[TRIBUNE] L’ordre public n’est plus assuré, en France

La question n’est pas de savoir pourquoi des casseurs cassent, mais pourquoi l’État, qui avait vu venir la soirée, n’a pu en garantir le bon déroulement ?
@Jean Bexon
@Jean Bexon

Dans la nuit du 30 au 31 mai, la France a célébré un titre européen de football comme elle célèbre désormais trop d’événements : par le feu et la violence. Pour la deuxième année consécutive, la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions a donné lieu à des émeutes. Une soirée pourtant attendue, préparée et annoncée. Vingt-deux mille policiers et gendarmes mobilisés. Et malgré cela, des tirs de mortier sur les Champs-Élysées, des commerces pillés, des véhicules incendiés à Paris, Lyon, Rennes ou Le Havre ; cinquante-sept membres des forces de l’ordre blessés ; près de huit cents interpellations, en hausse d’un tiers par rapport à l’an passé. Deux années de suite, le même prétexte, le même résultat.

On parlera, comme toujours, de « débordements festifs ». C’est la formule qu’il faut cesser d’employer. Lorsqu’un événement parfaitement prévisible échappe à ce point au contrôle de l’État malgré le déploiement le plus massif que l’on puisse concevoir, ce n’est plus un incident, c’est le révélateur grave d’un pays en plein déclin. La question n’est pas de savoir pourquoi des casseurs cassent, mais pourquoi l’État, qui avait vu venir la soirée, n’a pu en garantir le bon déroulement ?

L’État ne fera rien

Nous n'y voyons pas une fatalité mais une démission. L’État français ne manque pourtant ni de lois, ni d’hommes, ni de moyens. Il a simplement perdu la capacité de faire suivre ses décisions d’effet. Il prononce des sanctions qu’il n’exécute plus. Le pouvoir a condamné des violences « inacceptables » et promis d’être « implacable ». Des mots que nous entendons après chaque épisode, qui ne coûtent rien et n’engagent à rien. Sur huit cents personnes interpellées, combien connaîtront une sanction pénale rapide, certaine et visible ?

Or, une réponse n’a de valeur que si elle réunit trois qualités : la rapidité, la certitude, la visibilité. Une sanction tardive ne corrige rien. Improbable, elle n’effraie personne ; invisible, elle n’instruit pas le corps social. Aucune des trois ne sera au rendez-vous, et chacun le sait, à commencer par les émeutiers. Ils n’agissent pas malgré l’État, mais parce qu’ils ont compris que, l’émotion retombée, l’État ne fera rien. L’impunité est devenue un calcul rationnel.

Cette nuit de mai 2026 n’est pas un accident isolé. Elle est la face visible d’un gouvernement dépassé. D’un pouvoir qui n’a plus aucune réponse sécuritaire valable dans aucun domaine, et qui n’est même plus capable de sécuriser un simple événement sportif. Comment voudrions-nous, dès lors, qu’il combatte efficacement le narcotrafic ou la criminalité organisée ?

Qu’on ne se méprenne pas. Il ne s’agit pas d’alimenter une surenchère malsaine. Il s’agit simplement de constater une faillite républicaine, et c’est à la République de la regarder en face. L’ordre public ne devrait être ni de droite ni de gauche, car c’est la première obligation de l’État, celle sans laquelle aucune liberté n’est garantie.

L’autorité ne se décrète pas. Elle s’exerce ou elle s’efface. Un État qui ne parvient pas à tenir sa capitale, une nuit qu’il avait vue venir, n’assure plus l’ordre public : il administre son absence. Nous pouvons continuer ainsi, condamner, nous émouvoir, oublier, recommencer l’année suivante. Ou bien tenter de rétablir ce qui a cédé. Il faut retrouver une réponse qui tombe vite, à coup sûr, et que chacun voit arriver. La question qui se pose désormais est simple : est-ce encore l’État qui fixe la loi, ou ceux qui la défient ? Il est plus qu’urgent d’apporter une réponse.

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Olivier Damien
Conseiller régional RN de Bourgogne-Franche-Comté, Commissaire divisionnaire honoraire

Vos commentaires

63 commentaires

  1. L’Etat a juste voulu faire croire aux gogos niais qu’il allait assurer mais en fait il fallait laisser faire les amis du pouvoir….

