Trouble à l’Assemblée : contrairement au septuagénaire, Assa Traoré ne sera pas poursuivie

Yaël Braun-Pivet, a minimisé l’épisode et déploré sa médiatisation. Pénibles, ces journalistes racontant ce qu’ils voient !
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Assa Traoré sera-t-elle poursuivie par l’Assemblée et condamnée par le tribunal correctionnel de Paris, comme l’a été, le 16 mais dernier, un retraité septuagénaire qui avait troublé, dans les tribunes, une séance à l’Assemblée ? La réponse est non. C'est à peu près certain, à présent.

Rappelons les faits : le 7 juillet, à l’Assemblée, alors que la séance était consacrée à la loi sur la présomption de légitime défense pour les policiers et les gendarmes faisant usage de leur arme, Assa Traoré et des militants de son comité Justice pour Adama,avaient fait irruption dans les tribunes réservées au public de l’Assemblée, hurlant des slogans, forçant le personnel de l’Assemblée à intervenir. L’un d’eux s’était même fait peur, semble-t-il, manquant passer par-dessus la rambarde.

Précédent... et pourtant

On attendait donc légitimement que les trublions soient poursuivis, d’autant plus légitimement qu’il y a eu un précédent, il y a peu de temps : un trouble dans la tribune de l’Assemblée a été sanctionné par un tribunal. En effet, le 16 mai dernier, un retraité de 75 ans originaire de Nancy a été condamné pour avoir crié, le 12 mai, « On en a marre, de vous ! » en tribune et lancé des feuilles comportant, écrites à la main, ses revendications. Invité par une députée socialiste, il avait interrompu la séance après les propos du ministre de la Santé sur l'hantavirus : il a écopé de 120 jours-amende à 8 euros. Motif de la condamnation : outrage envers des personnes chargées de l’autorité publique, soit les députés présents et la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet. Le procureur avait requis quatre mois de prison avec sursis et 1.500 euros d’amende. Le prévenu avait dit vouloir « réveiller les consciences des hommes politiques »

« La personne [qui avait] déposé plainte contre lui, au nom de l’Assemblée, était le directeur adjoint de la sécurité à l’Assemblée nationale », explique son avocate à BV. Ce même directeur adjoint a-t-il déposé plainte, au nom de l’Assemblée ? Non.

Yaël Braun-Pivet, lors de la conférence de tous les présidents hebdomadaire du mardi, a minimisé l’épisode et a déploré sa médiatisation. Ces journalistes qui s'obstinent à raconter ce qu’ils voient, c’est très pénible !

Elle a décidé que les fauteurs de troubles ne pourraient plus revenir dans la galerie durant un an – ils ont bien été identifiés – et elle a renforcé la sécurité – preuve que ce n’était pas un non-événement.

En revanche, de poursuite il n’est nullement question. La présidente des lieux dit même que l’Assemblée étant la maison du peuple, les Traoré y seront toujours les bienvenus… comme ils l’ont été par le passé : Assa Traoé est ainsi intervenue pour une audition parlementaire en salle Lamartine, 101, rue de l’Université, le 8 janvier 2026. Elle était déjà venue en 2018, toujours 101, rue de l’Université, dans le salon Visconti, cette fois.

Il faut croire que Yaël Braun-Pivet, pour souhaiter les voir revenir, a apprécié la prestation. Pourtant, elle n’était pas piquée des vers : Assa Traoré affirmait ainsi « l’existence d’un racisme systémique au sein des institutions policiers en France » (sic). Puis, encore, que « la justice participe à [une] stratégie, afin de cimenter [des] mensonges » (re-sic). Et, enfin, « notre dénonciation ne vise pas seulement des gendarmes ou des policiers : elle s’étend à l’ensemble des institutions qui contribuent à cimenter ces mensonges, dans la mort de mon frère comme dans tant d’autres affaires similaires ». Pour elle, il s’agit de « dommages collatéraux du colonialisme et de l’esclavagisme subis par les siens », « parce qu’[ils] sont noirs, arabes, ou [viennnent] de quartiers populaires » (re-re-sic).

