[STRICTEMENT PERSONNEL] Le compte n’est pas bon

La France est redevenue l’homme malade de l’Europe. Le diagnostic est patent. Ne manquent  plus que le médecin et le remède.
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Nathalie Arthaud, François Asselineau, Gabriel Attal, Michel Barnier, Delphine Batho, François Bayrou, Xavier Bertrand, Jordan Bardella, Bernard Cazeneuve, Nicolas Dupont-Aignan, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, François Hollande (mais oui !), Sarah Knafo, Jean Lassalle, Marine Le Pen, David Lisnard, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Fabien Roussel, François Ruffin, Marine Tondelier, Boris Vallaud, Dominique de Villepin…

Telle est à ce jour, sauf erreur ou omission, et dans l’ordre alphabétique (seul type d’ordre que nul dans ce pays ne remet en cause), la liste, non exhaustive, des partants avérés, probables, possibles, potentiels, de la course à l’Élysée. Celui-ci s’est officiellement déclaré, celui-là est sur le point d’annoncer sa candidature, ce troisième la prépare, ce quatrième y est prêt, cet autre ne l’exclut pas. Tous, et d’autres sans doute, qui ne se sont pas encore manifestés, piaffent d’impatience dans leurs stalles alors même que tous les dossards n’ont pas été attribués et que le pistolet du starter n’a pas donné le signal du départ.

Après lui, ce ne serait pas le vide mais le trop-plein

Les résultats des dernières municipales à peine enregistrés et plus ou moins complètement analysés et compris, les médias, les commentateurs, les partis, leurs militants et d’abord, bien sûr, les premiers intéressés ne nous parlent plus que de ce Grand Prix de la Présidence, épreuve reine de la Ve République, dont l’échéance, qui revient désormais tous les cinq ans, n’est pourtant prévue que pour le printemps 2027. Encore douze mois. Seulement douze mois…

Le fondateur du nouveau régime l’avait prévu et prédit. Après lui, ce ne serait pas le vide mais le trop-plein. Nous en avons encore une fois la démonstration. « N’en jetez plus, la cour est pleine ! » Cette expression populaire, aujourd’hui désuète, semble pourtant parfaitement appropriée à la situation. Vingt-quatre candidats pour un seul poste - et quel poste ! -, vingt-quatre hommes et femmes, les uns forts de leur expérience – c’est-à-dire trop souvent de leurs échecs, de leurs reniements, de leurs compromissions –, les autres faisant au contraire, état, comme d’un casier judiciaire vierge, d’une ignorance encyclopédique de la politique, de ses contraintes et de la réalité. Vingt-quatre candidats ! Seuls de doux rêveurs, d’incurables optimistes feront valoir que quelque quarante-deux mille élus étant habilités à parrainer les candidats et le seuil de la validation étant fixé à cinq cents signatures, rien n’empêcherait mathématiquement, légalement et théoriquement, que les électeurs aient le choix entre quatre-vingt-quatre postulants à la magistrature suprême. Ce cauchemar, jusqu’ici, nous a été épargné.

Quoi qu’il en soit, nous voilà partis, une fois de plus, pour ouvrir un nouveau chapitre de cette « Comédie humaine » que constitue la vie politique d’un système démocratique, avec ce que celui-ci implique de grandes manœuvres et de sordides tambouilles, de belles promesses et de basse cuisine, de petits arrangements et de grandes illusions, de discours enthousiasmants et de réalités contraignantes… Rappelez-vous.

C’était en 2017. Un jeune homme avenant prétendait incarner l’avenir

Assez habile et persuasif pour faire oublier qu’il avait poignardé dans le dos son protecteur pour se substituer à celui-ci sur le devant de la scène et y briller sous les feux de la rampe. Il était, disait-il, porteur d’un projet. Quel projet ? Nul ne pouvait le dire, mais une majorité d’électeurs séduits le jugeaient magnifique. Dix ans plus tard, on ne le sait pas davantage. Que retiendra-t-on des deux quinquennats d’Emmanuel Macron ? La limitation de la vitesse sur les routes secondaires, grand œuvre d’Édouard Philippe, discrètement mis en pièces par la suite. La révolte des gilets jaunes, manifestation de la colère et du désespoir de certaines catégories de la population, la prise en compte verbale de leur souffrances par le chef de l’État en personne, puis le classement de leurs cahiers de doléances dans le fond obscur de tiroirs administratifs. La présentation puis le retrait d’une réforme des retraites. L’incendie et la restauration de Notre-Dame de Paris. Bref, un bilan qui n’est ni mince ni maigre mais tout simplement squelettique. Inexistant.

Par bonheur, notre Constitution ne permet pas au président de la République d’exercer plus de deux mandats consécutifs. Elle ne lui interdit, malheureusement, pas de tenter une troisième fois sa chance en tablant sur la mémoire courte des Français. Souhaitons qu’ils n’oublient pas que le Mozart de l’économie, le Schubert de la diplomatie, le Beethoven de l’innovation laisse derrière lui une France désabusée, fracturée, divisée, démoralisée, désindustrialisée, ruinée, un pays dont la voix affaiblie, discréditée, ne se fait plus respecter ni même entendre et que l’on somme, pour détourner son attention de ses difficultés intérieures, de se préparer à une guerre prétendument inévitable.

