Agriculture - Editoriaux - 22 juin 2019

Vaches à hublot : si on en parlait pour de vrai ?

Chaque semaine, presque chaque jour apporte son nouveau lot de scandale, d’indignation, de protestation, de mise en accusation. Ce serait risible si ce n’était pas aussi grave. Aujourd’hui, ce sont les vaches à hublot qui sont à la mode, peut-être l’arrivée des vacances, l’approche de la plongée sous-marine ?

Les mêmes qui reprochent aux ruminants d’émettre du méthane, répertorié comme dangereux gaz à effet de serre, s’offusquent que des chercheurs essaient de mieux comprendre comment fonctionne la panse. Pour ce faire, il est vrai qu’ils ont doté quelques vaches d’une trappe sur le flanc gauche qui permet d’accéder au contenu de la panse sans avoir à passer une sonde par l’œsophage. Pour mémoire, il y a bien des hommes qui vivent avec des poches ou avec différents dispositifs pour pallier des troubles digestifs. C’est, certes, pour résoudre des pathologies, ce qui n’est pas le cas des vaches à hublot, mais ils semblent vivre sans souffrir en permanence !

La panse, ou rumen, est le premier des estomacs des ruminants, énorme poche à fermentation dans laquelle des micro-organismes font le travail de digestion de la cellulose que le système enzymatique des mammifères est incapable de réaliser. Certains de ces micro-organismes rejettent du méthane, que les vaches régurgitent : elles rotent abondamment.

Il y a donc un intérêt majeur à bien comprendre ce qui se passe dans le rumen, pas seulement pour l’élevage laitier moderne, mais aussi pour l’élevage qui, partout dans le monde, permet d’utiliser des zones trop difficiles pour l’agriculture (zones arides, zones montagneuses…).

Il est établi que les citadins savent tout beaucoup mieux que les autres, qui ne sont que des ploucs ou, dans leur version moderne, des gilets jaunes, mais quand même, il est insupportable qu’ils viennent tous les jours, du haut de leur superbe, se mêler de dire au monde agricole, et dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui au monde de la recherche, ce qui est permis et ce qui est interdit.

Je ne peux, à chaque fois, m’empêcher de penser au film Le Président, quand Augustin dit : « On est gouverné par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui seraient pas foutus de faire pousser des radis. »

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