles pas équipées de brouilleurs de téléphones ???… pour que les gardiens puissent accéder à Internet ?… on leur donne de bons vieux takies pour communiquer entre eux… ils joueront à candy crush quand ils ne seront plus en service et on brouille les ondes téléphoniques !!… simple… mais en France quand c’est trop simple, ce n’est pas applicable !

  2. Scandaleux, édifiant de vouloir assouplir la détention d’un tel individu alors que si nous étions encore en 1981 avant que feu R. BAFINTER n’abolisse la peine capitale, nous en serions débarrassés.

  3. Il va finir par préférer la prison trois étoiles à la dangereuse vie de terroriste au-dehors.
    Les juges naviguent en pleine irréalité : 130 victimes plus tous les blessés.

  4. Il devrait être heureux il a un hygiaphone, mais si ça ne dépendait que de moi il y aurait juste un passe plats en bas d’une porte soudée, visée, rivetée et ça c’est version sympa car faire un passe plats et emmurer cette ordure serait encore mieux. Si c’est trop cruel pour la LDH qu’on me dise à quelle date les morts du Bataclan pourront sortir de leurs tombes.

  5. Peut adoucir assouplir la tristesse des parents des victimes ? Ras le bol de toujours penser aux criminels et d’oublier effacer les victimes.

  6. Finalement, le système US de l’élection des juges n’est pas idiot, trop dur ou trop laxisme, un juge n’est pas réélu, et basta.

  7. Très sincèrement je ne vois pas comment nous pouvons arriver à régler les prises de position de certains juges vis à vis de ces criminels. Nos lamentations n’ont aucun intérêt puisque certainement ce sinistre et lâche individu bénéficiera de ses allègements. Entamer des réflexions sur le fonctionnement de la justice donc des juges n’est pas simple.

  8. Je préconise qu’on applique a ce genre de détenus le modèle de justice qu’ils souhaitent mettre en place: la charia..pas besoin de salle de sport,tv,hygiaphone..une grue sur la place publique.

  9. Bien sûr, il faut lui laisser la possibilité de communiquer avec l’extérieur pour pouvoir préparer des nouveaux attentats ou de s’évader.

  10. Juste une remarque ses victimes et leur famille attendront a jamais un assouplissement de leur douleur …. Œil pour œil dent pour dent !!!

  11. La conclusion de l’article, me laisse pantois (aux naïfs les mains pleines !) !
    Par ailleurs, quand les juges (judiciaires ou administratif) seront-ils enfin responsables de leurs décisions ?

  12. Dans certains pays, il ne serait plus à se plaindre, mais c’est vrai que nous sommes de grands humanistes, raison pour laquelle, seules les victimes sont exécutées chez nous,

    • Bin oui, mais imaginez le bain de sang si les victimes ou leurs proches se mettaient à vouloir se venger…

      • Mais n’est ce pas nos bonnes âmes qui veulent imposer l’aide à mourir pour les anciens, les handicapés? Qu’ils le fassent aussi pour ces assassins

Commentaires fermés.

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