Le gouvernement s’apprête à enterrer définitivement l’ouverture à la proportionnelle pour les futures élections législatives. Une des conditions d’alliance entre Emmanuel Macron et François Bayrou…

Réaction de Sébastien Chenu au micro de Boulevard Voltaire. L’occasion d’évoquer avec lui un anniversaire, celui des dix ans d’accession de Marine Le Pen à la présidence du Front national deven, depuis, le Rassemblement national.

 

 

Le gouvernement est prêt à enterrer définitivement l’ouverture à la proportionnelle pour les prochaines élections législatives. C’était une des conditions de l’alliance entre François Bayrou et Emmanuel Macron. Finalement, cela ne se fera pas. Le Rassemblement national y était favorable. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

 

Si tout cela a été confirmé, ça montre plusieurs choses. D’abord, Emmanuel Macron ne tient pas ses promesses vis-à-vis des Français et vis-à-vis de ses partenaires. On parle de cette grande auberge espagnole qu’est En Marche dans laquelle il n’y a aucune capacité à s’entendre sur une ligne.

Emmanuel Macron est un président autoritaire qui dès qu’il le peut essaie de limiter la possibilité qu’auraient les Français à se faire représenter de leurs sensibilités politiques, comme ils pourraient d’ailleurs demain essayer de “sucrer” les élections régionales. On voit bien que ce président autoritaire et sans autorité essayera dès qu’il le pourra de limiter l’expression des Français.

 

 

 

Finalement, c’est toujours le même problème. Le Rassemblement national est arrivé au second tour des présidentielles et il n’a qu’une poignée de députés. Selon vous, il y a toujours ce problème de représentation nationale.

 

Ce problème de représentation nationale est manifeste. Une majorité de Français est favorable à la proportionnelle. La proportionnelle s’applique dans de très nombreux pays voire une immense majorité des démocraties. Cette revendication vient aussi des Gilets jaunes. On ne voit pas vraiment les obstacles de l’ensemble des partis politiques qui sont favorables, du parti communiste jusqu’au Rassemblement national en passant les Insoumis, les Verts, le MoDem et même une partie des Républicains. Aujourd’hui c’est plutôt une proposition qui fait consensus. Certes cela prend peut-être une semaine ou quinze jours de débat, mais au prix de pouvoir réformer et rendre notre démocratie parlementaire plus juste, plus équilibrée et finalement plus moderne puisque c’est un mot qu’Emmanuel Macron aime bien.

 

 

 

Marine Le Pen a fêté ses dix ans à la tête du RN devenu Rassemblement national. Vous avez rejoint ce parti il y 5 ou 6 ans. Selon vous, le Rassemblement national est-il aujourd’hui prêt à conquérir le pouvoir ?

 

Aujourd’hui, le Rassemblement national est le seul grand parti populaire français. C’est le seul parti qui rassemble des ouvriers, des employés, des commerçants, des gens venus de gauche et de droite et des cadres. Ce parti est ancré dans la société française telle qu’elle est. C’est le seul mouvement politique qui a encore un peu de vitalité militante. En Marche est un parti virtuel. Les autres sont des partis de cadres ou d’élus. Le Rassemblement national est un parti de militants. Sous la présidence de Marine Le Pen,  Il s’est transformé et modernisé, il a fait monter de nouveaux visages.

Il est loin le temps où on disait que Marine Le Pen était une femme seule. Aujourd’hui, on voit qui est autour d’elle. Ce parti a fait monter des jeunes. Il a attiré des gens de gauche et de droite et il est aujourd’hui en capacité à gouverner la France. Il est probablement bien plus expérimenté que l’équipe En Marche qui est arrivée au pouvoir.

 

19 janvier 2021

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