De manière plus ou moins cohérente, simultanée, les gouvernants, dirigeants, spécialistes et médias européens en tous genres semblent découvrir le fil à couper l’eau chaude : mais bon sang, c’est bien sûr ! Ainsi Algemeen Dagblad, le quotidien néerlandais, titre, ce matin 23 avril : « Le coronavirus était depuis longtemps aux Pays-Bas. » Ah bon ? Une épidémie mortelle qui se déclare en en décembre de l’année dernière, des millions de touristes chinois continuent à se déverser partout en Europe jusqu’à début mars et le quotidien néerlandais nous assène, ce matin, cette fantastique découverte : « Le coronavirus était déjà aux Pays-Bas autour du 15 février, 12 jours avant que le premier patient fut testé officiellement positif… »

Une insulte à l’idée de lapalissade car, tenez-vous bien, le journal révèle aussi qu’ainsi, « le virus a pu aller et venir en toute discrétion et entreprendre son œuvre de destruction ». Plusieurs indices indiquent une présence du virus antérieure au premier cas officiellement signalé (27 février) : ainsi « une patiente de 49 ans arriva aux soins intensifs le 21 février et diagnostiquée positive, se plaignant de symptômes depuis plusieurs semaines ». Pendant ce temps, continuent les Sherlock Holmes, « le coronavirus rôdait silencieusement ». Moi, je dis : prix Pulitzer ! Tout cela se passait, continue le journal, « deux bonnes semaines avant que le ministre Bruno Bruins [ministre de la santé] ne révèle publiquement le premier cas de contamination ». Et de citer le virologue Ab Osterhaus : « Nous avons couru après les faits, nous n’avons pas été suffisamment alertes. »

Mais, s’interroge gravement le quotidien, « comment le virus est-il arrivé aux Pays-Bas, et comment s’est-il disséminé ? Deux mois plus tard, nous suivons la piste de plusieurs “moments clés” : via le nord de l’, en Autriche, en passant par les cafés et fiestas d’après-ski ou autres offices religieux, par aboutir dans les hôpitaux. » Mazette : je n’ai que le certificat d’études, mais j’avoue avoir, courant fin février-début mars, très sérieusement commencé à baliser en constatant l’arrivée toujours aussi massive de dizaines de milliers de touristes chinois dans la capitale et, un peu en avance sur la moyenne des paranos-peureux, me cramais les mains au gel alcoolisé, me privant assez tôt également du crochet matinal au zinc du coin, ainsi que la pause-croissant à la boulangerie. Que ce soit dans les médias audio, télé ou écrits, curieusement, nulle part trace des millions de Chinois inondant l’Europe encore allègrement fin février-début mars, en tant que vecteur d’importation éventuel de la bête…

Ce qui, moi, me mit la puce sérieusement à l’oreille ? Le 15 février (marrant, exactement la date butoir citée dans Algemeen Dagblad) : premier décès lié au coronavirus en dehors du continent asiatique, un Chinois âgé de 80 ans et hospitalisé à… Paris. Bingo ! Mais bon sang de bon soir, comment ce satané virus a-t-il bien pu pénétrer en Europe, se questionnent gravement nos Sherlock Holmes, convaincus sans doute que les frontières stoppèrent bel et bien le nuage de Tchernobyl… C’est vrai que ledit nuage avait bien un passeport, lui.

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