Au lendemain de la défaite des Républicains aux élections européennes, le mouvement réunissait un bureau politique pour envisager l’avenir. Entre tentation de garder une ligne conservatrice ou désir d’ouverture au centre, la réaction de Sébastien Pilard au micro de Boulevard Voltaire.

24 heures après la défaite historique des Républicains aux Européennes, un bureau politique s’est tenu au sein des Républicains. Parallèlement à cela Gérard Larcher annonce sa volonté de créer un rassemblement politique de la droite et du centre.
Où vous situez-vous ?

Je pense qu’on essaie d’opposer des initiatives, alors que je ne suis pas certain qu’il faille les opposer. Une initiative de Laurent Wauquiez souhaite organiser des États généraux de la droite pour discuter de tous les sujets. Chacun va pouvoir apporter sa position. Aujourd’hui, on ne sait plus pourquoi on vote LR. À force d’additionner des sensibilités contradictoires, cela rend notre message inaudible et notre action impossible. Une clarification s’impose à tous les étages.
La question fondamentale est : qu’est-ce que la droite ?
Avant l’avènement d’Emmanuel Macron, il suffisait pour être de droite de ne pas être socialiste. En revanche, avec En Marche, c’est beaucoup plus compliqué et cela nécessite beaucoup plus d’exigences. Cela signifie de refonder une ligne politique claire avec des personnes totalement en ligne avec cette colonne vertébrale.
Concernant l’initiative de Gérard Larcher, il le fait essentiellement en tant que président du Sénat. Je n’ai rien contre le fait de rassembler des élus locaux. D’autres l’ont fait avant. Pourquoi contester sa légitimité pour le faire ?
Pour ma part, la priorité est de reparler aux Français sur une ligne claire de conviction pour se rappeler ce que la droite peut apporter au débat politique.
S’autocentrer sur les élus ne suffira pas. Il ne faut pas que notre famille politique devienne une famille d’élus qui parle uniquement aux élus.

La liste Les Républicains menée par François-Xavier Bellamy incarne la France conservatrice, alors que cette liste est composée plutôt de gens issus du centre, libéraux et traditionnellement du côté d’Emmanuel Macron. L’ incohérence apparente de cette liste n’a-t-elle pas été la cause première de votre défaite ?

La cause première, je ne sais pas, mais certainement une des causes. En votant LR, les gens ne savent plus très bien pourquoi ils votent. Quel message envoie-t-on quand on vote LR ?
Ils votent à la fois pour le programme et pour les personnes.
L’ urgence aujourd’hui est de travailler sur la ligne politique. Concernant l’Europe, nous n’avons pas suffisamment été clairs et pas suffisamment audibles. Nous n’avons pas suffisamment fait entendre notre voix entre le Rassemblement national et En Marche.
Le fait de rassembler des sensibilités de personnes qui aux yeux du grand public apparaissent comme les sensibilités contradictoires a rendu notre message inaudible. Dans la perception des gens, cela rend l’action de la droite impossible lorsqu’elle arrive aux responsabilités.

Cette bipolarisation de la vie politique entre République En Marche et Rassemblement national n’est-elle pas l’occasion pour Les Républicains de choisir un camp ou un autre plutôt que de s’obstiner dans une 3e voie ?

Je pense qu’il n’y a aucune fatalité. On a besoin d’une voie conservatrice et libérale sur le plan économique. Elle nécessite des réformes et souhaite imposer à l’État une baisse de la dépense publique. Cette voie est importante pour la France. Un des gros problèmes des Républicains de la droite est de vouloir se définir par rapport aux autres.
Qu’est-ce être de droite ? Il faut refonder notre colonne vertébrale et redécouvrir ce que c’est que d’être de droite. Initialement, lorsqu’ Emmanuel Macron n’était pas là, être de droite était ne pas être socialiste. Aujourd’hui, on voit qu’avec Emmanuel Macron, cela ne suffit pas. Il faut être beaucoup plus exigeant sur notre ligne politique et sur la cohérence entre les équipes qui vont porter les convictions personnelles des personnes qui vont porter cette ligne politique et la ligne politique qui sera portée.

28 mai 2019

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