Ces attaques en règles graves et gratuites contre les forces de l’ordre (qui ont obtenu un non-lieu définitif dans l’affaire Adama Traoré, rappelons-le) et contre les institutions de la République, Yaël Braun-Pivet les accueille donc à bras ouverts.

Mieux vaut être Assa Traoré, avec des soutiens politiques et tout un comité intimidant derrière elle, qu’un septuagénaire isolé. « Selon que vous serez puissant ou misérable… »

Régime de faveur

Ce n’est pas la première fois qu’Assa Traoré bénéficie d’un régime de faveur de la part de la Macronie : en 2020, alors que toutes les manifestations étaient interdites, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait autorisé sa manifestation contre le racisme au motif que « l’émotion [dépassait] les règles juridiques » (sic).

Précisons, par ailleurs, qu’Assa Traoré et ses affidés n’ont pu évidemment rentrer seuls dans ce saint des saints. Il a fallu la complicité de députés LFI (au moins trois, au vu du nombre de personnes introduites dans la galerie). Les noms de ces élus ont été communiqués à la présidente Yaël Braun-Pivet. Celle-ci a fait savoir que le Bureau chercherait à savoir ce qui s’est passé, mais elle n’a pas convoqué ce bureau de façon exceptionnelle, comme elle avait latitude de le faire. Tout est donc repoussé en septembre… autant dire à Pâques ou à la Trinité.

Pourtant, tout, dans le modus operandi, montre qu’il s’agit d’un incident orchestré et prémédité : le Comité Adama n’a pas fait l’objet, contrairement à l'usage, d’une inscription préalable avec délivrance de billet de séance et, donc, vérification d’identité, plusieurs jours à l’avance. Celle-ci aurait alerté. Là, lesdits députés ont de toute évidence usé de leur « bonne mine » (relative) pour faire entrer les fauteurs de troubles à la dernière porte, là où il n’y a plus que du personnel d’accueil non formé pour la sécurité.

Le DPDM – Deux Poids Deux Mesures, mode de fonctionnement ordinaire dans notre pays – a encore frappé.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 26/07/2026 à 11:14.

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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

119 commentaires

  1. Etant vrai que notre malheureux Pays vivant dans un système de décadence et d’infame tolérance étant tellement pitoyable qu’il faut vraiment adorer se faire ridiculiser pour y trôner … mais s’ils aiment cela ??? .
    Par contre, voulant apprendre à lire à certains individus, et qui ensuite se prennent pour des Prix Nobel là ça peut choquer …

  2. Yaël Braun-Pivet est de la veine macroniste , elle a peur de la chef de gang , Assa Traoré, dont la famille continue d’accumuler les condamnation. .
    Une présidente « perchée » sans consistance.
    Mais elle sait interrompre des ministres quand ils donnent des réponses complètes et essentielles à des députés de l’Assemblee.
    Elle fait partie des incommensurables erreurs de casting de d’E. Macron .

  3. il est tant que les élections arrivent, que l’assemblée se renouvelle, et que cette femme reparte s’occuper de ses poules, ce qui évitera qu’elle demande a un homme chargé de sa protection, a son domicile de s’en occuper. Cette dame, a, a mon avis, contribué a « bordéliser » l’assemblée nationale, par manque de fermeté, et de sanctions, par contre s’occuper d’affaire qui ne concerne en rien ses fonctions, ( sur France-inter, par rapport au rapporteur de l’audio-visuel), là oui elle intervient, alors vivement qu’elle soit sortie, mais, mais on ne sait jamais par avance les résultats électoraux prochains.

    • Absence de fermeté et de sanction ? Pas pour tout le monde. Elle fait preuve de fermeté sans nécessité pour un pauvre bougre venu exprimer sa colère. Mais pour la famille de voyous traoré et leurs affidés, avec la complicité de députés LFI, elle n’a qu’indulgence et compréhension. Il est temps qu’elle parte, parce qu’elle n’a jamais été à la hauteur de sa fonction.

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