Tribune « Zapper Bolloré » : Maxime Saada répond, la gauche s’étrangle !
Dans Libé, plus de 600 professionnels du cinéma s’étaient faits résistants d’opérette pour dénoncer une potentielle future « uniformisation des films », un prétendu « risque que, demain, ne soient plus financés que des films de propagande au service d’une idéologie » parce que Bolloré, par le truchement de Vivendi et de Canal, serait une menace crypto-fasciste qui pèserait sur le monde du cinéma. Bien mal leur en a pris : dimanche 17 mai, depuis le festival de Cannes, Maxime Saada, directeur général du groupe Canal+, a annoncé ne plus vouloir travailler avec les signataires de cette pétition.
La chimère « crypto-fasciste »
« Le président de Canal+, Maxime Saada, a annoncé qu'il ne souhaitait plus que le groupe, premier financeur du cinéma français, continue de travailler avec les professionnels du secteur qui ont signé une pétition contre son actionnaire de référence Vincent Bolloré », rapporte l’AFP. Et France Info de relayer sa prise de parole lors du brunch des producteurs organisé par Canal+ : « J'ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s'attachent à défendre l'indépendance de Canal+, et dans toute la diversité de ses choix. Et en conséquence, je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition », explique Maxime Saada, qui ajoute : « Si certains en viennent à qualifier Canal+ de "crypto-fasciste", alors je ne peux pas accepter de collaborer avec eux. La limite est là. Il n'est pas acceptable qu'il n'y ait pas de considération pour le travail de nos équipes », tout en réaffirmant, sur X, « l'engagement indéfectible de Canal+ en faveur de la création et du cinéma ».
A l’occasion du Brunch des Producteurs organisé par CANAL+ à Cannes — le plus grand rassemblement de producteurs français de la quinzaine, avec 260 producteurs réunis — @maxsaada a réaffirmé l’engagement indéfectible de CANAL+ en faveur de la création et du cinéma pic.twitter.com/kuXy33CD0Y
— CANAL+ group (@canalplusgroupe) May 17, 2026
C’est que lesdits 600 signataires n’y étaient pas allés de main morte et n’avaient pas hésité à faire à Bolloré et Canal+ un procès d’intention. Dans l’article de Libération accompagnant leur tribune, le cinéaste Arthur Harari ne mâchait pas ses mots : « Les choses sont complexes car les décideurs qui travaillent chez Canal + avec indépendance et droiture, dont la présence précède parfois l’arrivée de Bolloré [en 2015, ndlr], n’ont rien à voir avec sa visée "civilisationnelle", comme il l’appelle. Il y a un malaise que personne ne nommait jusqu’ici dans le cinéma français, il est temps de le faire. On n’a pas attendu Grasset pour comprendre le problème d’avoir le premier contributeur privé du cinéma aux mains d’un crypto-fasciste, plus puissant capitaliste de France… » Tout en reconnaissant que « [s]es trois films ont reçu l’aide de Canal+ mais aussi de Ciné+. Sans ça, [il ne sait] pas où on serait allé chercher l’argent manquant, ce qui n’est pas une raison de se taire. »
Le mauvais goût de réagir...
Peut-être que si, c’était une bonne raison, d’autant que maintenant qu’il a craché dans la soupe, il lui faudra sans doute se passer des sous de Canal. D'ailleurs, à l'AFP, Arthur Harari s'est défendu d'avoir critiqué les équipes de Canal. C'était, selon lui, un « questionnement sur la dimension politique du groupe Bolloré ». C'est que les sous de Canal sont loin de la petite obole : Les Échos rappelle que « selon l'accord conclu en 2025 avec les organisations professionnelles représentatives du cinéma, Canal+ s'est engagé à injecter 480 millions d'euros dans le septième art français d'ici à 2027, soit 150 millions en 2025, 160 en 2026 et 170 en 2027 ». Interrogé sur France Inter ce 18 mai, Gaëtan Bruel, président du CNC, le rappelait d’ailleurs lui-même : « Canal, c'est la moitié des films français produits chaque année, avec 100 films sur 200. » Sauf que les 600 signataires de la tribune « Zapper Bolloré », qui ont crié avant et même sans être sûrs d’avoir mal un jour, vont devoir maintenant se passer de cette manne substantielle.