Discrédit de la démocratie

Le climat morose dans lequel s’engage la campagne présidentielle de 2027 s’explique largement par le discrédit de la démocratie et de la classe politique lié au décennat, enfin expirant, d’Emmanuel Macron et par le scepticisme actuel du corps électoral quant à la capacité des divers aspirants au pouvoir, quels qu’ils soient, de remettre la France sur le chemin de la justice sociale qu’avait suivi François Mitterrand, sur celui de la prospérité et de la modernité qu’avait ouvert Georges Pompidou, sur celui de la grandeur que lui avait tracé le général de Gaulle. Aucun des candidats déjà ou éventuellement en lice ne suscite l’élan, l’adhésion, la confiance sans lesquels rien ne peut se faire. Peut-être ne sommes-nous pas encore tombés assez bas pour espérer, pour reconnaître, pour susciter l’homme et la politique qui nous tireraient du déclin voire de la catastrophe qui nous menacent.

De Gaulle - encore lui -, qui savait de quoi il parlait, professait qu’un grand destin résulte de la rencontre d’un homme et des circonstances. De mémoire d’homme ou d’historien, trois fois - et trois fois, seulement -, cette rencontre s’est produite au cours des cent dernières années. En 1940, lorsque le maréchal Pétain, vainqueur de Verdun, mit fin au désastre, dans notre malheur et pour le sien. En 1944, lorsque le général de Gaulle rendit à la France son honneur et sa place dans le concert des nations. En 1958, enfin, lorsque le même de Gaulle sortit la France du bourbier algérien et financier dans lequel s’était fourvoyée puis enlisée la IVe République. La France est redevenue l’homme malade de l’Europe. Le diagnostic est patent. Ne manquent plus que le médecin et le remède.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 28/04/2026 à 10:01.
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Dominique Jamet
Journaliste et écrivain Président de l'UNC (Union nationale Citoyenne)

Vos commentaires

49 commentaires

  1. Constat édifiant de ce qu’est devenu notre France. Un pays fracturé, réduit au silence ou presque sur tous les fronts internationaux. Seules par miracle mais malheureusement sous équipée en munitions les armées font encore illusion et payent un lourd tribut face aux inconséquences de nos dirigeants. Je l’ai déjà dit les francais se regardent mourir sans bouger tout occupés à satisfaire leur petit pré carré dans un monde qui va les absorber.

    • A part Mme Knafo ,tous ont deja abîmé notre pays,soit en ayant été au pouvoir,soit en votant des lois anti france..pour moi c’est elle  » l’homme providentiel »…

  2. Pourquoi : « redevenue » ?
    Elle est entrée malade de la gauche … elle pensait pouvoir en être guérie en entant dans l’Europe.
    Le remède est encore pire que la maladie.

  3. Monsieur, le remède financier est connu de la plupart des français qui ont deux sous de jugeotte. Seuls les politiques ne veulent pas appliquer ce régime d »économies, on se demande bien pourquoi. Quant à la justice social de Mitterand , permettez-moi d’en rire, vous ne manquez pas de culot!!!

  4. Une chose est sûre. À la prochaine élection présidentielle les Français vont encore se faire berner. Ils sont très forts pour ça. Ensuite ils manifesteront en disant qu’il n’avaient pas voté pour cette politique, mais pour faire barrage.

  5. Mr Jamet, j’ai l’impression que vous avez oublié mr Darmanin.Il est vrai que la liste est déjà longue…

  6. « laisse derrière lui une France désabusée, fracturée, divisée, démoralisée, désindustrialisée, ruinée, un pays dont la voix affaiblie, discréditée,  » , et vous avez oublié , une France envahie par l’immigration majoritairement musulmane , en parfaite harmonie avec la volonté de l’UE , avec à terme , l’explosion de notre chère Sécurité sociale , de notre système de redistribution, la fragmentation du pays en communautés , l’explosion des violences (délinquance , terrorisme islamiste) , l’assimilation , l’intégration , la soumission, du peuple d’origine judéo-chrétien ,au nouveau peuple musulman .

  7. On peut les comprendre aussi la plupart ne savent rien faire d’autre ou n’ont jamais vraiment travaillé..et dans quels  » metiers[ » ou entreprises, peut ont être aussi médiocre, »ideologise »,et irresponsable peut on  » exiger respect et protection( « qu’ils viennent me chercher »)..que president de la republique juge ou ministre?

  8. WAHOU ! …Quelle question ! …
    Que retiendra-t-on des deux quinquennats d’Emmanuel Macron ? …
    JAMAIS je n’aurai cru que cette question soit posée SI vite par un « ponte du journalisme » ! …
    MAIS la pseudo réponse est toute autant pitoyable de cette caste médiatico-polytocarde ! …
    Le fracas de l’Energie nucléaire industrielle ? … LE massacre du système de Santé ? … LA « gestion » d’une guerre contre « un virus aérosol » ! ? … Une immigration pire qu’un tsunami ! …
    La mémoire est « courte » ? … « tronquée » … MAIS non, il n’est pas menteur car il ne ment pas ou presque pas …
    IL « oublie » justes quelques « détails majeurs » de l’HISTOIRE récente de la FRANCE » ! …

  9. Coluche, en son temps, l’avait déjà exprimé en ces termes : « En France, en politique, on est ‘achement balèze ».
    Tout est dit.

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