[Témoignage] « Ai-je fait autant d’études pour me faire insulter par un gamin de 12 ans ? »

école

V. S. (ce professeur tient à rester anonyme) est agrégée de lettres classiques, docteur ès lettres et qualifiée maître de conférences des universités. Durant des années, elle a travaillé en région parisienne. Mutée à sa demande dans une académie du sud de la France, elle a été affectée dans un collège de zone prioritaire. Un poste lui avait été initialement proposé par un établissement privé, mais l'académie lui a opposé une « priorité de service » en lui « vendant » un établissement calme. Ce n'est pas ce qu'elle a constaté : depuis septembre, un élève, rapporte-t-elle, est venu avec un chalumeau, un autre avec un couteau.

Insultée, ce vendredi, par un élève issu de la communauté des gens du voyage, très agité, qui n'a, à ce jour, pas été sanctionné, elle a écrit à la rectrice de son académie, ainsi qu'au ministre et à l'inspection générale dont elle relevait lorsqu'elle enseignait en classes préparatoires. BV publie en exclusivité des extraits de sa lettre. Un document qui dit mieux que toutes les thèses l'enfer vécu sur le terrain par les professeurs confrontés à la société post-68arde et post-immigration de masse.

Chère Madame,

[...] « Alors que je lui demandais simplement de fermer une fenêtre, un élève de 5e particulièrement perturbateur, que je dois reprendre une vingtaine de fois par heure de cours, a refusé d'obtempérer. Devant mon insistance, comme je lui faisais remarquer qu'il était pénible et difficile à gérer, il s'est énervé, m'a dit que je lui "cassais les couilles" et m'a traitée de "prof de merde" en poussant violemment sa table contre mon bureau.

Je vous le demande donc, vu que c'est vous qui m'avez affectée dans ce collège en refusant mon maintien dans l'enseignement privé, ai-je fait autant d'études pour me faire insulter, à 45 ans, par un gamin de 12 ans à moitié illettré ? Ai-je étudié pendant des années le latin, le grec ancien, la littérature, la patristique, l'histoire, la philosophie, ai-je réussi l'agrégation à 22 ans, ai-je écrit une thèse qui a été publiée et se trouve dans toutes les bibliothèques universitaires, ai-je donné des conférences dans des universités, ai-je formé des centaines d'étudiants de lycée et de classes préparatoires pour me faire agresser et humilier par des demi-sauvageons qui sont la honte de notre système scolaire défaillant et le fruit de l'incompétence et des erreurs innombrables de ceux qui prennent depuis des décennies des décisions ineptes sans jamais en payer les conséquences ?

Je me tourne donc vers vous pour vous demander des comptes. Les media tournent en boucle sur la pénurie d'enseignants. Ce qui est étonnant, c'est qu'il reste encore des gens prêts à brader leur culture, leurs compétences et leur énergie pour enrayer le naufrage que nos dirigeants orchestrent patiemment depuis des années. J'avais une vraie vocation pour l'enseignement mais, aujourd'hui, je ne suis pas sûre de ne pas quitter le navire, vu le poste que l'on m'a attribué et que je ne pourrai peut-être pas quitter au cours des vingt prochaines années, étant donné la gestion ubuesque des mutations par notre administration et, donc, par les services que vous dirigez. Très honnêtement, je ne suis même pas sûre de finir l'année, vu la façon dont les choses se passent.

Vous avez refusé mon affectation dans le privé alors que j'y avais un poste qui m'offrait quelques perspectives encore stimulantes, vous n'avez pas donné suite au recours que mon syndicat a déposé, vous êtes donc personnellement responsable des insultes que j'ai reçues hier et de ce qui se passera par la suite si l'élève n'est pas réellement sanctionné, ce qui sera probablement le cas étant donné le maigre arsenal disciplinaire qui subsiste dans le système actuel.

Recevez, Mme la Rectrice, avec mes salutations respectueuses, l'assurance de ma colère justifiée.

Vos commentaires

37 commentaires

  1. Je pense qu’il conviendrait de retourner au système d’éducation d’il y a soixante ans, empoigner par le col de sa veste et amener le récalcitrant chez le directeur qui appliquera une sanction appropriée. Un congé d’une semaine avant le renvoi définitif de l’établissement. Il devrait finir en maison de redressement bientôt.
    Actuellement, c’est du laisser aller, je ne vois pas ce que sera l’avenir dans ces conditions.

