Un cocktail pour fêter la loi sur l’euthanasie : quand un ministre pédale dans la semoule
Au début, on se dit qu’au mieux, c’est une « fake news », une blague (pas très drôle),; tiens, un coup de l’IA et, au pire, encore une manipulation des Russes. Qui sait ? Et puis non, on découvre que c’est pour de vrai. Le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement organise un pince-fesses - pardon, une réception - « à l’occasion du vote définitif sur la proposition de loi "Fin de vie" ». Quand ça, où ça ? Le 15 juillet à 20 heures, au siège du ministère de cet illustre inconnu qu’est le ministre délégué, M. Laurent Panifous, ancien socialiste, député du groupe LIOT jusqu’à sa nomination au gouvernement en remerciement de la non-censure de Sébastien Lecornu d’une majorité de députés de son groupe.
Je suis profondément choqué d’apprendre qu’un cocktail est organisé au sein d’un ministère pour célébrer le vote de la loi sur l’aide à mourir.
« Mourir dans la dignité » : mais où est la dignité quand on fête au champagne une loi qui touche à la souffrance et à la mort des plus… pic.twitter.com/tnrnnHc7S8
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) July 8, 2026
Comme disent les jeunes, aujourd’hui : « Né avant la honte »
Car il y a une certaine indécence, ou plutôt indécence certaine, à inviter à une réception alors que, jusqu’à nouvel ordre, la loi n’a pas été adoptée définitivement par l’Assemblée nationale. Certes, c’est bien connu, gouverner, c’est prévoir, et il faut bien cerner les effectifs rationnaires afin que le traiteur puisse préparer au plus juste les petits fours et les bouteilles de champagne. Le souci des deniers publics, sans doute. Au passage, on devine, en lisant l’invitation, que ce cocktail ne se résumera pas à un modeste « verre de l’amitié » avec gobelets en plastique (pardon : en carton), genre anniversaire d’une collègue de bureau : les invités sont priés d’indiquer leurs « éventuelles contraintes alimentaires »…
Mais qui dit que le vote final des députés sera favorable à l’instauration de l’euthanasie en France ? À chaque passage au palais Bourbon, le nombre de votes favorables ne cesse de baisser : « l'écart se resserre », comme le faisait remarquer notre confrère Yves-Marie Sévillia, le 30 juin dernier. Certes, il est peu probable que cette loi soit rejetée, mais la première décence ne commande-t-elle pas d’attendre les résultats du vote ?
Indécence, ensuite, lorsqu’on apprend que les membres de la Convention citoyenne sur la fin de vie sont invités à cette réjouissance, par l’intermédiaire du Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui prendra en charge l’hébergement et le transport jusqu’à Paris. Tant qu’à faire... Ceux qui ont des doutes sur l’utilité du CESE devront corriger leurs préjugés : le CESE, à ses heures perdues, peut aussi faire tour-opérateur. Rappelons que cette Convention citoyenne, imposée par Emmanuel Macron, avait approuvé, en avril 2023, à 76 % la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. D’aucuns avaient alors dénoncé, comme Jean-Frédéric Poisson, « la méthode de travail, pour y aboutir, y compris la manipulation, le déséquilibre dans la présentation des différents points de vue ».
Indécence, enfin, évidemment, qui consiste à organiser un « cocktail de célébration », pour rependre les mots du CESE, à l’occasion d’une loi relative à la mort. Le professeur Philippe Juvin, député LR, a d’ailleurs vivement réagi, sur X : « Un "cocktail de célébration" pour la loi sur l’aide à mourir, accueilli au ministère des Relations avec le Parlement, transport et hébergement payés par le CESE. On ne "célèbre" pas un texte qui touche à la mort. La gravité du sujet et l’inquiétude qu’il soulève exigent de la retenue. Le respect de l’argent public aussi. » Il en appelle, d’ailleurs, à l’annulation de cette festivité. Le député RN Christophe Bentz, lui aussi ardent opposant à cette loi, a partagé l’indignation de son collègue LR.
Cher @philippejuvin,
Je partage ton indignation.