"J'ai un certain sentiment de gâchis" commente le président du CNC, après la "réaction à chaud" de Maxime Saada, patron de Canal+, à la tribune de 600 professionnels du cinéma dénonçant une mainmise de Vincent Bolloré.
Gaëtan Bruel était au micro de @Ben_Duhamel ➡️… pic.twitter.com/EcLMKnmCqF
— France Inter (@franceinter) May 18, 2026
Alors, Gaëtan Bruel, même pas courageux et encore moins téméraire, tente de prêcher l’apaisement : « On a 13 films sur 22 en compétition qui viennent de Canal, donc je respecte absolument la démarche des signataires de la tribune, mais je ne me retrouve pas dans les faits qu'ils avancent », ajoute-t-il, sur la radio publique. Manifestement, il s’agit de ménager la chèvre et le chou pour tenter de sauver le bastion de l’entre-soi culturel du cinéma français. D’ailleurs, c’est simple, il « a du mal à voir [dans les propos de Maxime Saada] autre chose qu’une réaction à chaud » et, selon lui, « on peut regretter sa réaction qui aggrave les clivages au lieu de rassembler ». Autrement dit, il aurait été de bon ton que Canal fasse le dos rond, supporte insultes et critiques pour éviter de déranger ce petit monde bien confortablement installé dans sa bien-pensance et son entre-soi. D’ailleurs, sur Public Sénat, l’ancien ministre de la Culture Franck Riester abonde : « On n’est pas obligé d’insulter les gens ou dire qu’ils sont fascistes et, de l’autre côté, quand on est responsable de Canal+, c’est bien de plutôt calmer le jeu. »
Tribune anti-Bolloré : “On n’est pas obligé d’insulter les gens ou dire qu’ils sont fascistes et de l’autre côté, quand on est responsable de Canal + c’est bien de plutôt calmer le jeu”, estime @franckriester, ancien ministre de la Culture. pic.twitter.com/ulmbHaOeCq
— Public Sénat (@publicsenat) May 18, 2026
À son procès d'intention par anticipation
En bref, aux yeux de la gauche, Maxime Saada et Canal ont commis la faute de ne pas s’être laissés vilipender avant même d'avoir commis, un jour peut-être, ce qui leur était reproché par avance ! Mais cette réaction donnerait raison aux signataires… Pour Alexis Corbière ou Marine Tondelier, par exemple, comme pour le collectif « Zapper Bolloré », il faut voir dans la réaction de Canal la preuve de leurs accusations par anticipation : « Pouvons-nous encore croire à l'indépendance de Canal+ vis-à-vis du milliardaire d’extrême droite, contre lequel il est désormais officiellement impossible de s’exprimer ? », se demandent les signataires, selon France Info. Aveuglés par leur idéologie, ils ne se rendent même pas compte qu’ils se sont tiré une balle dans le pied et, par la même occasion, dans celui de la diversité qu’ils prétendent défendre.
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138 commentaires
Sur Boulevard Voltaire la gauche s’étrangle tous les jours. Ailleurs on lit que la droite radicale s’étrangle et en effet BV semble adorer s’étrangler. Toute la France est étranglée ou bien il y a un petit village qui résiste et va parvenir à franchir le détroit ?
En espérant que les islamo-écolo-gauchistes ne contraignent pas le gouvernement à payer ce manque d’argent avec celui du contribuable, le CNC va parfaitement s’en accommoder.
