Tariq Ramadan condamné pour viols : fin d’un prédicateur porté aux nues par la gauche

C'est une autre image que celle de l'intellectuel musulman influent et séducteur qui prévaut désormais.
@Wikimedia commons
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Il encourait 20 ans de réclusion criminelle. La Justice française l’a condamné à en purger 18 pour viols et viol sur personne vulnérable. Une peine significative dont Tariq Ramadan a déjà laissé entendre qu’il contesterait le principe, affirmant qu’il ne laisserait pas « cette décision en l’état » et qu’il entendait mobiliser « tous les canaux du droit » pour faire valoir son innocence et introduire du « contradictoire » dans les débats.

Le prédicateur islamique ne s’est pourtant présenté à aucune audience de son procès, ouvert le 2 mars, invoquant une hospitalisation en Suisse, en dépit des expertises médicales qui l’avaient déclaré apte à comparaître. C’est donc par défaut qu’il a été condamné, ce mercredi 25 mars, par la cour criminelle de Paris, qui a également délivré un mandat d’arrêt à son encontre et prononcé une interdiction définitive du territoire français.

Une étoile du monde musulman

L’épilogue judiciaire prolonge et achève une longue chute entamée dès 2017, lorsque les premières accusations de violences sexuelles avaient fait voler en éclats l’image d’un intellectuel musulman influent. Une figure longtemps admirée par une partie de la gauche et suivie bien au-delà, dans une large frange du monde musulman, en France comme à l’étranger.

Car s’il n’avait pas fallu attendre ces affaires de mœurs pour que Tariq Ramadan fasse l’objet de nombreuses critiques pour ses positions ambiguës sur le fondamentalisme islamique, celles-ci ne l’avaient pas empêché de trouver un public, aussi bien dans les universités européennes, notamment à Oxford, qu’auprès d’une partie des intellectuels et militants séduits par un discours prétendant concilier islam et modernité.

Le révélateur d’un « islamo-gauchisme »

Rappelons, pour l’exemple, qu’en 2015, quelques jours après les attentats contre Charlie Hebdo, Edwy Plenel avait partagé une conférence avec lui sur l’islamophobie, durant laquelle un tour-opérateur avait proposé de remporter un voyage à La Mecque.

À l’époque, les liens entre Plenel et Ramadan sont si étroits et complaisants que Fatiha Boudjahlat, la co-fondatrice du mouvement Viv(r)e la République, parlera, dans une tribune publiée par Le Figaro le 16 novembre 2017, de « l’aura angélique » que le patron de Mediapart a contribué à construire autour du prédicateur islamique. Des liens qui n’ont rien d’anodin, alors que Ramadan se revendique le petit-fils du fondateur de la branche égyptienne des Frères musulmans et s’affiche en adepte de Youssef Qaradâwî, prédicateur influent de la même confrérie, visé par un mandat d’arrêt lancé contre lui par Interpol à la demande de l’Égypte pour incitation au meurtre.

Et au milieu de toutes ces connexions et cette complaisance, le silence assourdissant lorsque sont apparues les accusations d’agressions sexuelles. Déjà, en 2017, Alexandre Devecchio regrettait, dans les colonnes du Figaro, « le silence pudique de Mediapart, et plus largement d'une certaine gauche sur cette affaire », qui ne pouvait que témoigner de la « complaisance, voire de la complicité idéologique de celle-ci avec Ramadan et ses thèses islamistes ».

Si cette complaisance à l’égard de celui dont une des victimes dira qu’il « utilis[ait] l'islam pour assouvir ses pulsions sexuelles » n’est plus à démontrer, reste à constater que ce 25 mars a scellé la chute d’une figure que le monde musulman et une partie de la gauche avaient portée aux nues.

Vos commentaires

34 commentaires

  1. C’est la perpétuité qu’il aurait fallu pour calmer définitivement ses pulsions sexuelles. Dans 18 ans ( s’il ne sort pas avant), il sera certainement encore frais comme un gardon pour récidiver.

  2. Premiers viols en 2015 et nous sommes en 2026 près de 10 ans avant une première condamnation et encore il n’a pas à s’inquiéter avec les recours il gagnera bien encore 10 ans

  3. Ca fait longtemps que cette condamnation lui pendait au nez…
    Un véritable prédateur, sans foi ni loi (le comble pour un prédicateur) faux-cul dans toute sa splendeur… 
    Dire que c’est presque toujours la France qui hérite de ces choses là !

    • Un prosélyte musulman pervers, on aura jamais vu ça. Il était temps de le mettre sous les verrous.
      À qui le tour maintenant ? car en France on en a un paquet comme ce genre de phénomènes…

  4. La gauche toujours à l’honneur dans le pire. C’est à vomir. Et ce ramadan qui était accueilli comme l’idole de cette gauche puante…

  5. Belle gueule, très intelligent, il ne pouvait qu’appartenir au camp du bien ? jamais d’auto-critique de ce camp du bien, Plenel en tête, on attend que l’orage passe. ET il passera sans trop de bruit.
    On peut faire confiance à T.Ramadan pour utiliser toutes les ficelles du Droit. Et puis, pourquoi serait-il poursuivi puisque sa religion l’encourage à utiliser le corps des femmes, comme il l’entend ?

  6. Heureusement il ne finira pas en prison, pourquoi, il y ferait un prosélytisme grave de part sa notoriété, non il faut l’isoler d’une autre manière.
    J’ai des idées.

  7. Il ne risque en réalité pas grand chose puisque il est un principe général selon lequel un pays n’expulse pas ses nationaux. Et il est de nationalité suisse.

  8. Fin ?
    Non, d’appel en cassation, en CEDH et pour finir en oslamophobie, il ne fera pas un jour de prison. Il continuera de couler des jours paisibles en Suisse ou en Efypte d’où il vient. Et d’autres le remplaceront.

Commentaires fermés.

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