Trans au Vatican : « Tout le monde n’a pas le droit à la même considération »

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Le 19 novembre, à l’occasion de la Journée mondiale des pauvres au Vatican, le pape François a reçu à sa table une délégation de 44 hommes transsexuels. Un geste rappelant la déclaration du Vatican lors de l'audience du 31 octobre autorisant les personnes trans à recevoir le baptême. Cette rencontre a fait réagir sur X l'abbé Danziec, chroniqueur à Valeurs actuelles. Ce dernier a accepté de nous en dire plus.

 

Raphaëlle Claisse. En recevant des personnes transgenres à table au Vatican, le pape succombe-t-il à l’air du temps ?

Abbé Danziec. En soi, cela ne me gêne pas que le pape reçoive des transgenres à sa table car nous devons parler à tous et spécialement, peut-être, à ceux qui sont blessés dans leur être, dans leur quête identitaire… Ce n’est pas succomber à l’air du temps, sauf si la communication laisse à penser une sorte de mise en scène. De plus, cela renvoie à un deux poids deux mesures, c’est ce que j’ai souligné dans mon tweet. Quand on est un homme d’Église, on doit être tous à tous : pour les migrants qui sont en souffrance, pour les mères de famille, pour les Blancs, les Jaunes, les petits, les grands, etc.

R. C. Que signifie ce deux poids deux mesures ?

A. D. Je ne sais pas dans quelle mesure le pape décide de cela. Est-ce sa garde rapprochée, ses services de communication ? Je reste convaincu que si j’avais l’occasion de parler au pape de mes défis de prêtre et des souffrances liées à la question de la messe traditionnelle, qu’il serait à l’écoute et prendrait le temps. En l’occurrence, il y a un réel deux poids deux mesures. Quel est le degré d'intentionnalité ? Je ne le mesure pas. En effet, selon que l’on soit grand ou petit, et que l’on approche des puissants ou pas, la considération qui se manifeste n’est pas la même. Ce que je constate, c’est que tout le monde n’a pas le droit à la même considération, tout le monde n’est pas accueilli de la même façon.

R. C. Selon vous, pourquoi y a-t-il moins d'attention portée par le pape à la messe traditionnelle ?

A. D. Je ne sais pas, mais d’un point de vue médiatique, c’est moins sexy d’écouter des mères qui ont marché de Paris jusqu’à Rome pour dire au pape que le texte qu’il a écrit sur ce sujet n’est pas satisfaisant.

Le principe de l’exercice de l’autorité, quand on gouverne, c’est d’avoir une attitude soucieuse d’être à l’écoute de chacun, des petits comme des grands, des forts comme des faibles. Le sujet n’est pas tant que le pape accueille des trans, mais que dans le même temps, par exemple, le catholique lambda voit qu’on lui refuse un baptême dans l’ancien rite dans la paroisse à côté de là où il vit. C’est curieux. Oui, il y a moins d’écoute et de dialogue.

R. C. Savez-vous s’il y a déjà eu un précédent de ce genre au Vatican ?

A. D. Je l’ignore. Pour ma part, s’il faut recevoir un couple homosexuel dans mon presbytère, pour les écouter, je le ferai car je suis prêtre et je suis tout à tous. Je serais père de famille en charge d’enfants, ce serait moins évident. Il ne faut pas reprocher aux hommes d’Église d’être à l’écoute, mais on a parfois du mal à y voir un appel à la conversion comme le Seigneur l'a fait, avec Marie-Madeleine, en lui disant « va et ne pèche plus ». Le Seigneur considérait que Marie-Madeleine était une pécheresse.

Raphaelle Claisse
Raphaelle Claisse
Journaliste stagiaire à BV. Etudiante école de journalisme.

Vos commentaires

25 commentaires

  1. Au titre des dérives de l’église catholique, qu’il soit permis de signaler qu’en Corse le très médiatique évêque-cardinal Bustillo a assisté il y a quelques jours à une réunion politique autonomiste, au nom de « son peuple corse », piétinant ainsi l’arrêt du Conseil Constitutionnel bannissant le terme « peuple corse » pour anti-constitutionnalité.