Que l’on soit favorable ou opposé à cette loi, comment peut-on prévoir une « célébration » de la mort provoquée ? (Avec l’argent public, donc du contribuable).
Sachant que nous ne savons pas si cette loi sera votée ou pas… https://t.co/Bgg4Hmul3Q
— Christophe Bentz (@BentzChristophe) July 8, 2026
À ce sujet — Euthanasie : l’écart (et l’étau) se resserrent
« Un instant de honte est vite passé »
Mais, nuitamment, le ministre a opéré un rétropédalage des plus remarquables sur ce qui risquait de devenir un scandale d'État : « J’ai forcément une attention particulière pour le travail des membres de la Convention citoyenne sur la fin de vie. Leur présence à l’Assemblée nationale était l’occasion d’échanger avec eux, quelle que soit leur opinion, à l’issue du processus législatif. » Très bien. Et d’ajouter : « J’ai trop de respect pour le travail parlementaire, pour les différentes sensibilités sur un texte qui interroge nos convictions les plus profondes pour organiser un cocktail ou une célébration. Il n’en a jamais été question, contrairement à ce que laisse penser le mail d’invitation du CESE. » Très bien, encore. Mais la correspondance émanant du ministère de M. Panifous (publiée sur X par Bruno Retailleau), c’est un faux, un coup des Russes ? D'ailleurs, les réponses à l’invitation devaient être communiquées avant ce jeudi 12 heures… On est rassuré, on est dans les temps pour décommander le traiteur. « Né avant la honte », disent les jeunes. On dit aussi : « Un instant de honte est vite passé. »
https://t.co/74mqVXkZKl pic.twitter.com/h3onlf4l1T
— Laurent Panifous (@LPanifous) July 9, 2026
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85 commentaires
Ahurissant ; ceci en dit long sur l ‘ état d ‘esprit de ces promoteurs de la mort ; sans doute ne sentent ils pas concernés , la piqure fatale , c ‘est pour les autres mais pas pour cette oligarchie dépravée ; décidément , la macronie ne nous aura rien épargné , il est plus que temps de s ‘ en débarrasser, on en peut plus
La CESE a voulu » se rendre utile »… ( pas avec son argent bien sûr ). Au fait, où en est le » grand-débat » initié par E. Macron ? J’y parlait de ces » Agences » par dizaines dont la CESE… qui servent beaucoup comme chacun le sait. Vivement que tout cela change…
A l’adresse des députés abstentionnistes ;
Ne laissez pas s’installer dans notre droit l’idée qu’il existerait des vies pour lesquelles la meilleure réponse la Mort !!
Ca existe déjà ! le service militaire …
Macron quitte l’Elysée sous les quolibets d’une foule immense que les forces de l’ordre peinent à retenir. Dans sa retraite secrète, il rumine jour et nuit ses échecs, sa rancœur et ses rancunes contre les Français qui ne l’ont pas compris, il ne peut plus dormir la nuit tant sa conscience le torture, on l’entend hurler dans son délire pour appeler Ursula au secours, mais rien ne vient, Ursula a retourné sa veste et chevauche un destrier plus fringant, les gens le regardent de travers, il ne peut plus mettre un pied en France sans être sifflé et hué. Alors il sombre dans une grave dépression. Incurable, destructrice. Et son entourage lui fait des …. suggestions …. sur les quelles il devrait réfléchir. Et sa dépression devient alors de plus en plus profonde. Et il prend une décision : Aidez moi à mourir !
Réveillez vous, Monsieur le Président, vous avez fait un mauvais cauchemar.
Toujours d’accord sur le projet ? Monsieur le Président ? Une petite coupe de champagne pour vous remettre ?
Cet illustre inconnu restera dans la mémoire des Français comme le comble de l’indécence
Ces gens sont complètement déconnectés
Un socialiste progressiste.
Je les connais assez fourbes et tordus pour qu’ils arrosent ça d’une manière ou d’une autre, pastillé sous un intitulé plus abscons et marketisé genre « séminaire de clôture de rupture en saisonnalité post irritative ».