Tugdual Denis : « Quotidien a piraté et volé Valeurs actuelles, nous allons les poursuivre »

Froissés par un dossier qui leur était consacré, Yann Barthès et Quotidien ont diffusé publiquement sur les réseaux sociaux le nouveau numéro de .

Explications de Tugdual Denis, de Valeurs actuelles, qui dénonce « une atteinte au droit d’auteur » et « la pire des méthodes » qui « crache au visage des journalistes et des abonnés ».


Il semblerait que ce soit la guerre entre Valeurs actuelles et Quotidien.
Pouvez-vous revenir brièvement sur la genèse de cette affaire ?

Je ne dirais pas que c’est la guerre. Il ne s’agit que de journalisme et de différends journalistiques. Nous pensons simplement que Quotidien s’est éloigné du journalisme pour verser dans la moraline et s’impose comme un espèce de barycentre de la bien-pensance en voulant nous imposer ce qu’on peut penser, en se moquant toujours des mêmes interlocuteurs et de la même frange de la population.
Nous avons néanmoins un différend plus précis avec eux s’agissant d’un reportage que nous avions fait avec Nadine Morano au Haut-du-Lièvre, un quartier difficile de Nancy. Ils avaient contesté notre travail, en allant sur place pour faire un soi-disant fact-checking et rapporter que la réalité dans ce quartier était en fait plus compliquée que ce que nous avions exposé. Nous avons donc diffusé une vidéo pour démonter leurs arguments. Une simple recherche sur Google leur aurait permis de voir que, dans ce quartier, les bus parfois ne s’arrêtent, les voitures brûlent à la Saint-Sylvestre et que le communautarisme y est extrêmement présent. Voilà pour les derniers épisodes en date.


Est-ce à la suite de ce sujet avec Nadine Morano que vous avez décidé d’écrire ce dossier ?

Cela a été le dernier déclencheur. Mais une opposition bien plus profonde nous sépare, entre leur manière de concevoir le journalisme et le réel, et la nôtre.
Quotidien s’arroge souvent des vertus de neutralité et dit enquêter et porter la plume là où ça fait mal. Cette semaine, dans notre magazine, nous avons essayé de démontrer qu’au contraire, ils regardent toujours la réalité du côté qui les arrange. En termes de méthodes journalistiques, ce n’est pas toujours aussi probant qu’ils le revendiquent. En somme, nous avons voulu démonter leur méthode.


La réponse de Quotidien ne s’est pas fait attendre puisque sur son compte Instagram, Yann Barthès a publié le PDF de ce dossier, le rendant bien sûr gratuit et accessible à tous.
Valeurs actuelles a dénoncé une attaque aux droits d’auteur.
Cela vous a-t-il choqué ?

Quand j’ai découvert cela hier matin, j’étais absolument scandalisé. C’est incroyable. C’est la pire des méthodes. C’est vraiment cracher aux visages des journalistes et des abonnés de Valeurs actuelles. Je n’ai absolument pas compris cette méthodologie venant d’un quotidien diffusé sur une grande chaîne comme TMC.
Tant pis pour eux. Ils donnent le bâton pour se faire battre. J’ai reçu un grand nombre de messages de journalistes et de politiques qui disaient que, bien qu’ils ne soient pas toujours d’accord avec la ligne éditoriale de Valeurs actuelles, ils ne comprenaient absolument pas qu’un autre média puisse en pirater un autre. C’est du vol et du viol ! C’est incompréhensible de la part de quelqu’un censé être intelligent, malin et rusé comme Yann Barthès.
Dès ce matin, nous avons engagé une procédure. Valeurs actuelles ne compte absolument pas se laisser faire. Nous allons les poursuivre et nous n’avons aucun doute sur le fait qu’ils soient condamnés à la fin.


Quotidien représente-t-il une dérive générale des médias ?

Je crois que c’est plutôt un cas isolé. Quotidien agace de plus en plus les gens. Que ce soit au Nouvel Obs, à Libération ou au Monde. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler avec des journalistes de ces différentes rédactions. Ils se prennent pour des chevaliers blancs, ne cessent de dire qu’ils lavent plus blanc que blanc, qu’ils sont meilleurs que les autres et qu’ils regardent là où les autres ne regardent pas. Il faut vraiment être sûr de ce que l’on fait avec des comportements pareils. Cette espèce de prétention se retrouve dans tellement de sujets, qu’elle semble consubstantielle. Ils font montre d’un énorme mépris de classe. Ils se moquent toujours des mêmes, la France profonde, la France catho et la France conservatrice.

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