  2. Vision en direct de la nouvelle France en peine action!! Si cela ne fait pas réagir  » l’ancienne France » tant qu’il en reste encore un peu, nous sommes réellement « foutus »

  3. L’état ne fait rien…pourquoi ???? parcequ’ à sa tête, nous avons des trouillards in-com-pé-tents. Et tout le reste suit, pas de contact dixit le ministère de l’intérieur, pas de vagues. Ce cher Nunez est satisfait. Comment voulez-vous que la racaille ne s’en donne pas à Coeur joie !

  4. C’est clair, logique : quand on n’utilise pas les moyens nécessaires pour protéger les citoyens, cela devient de la complicité.
    C’est la non assistance à personnes en danger , c’est ne pas faire son travail..
    Et passible de destitution , de jugement …

  5. Il n’y a pas que l’ordre public qui n’est plus assuré en France, c’est notre civilisation, notre avenir etc…. On vit au jour le jour, plus personne ne fait de grands projets.

  6. Je suis d’ accord avec vous pour le constat d’ échec et d’ insurrection tolérée. « L’ état ne fera rien » ? Bien moins sûr…Il sait déjà prélever en amont le prix des saccages futurs. Créer la surtaxe assurantielle.. et augmenter son taux chaque année. C’ est automatique. On se prépare à nous faire le coup avec l’ électricité. Refuser la pompe à chaleur, la voiture électrique? Alors vous serez coupable devant la société et (pire!) devant vos descendants de n’ avoir rien tenté pour sauver la planète. Alors dès que tout sera électrique: on augmente le taxes existantes ou on en crée des nouvelles….Et par prélèvements automatiques , on ponctionne. Le gouvernement Barnier était tombé pour ( entr’autre) cette volonté d’ augmenter les taxes. Le peuple est doux comme un mouton…Et un mouton : çà se tond régulièrement.

  7. L ‘ordre public n ‘est plus assuré dans ce pays ….avec la complicité d ‘ un gouvernement dépassé , corrompu et incompétent , c ‘est l ‘ anarchie à tous niveaux et toujours contre le peuple ; ordo ab chao ?

  8. je pense que tout cela fait partie du plan de macron pour rester à l’Elysée, tout est bon, il dit n’importe quoi, et il y a encore des français qui l’écoutent, car ils espèrent toujours. Je pense à cet instant à tousl es parents qui ont perdus leurs enfants, soit par des crimes crapuleux, soit dans des soirées (bataclan) comment vivent t’ils les propos de ce guignol ? de président, qui n’a cure de ce que pensent les français il fait son cinéma, et puis s’en va. Mais les Français ont voté … 2 FOIS. Vivement que M. ZEMMOUR soit élu et fasse que la France retrouve sa sérénité et sa grandeur.

  9. Attendez le 14 juillet et vous verrez défiler la « force française » avec tous ses engins nickels qui sont gardés aux garages pour ne pas les abimer !! A moins que pour les paysans ,ils soient sortis !!

  10. Une solution Exclure le PSG du championnat pendant 5 ans le temps que ses « supporters » se calment .

  11. Les unités de gendarmerie mobile et de CRS savent très bien maîtriser le MO. Le problème est que les gouvernants sont tétanisés au souvenir de la mort d’Oussekine en 1986 et de Fraisse en 2014. Un émeutier tué par un policier ça serait à nouveau des émeutes généralisées comme en 2023. Donc les autorités saturent les villes avec 22 000 forces et s’il y a des trous dans la raquette (quelques magasins pillés et du mobilier urbain incendié) c’est juste un problème d’assurance.
    Au lieu de l’obligation de résultat, l’Etat se contente de l’obligation de moyens pour éviter la bavure, ce faisant il renforce le sentiment d’impunité de la racaille.

  12. La conséquence d’une alliance monstrueuse , depuis un demi-siècle, entre les intérêts des employeurs qui recherchent la main d’oeuvre la moins chère , et les intérêts des politiciens de gauche qui recherchent des électeurs ; ajoutez à cela les intellectuels , inutile de préciser de gauche , qui se vautrent dans l’humanisme et l’obligation d’accueillir la misère du monde entier .

  13. L’état ne fera rien, on est dirigé par des traitres asservis à la mondialisation : diviser pour régner …

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