Mauvaise foi et déni chez LFI face aux émeutes, après la victoire du PSG

À les écouter, la victoire du PSG aurait été célébrée dans une belle ambiance et la police serait à l’origine du chaos.
© Jean Bexon
© Jean Bexon

Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, dit le proverbe. La France insoumise en est la parfaite illustration. Deux jours après le sacre du PSG, le bilan des émeutes est sans appel : plus de 890 interpellations dans toute la France, soit 45 % de plus que l’an dernier après le premier titre européen du club parisien, selon Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur. Du côté des forces de l’ordre, on dénombre 178 policiers et gendarmes blessés, dont certains dans un état plus préoccupant. Deux d’entre eux ont ainsi été opérés dès dimanche soir après avoir été touchés par des tirs de mortier. À ce bilan humain s’ajoutent les magasins vandalisés et pillés, les façades d’immeuble abîmées, le mobilier urbain dégradé, les vélos et poubelles incendiés et les très nombreux tirs de mortier en direction des policiers. Les images de la soirée du 30 mai, qui ont fait le tour de la France et du monde, sont la preuve tangible que des milliers de jeunes ont profité de l’occasion pour « casser » et s’en prendre aux forces de l’ordre.

Angélisme ou électoralisme ?

Pourtant, au lendemain de cette soirée de violence, La France insoumise et ses alliés refusent encore d’ouvrir les yeux. Il y a d’abord ceux qui n'acceptent pas de regarder en face les exactions commises. Le député Thomas Portes, selon qui la soirée du 30 mai s’est résumée à une « fête populaire et antiraciste », choisit ainsi sciemment de partager, sur son compte X, une vidéo de jeunes supporters ovationnant une femme d’un certain âge dans les rues de Paris. L’extrait se veut « bon enfant » et le parlementaire commente : « Les fachos en PLS » [en position latérale de sécurité, NDLR, autrement dit « les fachos en souffrance »]. À regarder le réseau social du député de Seine-Saint-Denis, on pourrait croire qu’aucune émeute n’a éclaté à Paris et dans d’autres villes de France à la suite de la victoire du PSG.

Un militant antiraciste, repris par de très nombreux membres LFI, raconte, quant à lui : « À ceux qui habitent en dehors de Paris : ne vous laissez pas avoir par les images de "chaos" et le bla-bla des haineux. La très grande majorité des supporters étaient irréprochables (sic). J’ai vu des inconnus se tenir dans les bras, rire, danser, pleurer, aider des pompiers… toutes générations confondues. » Un angélisme hors-sol…

Inversion des responsabilités

Et quand ils sont interrogés sur la réalité des émeutes, les Insoumis adoptent tous le même discours : les responsables de ces scènes de chaos ne sont pas les jeunes venus pour casser mais les forces de l’ordre et les autorités qui n’ont pas organisé de fan-zone.

Alors que les violences battaient leur plein, les élus LFI accusaient déjà la police. « Les gens, faites attention à vous. Tout est fait pour gâcher la fête et nous retirer des moments de bonheur dans la France de Macron », écrivait ainsi, sur X, la députée Nadège Abomangoli. « Des milliers de personnes affluent vers Paris pour fêter ce titre historique. Je demande au ministre de ne pas gâcher la fête une nouvelle fois. Laissez aux Parisiens et Franciliens la fierté et la joie pour ce soir », commentait de la même façon Clémence Guetté. Et au lendemain des émeutes, leur rhétorique reste la même : « Hier, des dizaines de milliers de personnes ont été empêchées de célébrer. Hier, la police a chargé des gens qui ne commettaient aucun débordement », accuse ainsi la députée LFI de Créteil. Autrement dit, la police serait à l’origine du chaos et non les émeutiers…

Un détournement de la responsabilité insupportable pour Jordan Bardella, qui n’a pas manqué de lui répondre, sur X : « Ce tweet d'une personnalité LFI illustre à lui seul le concept de "Nouvelle France" : le soutien inconditionnel à ceux qui détruisent le bien d'autrui, à ceux qui bafouent nos lois et salissent nos fêtes populaires ; le mépris affiché pour nos forces de l'ordre, accusées, dans une totale inversion des valeurs et du réel, d'être les auteurs de l’insécurité », écrit le président du Rassemblement national. « Toute l'indignité de La France insoumise est résumée dans cette prise de parole », conclut-il.

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Clémence de Longraye
Journaliste à BV

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