  2. Je ne partage pas le fait de considérer comme anodin, pas gênant, le fait que « le pape reçoive des transgenres à sa table ». Lorsque l’on a une fonction, un titre, il y a un protocole. Être placé à la droite, ou simplement à la table d’une personnalité a une signification. Dans le cas présent, c’est donc tout simplement scandaleux.
    « Dieu les créa homme et femme » nous dit la Genèse. Un homme ne devient pas femme. Ni l’inverse. Tout au plus peut-« iel » singer l’autre sexe.
    Mais revenons au fond, l’accueil au baptême des trans-genres.
    Accueillir comment ? Selon le sexe ou le genre? Si Mlle Jeanne a fait sa transition et se fait appeler Mr Jean, il y aura quoi d’écrit dans le registre des baptêmes? Jean ou Jeanne ?
    Si c’est Jeanne tout cela est une tartuferie de plus.
    Et si c’est Jean, elle pourra envisager d’entrer au séminaire? Et être ordonnée?
    Puisqu’elle est du genre homme.

  3. Une fois de plus, François manque de « professionnalisme ».
    Ce Pape s’est entouré d’une curie à son image, c’est l’incurie à tous les étages.

    • Il y 60 ans « on » nous disait déjà que Paul VI était mal entouré. Victime presque…
      Comme vous le dites il est entouré des personnes de son choix.
      C’est au contraire très professionnel, parfaitement conçu comme une étape d’un plan Com’ qui se déroule avec interdiction de réagir

  4. « o tempora, o mores » Quel temps, quels mœurs ! Je ne suis pas Catho mais n’empêche, jamais un homme n’aura autant abimée l’image pontificale que ce pape !

  5. Est-ce que le Pape est encore crédible ? Il fait visiblement parti des destructeurs de la religion et de la culture.
    J’ai toujours dit qu’ils n’y a pas que na nouvelle génération qui fabrique des crétins, il y a aussi beaucoup de vieux qui ont semés la crétinerie et la médiocrité pour donner le pouvoir aux meilleurs Crétins.

  6. Comme une personne qui crois, donc qu’il pense ce qui n’est donc pas une vérité réelle, moi aussi je crois à l’inverse de ceux croyants d’un hypothétique Dieu bien réel, que le premier des croyants ne représente pas un ordre morale. Il en vas de même pour toutes religions. Quant le Pape essuie les pieds d’une personne soumise au livre vert vue ce qu’il contiens, çà pose questions.

  7. Le Vatican a t’il bien conscience que son troupeau est menacé de toutes parts et qu’il attend de son berger une protection, non une soumission.

  8. « comme le Seigneur l’a fait, avec Marie-Madeleine, en lui disant « va et ne pèche plus ». Le Seigneur considérait que Marie-Madeleine était une pécheresse. »
    Non.
    C’est à la femme adultère que le Seigneur a dit « va et ne pèche plus ».
    Le Seigneur ne considérait pas que « Marie-Madeleine était une pécheresse », les Ecritures nous disent simplement qu’il l’a guérie de « 7 démons ».

  9. J’avais cru comprendre que le mensonge était un péché pour l’église catholique. Or faire croire qu’un homme peut devenir une femme est un effroyable mensonge célèbré désormais par le pape lui-même.

  10. Je voudrais surtout que l’Eglise nous parle essentiellement de la foi en notre être spirituel, celui qui sera toujours là quand notre corps aura cessé de vivre, celui que nous habitons momentanément pour agir en chrétien (cette belle religion d’amour et de vérité).

  11. Vous ne découvrez quand même pas que le pape es de gauche et qu’il y a comme ailleurs une ligne politique au Vatican ? Les «  tradis » sont des conservateurs qui n’aiment pas trop les changements et les nouvelles modes. Les transgenres sont trop nombreux à notre époque et le nombre dans une démocratie a toujours raison. Le progrès qu’on nous vend tous les jours comporte des paradoxes et une ouverture d’esprit difficile à assimiler pour les tradis.

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