Editoriaux - Société - 22 juin 2019

Excision : Marlène Schiappa présente son plan d’action…

Pour lutter contre l’excision et les mutilations sexuelles féminines, Marlène Schiappa vient de présenter au nom du gouvernement un « grand plan national d’action ». Déjà que grand plan rime souvent avec Rantanplan, quand Marlène Schiappa est dans le coup…

Contrairement à l’esclavage auquel elle a mis fin, la colonisation n’a pas étendu ses bienfaits à l’éradication des mutilations génitales féminines (MGF). Ces pratiques barbares (d’étendue anatomique variable), ayant pour seul but de priver les femmes de plaisir sexuel, se poursuivent donc dans des régions de cultures moyenâgeuses, mais dont nous avons accueilli beaucoup de natifs.

On estime, ainsi, que sur notre sol évoluent environ 60.000 amputées, pour la plupart citoyennes françaises, et ce, malgré des dispositions pénales terrifiantes allant jusqu’à vingt ans de prison. À noter qu’après quelques procès dans les années 1980-2005, aucune condamnation n’a été prononcée chez nous depuis 2012.

Serait-ce que la lutte contre les ***phobies (liste à disposition) laissât peu de temps à nos magistrats pour s’occuper des choses accessoires (« De minimis non curat praetor ») ?

Pas vraiment : d’une part, parce que le crime est le plus souvent commis au pays à l’occasion d’un séjour, d’autre part parce que dénoncer ses parents n’est jamais chose facile, et moins encore quand on est à peine pubère. Et face à ces pressions de conformité familiale et culturelle, les mesures préventives type site Internet, Numéro Vert ou conférences dans les établissements scolaires sont peu opérantes.

Incidemment, le risque de MGF permet d’invoquer le statut de réfugié pour les fillettes, afin de pallier le péril de mutilation sexuelle en cas de retour dans leur pays d’origine…

Les techniques chirurgicales de réparation d’un organe dont, comme les icebergs, on ne voit que la partie émergée ont été initiées par le Dr Pierre Foldès à la suite des travaux échographiques du Dr Odile Buisson, et ont fait de la France, depuis quinze ans, le seul pays au monde à rembourser ces opérations.

Dans le sillage de ces précurseurs, la gynécologue Ghada Hatem a fondé, à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis, la Maison des femmes qui, en plus de la réparation chirurgicale, offre une prise en charge globale des femmes victimes de violences ou mutilations. Lieu choisi par le ministre pour annoncer son plan, ce que la journaliste du Huffpost Floriane Louison relate de manière curieuse : « Elle [l’excision] se pratique – ou s’est pratiquée – à toutes les époques et partout dans le monde avec les justifications les plus absurdes. La Bible, l’hygiène, le Coran… » Il se trouvera sûrement un lecteur érudit pour nous trouver ce passage de la Bible !

À lire aussi

Particules ultrafines : la nouvelle malédiction !

Gageons que, l'année prochaine, les particules « ultra-ultrafines » tueront plus que la bo…