Qu’il est réjouissant de voir ce rééquilibre des idées voir le jour dans notre pays. Le monopole de la gauche s’écroule et c’est parfait. Ces biberonnés aux subventions s’étranglent, ils ont joué au poker ils ont perdu.
l’indifférence et le boycott systématique de tous ces donneurs de leçons en tout genre qui n’existent que par nos soutiens financiers non consentis je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises , c’est la seule arme que nous avons pour contrer leur mainmise sur les médias alors utilisons la de manière massive pour les stopper .Quand ils seront obligés de fréquenter les aides alimentaires ils comprendront peut être comment va la France .
Un homme sage et bien français nourrissant le monde du cinéma ; acteurs, réalisateurs, qui se fait menacer, a raison : 1) de dire ce qu’il pense et 2) de les priver de soutiens financiers. –
–
– Cette caste faisandée de gôchôs à qui tout est permis et qui se permet tout, est insupportable, ⛔ IN-SU-PPOR-TABLE. –
– Soutient total à Bolloré.
Ils ont obtenu ce qu’ils voulaient, ne plus travailler avec Canal. De quoi se plaignent-ils. Comme l’avait si bien dit Coluche à propos des politiques : «Ils nous prennent pour des cons et après ils s’étonnent qu’on le soit.». Et bien voilà, il veulent zapper le groupe Canal et après ils s’étonnent que le groupe Canal les zappe.
« Autrement dit, il aurait été de bon ton que Canal fasse le dos rond… » Si la gauche, ou plutôt ceux qui prétendent en être, se permettent ce qu’ils s’autorisent depuis plusieurs dizaines d’années en parlant de la droite, n’est-ce pas aussi parce que cette droite a trop laissé faire sans réagir ? Sans réaction de la part du camp d’en face, la gauche a fini par se persuader elle-même de la supériorité de ses positions et de ses postures. Laisser faire, c’est accepter et c’est, par conséquent, encourager l’autre à aller toujours plus loin dans l’expression de sa vindicte. Mais, même si ça dure depuis trop longtemps, ça ne dure pas toujours. On regrettera seulement que ce qui arrive à ces 600 signataires n’arrive pas aussi à ces milliers de gens qui vivent d’argent public et de subventions et insultent en permanence la moitié des contribuables qui, malgré eux, les font vivre grassement.
On aimerait bien voir ces pseudos artistes faire la manche çà leur remettrait les pieds sur terre
… et les milliardaires qui se disent de gauche , ça ne les dérangent pas ?
Curieuse vision de la démocratie qui pour eux ne peut être qu’une gauchocratie à la morale douteuse.
Il est vrai que comme Staline, Castro, Mao, étant d’autres, eux seuls savent ce qui doit faire le bonheur du peuple.
Cette gauche bien pensante crache depuis longtemps dans la soupe. Enfin, une réaction, saine. Il faut arrêter de se laisser enfermés dans une doxa hors sol passant son temps à cracher sur des millions de français qui ne pensent pas comme ce petit monde de l’entre soi, avec notre argent.
Ca me fait penser aux associations de migrants financées par l’Etat pour attaquer judiciairement… l’Etat !
Comme diraient mes enfants, c’est un truc de ouf !
Bravo Canal+, Bravo Maxime Saada.
Bravo Mr Saada. C+ est un groupe PRIVÉ et il fait ce qu’il veut avec ses sous. Et aussi : » le groupe, premier financeur du cinéma français, »… les « bénéficiaires » en seront pour leurs frais. Z’ont qu’à aller voir Pigasse et bosser à Radio Nova !
Il était temps. Bravo M.Saada
On peut dire qu’ils l’ont bien cherché. Et puis, ça diminuera les navets
Bravo à Mr Saada en espérant qu’il fasse ce qu’il a dit. On surveillera.
Très bien. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Je boycotte tous ces acteurs qui crachent dans la soupe. Dans quelques temps, ils viendront pleurer qu’ils ne gagnent plus leur vie. Continuez vous êtes sur la bonne voie.
Oui
J’en arrive aujourd’hui à sélectionner les films que je vais voir au cinéma, non plus en fonction des histoires qu’ils racontent, mais en fonction des acteurs qui sont au générique… Moi aussi, je boycote…