« Ce que les souverainistes n’ont jamais réussi à obtenir, le Covid-19 l’a réalisé, alors même qu’on sait qu’une frontière, cette ligne immatérielle et poreuse par nature, n’a jamais protégé contre un virus… » Cette observation amusée sur le grand retour des frontières en Europe n’est pas celle d’un candidat en électorale mais bien celle d’un journaliste de Libé décrivant le désordre dans lequel les États européens rétablissent des frontières, sans véritable cohésion d’ensemble. Ces États décideraient seuls : fichu virus qui aurait incité des gouvernements à se refermer « sur leur pré carré national » !

C’était sans compter sur , qui allait trouver un moyen de rétablir la liberté de circuler à l’intérieur de l’Europe, « une façon sûre, responsable et digne de confiance » permise grâce à l’instauration de ce « certificat numérique vert ». Présenté mercredi, en conférence de presse, par la présidente de la , le fameux sésame sera instauré avant l’été. La France avait trouvé l’idée prématurée, mais s’est finalement ralliée à la proposition de la Grèce dont l’ repose en partie sur le tourisme.

Cette proposition de la Commission doit encore être adoptée par les États membres et le Parlement européen. Concrètement, il s’agira d’un document numérique ou sur papier, doté d’un QR code, qui indiquera si vous êtes vacciné ou pas, les résultats de tests négatifs ou la rémission de la maladie. Si, à ce stade, l’obligation de vaccination n’est pas requise, les États demeureront libres d’exiger, en son absence, un test ou une quarantaine. Certains pourront même réclamer la preuve d’une vaccination pour entrer sur leur territoire. Pour la cohésion entre les États et la facilité de circulation, on repassera ! Depuis le début de la pandémie, nous avons fini par accepter, pour « nous protéger et protéger les autres », à renoncer à certaines libertés. Alors, cela commence avec un simple document informatif sécurisé et voué à ne pas durer. Mais lorsque le nombre de doses sera disponible, les personnes non vaccinées ne risqueraient-elles pas d’être un jour discriminées ?

Enfin, Didier Reynders, le commissaire européen à la justice, a ajouté que les États membres pourraient permettre l’accès aux restaurants ou lieux culturels grâce au port de ce certificat. Une liberté retrouvée pour les uns, une servitude volontaire pour les autres. Mais pas d’inquiétudes à avoir concernant la protection de vos données, Bruxelles promet un « très haut degré de protection », et cette mesure est, bien entendu, provisoire : jusqu’à ce que l’Organisation mondiale de la santé ait déclaré la fin de la pandémie…

18 mars 2021

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