  2. D’après mes directeurs, c’était toujours MOI qui étais la cause de la mauvaise attitude de mes élèves. Je constate avec une sombre satisfaction que les collègues qui m’ont succédé sont aussi coupables que moi. Oh les braves petits nélèves à son pépère…

  3. Madame vous me décevez en appelant ce semeur de troubles « sauvageon  » .Non  » racaille « lui sied bien mieux .Il faut appeler les choses par leurs noms , la langue française est suffisamment riche pour trouver le bon terme .Quand au système scolaire il est à l’image de tout le reste dans ce pays .Détruit par nos politicards depuis plus de 40 ans .L’école privée a de beaux jours devant elle .Si les jeunes couples ne font plus qu’un enfant c’est aussi pour lui offrir le meilleur au niveau éducation et ce n’est plus dans le public qu’on le trouve .Et pour finir ,les enseignants ont voté en grande majorité pour ceux qui sont à l’origine de l’état de ce pays .

  4. Qu’est-ce que cette prof super hyper diplômée fait dans une classe de 6e de collège ? L’Ed. Nat. se fout manifestement d’elle … Et l’administration du collège ne fera rien : peur des parents , des grands frères , du bordel quoi !
    J’ai enseigné en collège pendant 40 ans . Retraité depuis 1997 ( j’ai 84 ans) . Déjà « de mon temps » , j’avais vu l’ambiance changer . En mal . Aujourd’hui , c’est en pire .
    Une anecdote : c’était vers la fin (1992 ? ) , mes élèves de 5e rendaient un devoir fait à la maison . Chacun posait sa copie sur le bureau . A la fin , je les compte : 27 . Manquait une copie . J’ai tout de suite su laquelle . Cet élève m’a assuré l’avoir posé sur le bureau ; or , je l’avais bien vu poser sa main sur le tas , mais sans copie ! Je lui ai mis un aller-retour gratuit , le premier de ma carrière ! A la récré , je suis allé voir sa mère , intendante du collège pour lui expliquer la situation . Et je lui ai dit : »Si vous voulez porter plainte , allez -y , je n’en ai rien à foutre ! Je partirai en retraite un peu plus tôt . » Il n’y a pas eu de suite . Si j’avais été en début ou milieu de carrière , je me serais abstenu . J’aurais seulement collé un zéro à ce petit con .

  5. Les posts précédents pourraient s’intituler « Défense et illustration de la fin de l’école ». De celle que nous avons connue, de celle où nous avons travaillé, de celle où, en responsabilité, nous avons bataillé, récoltant comme unique réponse le « Pas de vague » signalé fort à propos. Et ces dernières batailles mettaient en présence, non pas les élèves ou leurs parents, mais… les professeurs, ardents à dénoncer les initiatives qu’ils désapprouvaient.
    Vingt ans plus tard, il m’est impossible d’imaginer effectuer le même travail dans la pétaudière qu’est devenue l’institution qui ne mérite plus son nom. Il ne me reste plus qu’à plaindre les enseignants qui y brûlent leur vocation.

  6. Je ne le dirai jamais assez : une illustration typique de la déconstruction de la France. Macron ne bouge pas le petit doigt. Mais comme le disent certains lecteurs, cette situation n’est pas subitement tombée du ciel. Tout a commencé après 68. Il fallait se montrer cool, le « copain » de l’élève. Les tenues vestimentaires des enseignants adaptées à cette évolution. Le costume, la jupe, la robe, bannis au profit de la salopette, du jean . La coiffure en coup de vent, cheveux longs. La tenue, une fesse sur le bureau, la cuisse en démonstration. Le « tu » au lieu du « vous ». Se lever à l’entrée du prof, aléatoire. Etc. Chez les élèves intelligents ou bien éduqués et tenus par leurs parents, un sourire ironique. Mais chez beaucoup, une invitation à ignorer la discipline, le respect . Ajoutons le relâchement apporté par l’air du temps , des autorités aux abonnés absents et de « brillants intellectuels » ou « féministes » qui dynamitent la langue française, des associations qui pénètrent les écoles au détriment d’un enseignement classique, nous avons un cocktail détonnant. Où sont les références ? L’école est-elle encore « école » au sens noble ?

    • On avait même banni l’estrade du bureau du prof, pour que l’élève soit sur le même pied d’égalité et qu’il n’ait pas de complexe d’infériorité sans doute. Ce qui obligeait l’enseignant à rester debout des heures durant pour avoir un œil sur l’ensemble de la classe. Peut-être qu’il mettait une fesse sur le bureau pour se reposer et éviter les varices plus tard. Un métier de sportif aussi !

  7. Mais, ma pauvre dame, demandez donc des comptes à vos collègues enseignants qui ont invoqué les « il est interdit d’interdire » et pratiqué le racisme à l’envers donnant raison à tout ce qui n’est pas franchement blanc ni francais.

  8. Je compatis largement avec cette prof… une seule chose me pose question la teneur des ses bulletins récents dans les urnes, j’aimerais qu’elle ai votée Zemmour ou RN. … mais un doute chez moi persiste.

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

L'intervention média

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois