Scandale du voile, chez GRDF : « Beaucoup d’employeurs se demandent si le jeu en vaut la chandelle »
Le 5 mai, StreetPress révélait la mise en place de clauses de neutralité pour les employés des entreprises de gaz et d’électricité, ciblant principalement, selon le média, des femmes de confession musulmane enjointes d’abandonner le port du voile sur leur lieu de travail. Une information qui a suffi à faire crier au scandale les élus de La France insoumise comme Mathilde Panot, qui a dénoncé une « répression islamophobe » et « une chasse aux personnes musulmanes » devant être « sévèrement punie ».
Nouveau scandale islamophobe. GRDF convoque ses salariées pour leur enjoindre de venir sans voile.
J'adresse toute ma solidarité à Nadia Kabassine et aux salariées victimes d'intimidations et de répression islamophobe sur leur lieu de travail.
Cette chasse aux personnes… https://t.co/6iKhlJfXbO
— Mathilde Panot (@MathildePanot) May 6, 2026
Une contestation syndicale organisée
À la tête de cette « résistance » au principe de neutralité imposé par le groupe GRDF, Nadia Kabassine, une cégétiste employée du groupe depuis 2011. La « loi séparatisme » du 24 août 2021, qui permet d’étendre le principe de laïcité appliqué aux fonctionnaires aux salariés des organismes chargés d’une mission de service public, n’avait pas empêché la conseillère clientèle d’arborer un turban depuis 2016, avant que sa hiérarchie ne lui rappelle le règlement intérieur, en septembre dernier.
Comme elle, des dizaines d’autres femmes seraient visées depuis plusieurs mois par des avertissements et des menaces de licenciement en raison du port du voile, a indiqué le média.
Ces décisions ont conduit les syndicalistes de la Fédération nationale des mines et de l’énergie à orchestrer une véritable campagne contre la société, dénonçant des attaques contre « des femmes non pas pour ce qu’elles ont fait mais pour ce qu’elles sont ». De son côté, le groupe assure ne « cibler aucune conviction en particulier » et faire appliquer un principe de neutralité inscrit dans son règlement depuis 2017.
Une jurisprudence encore mouvante
Une mobilisation qui n’a rien d’étonnant pour Lara Fatimi, avocate spécialisée sur ces questions. « Certaines organisations accompagnent juridiquement ces affaires et encouragent les salariés à faire valoir leurs droits de manière offensive devant les tribunaux », explique celle qui accompagne régulièrement des entreprises confrontées à des entorses au règlement intérieur.
Le problème, estime-t-elle, c’est que « la jurisprudence n’est pas totalement stabilisée sur ces questions ». Si, en droit français comme en droit européen, « l’expression de la religion, notamment par des vêtements, peut être encadrée », il revient néanmoins à la Justice d’apprécier les raisons et le cadre pour et dans lesquels cette neutralité est imposée afin qu’elle ne soit pas discriminatoire.
Ainsi, lorsqu’elle ne relève ni d’obligations liées à l’hygiène, à la sécurité ou au contact avec le public, « il reste difficile, pour un employeur, d’imposer une neutralité vestimentaire stricte », explique l’avocate.
Le poids croissant des revendications religieuses
Mais cela n’est pas impossible, même devant une Cour européenne des droits de l’homme où la liberté religieuse est régulièrement invoquée comme une liberté fondamentale devant primer sur d’autres intérêts. Car même en l’absence d’impératifs de sécurité ou d’hygiène, une entreprise peut invoquer des raisons liées à son bon fonctionnement ou à des difficultés internes pour justifier une politique de neutralité, comme l’avait tranché un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, en 2021, sur la question du voile.
De fait, « certaines entreprises commencent à réglementer ces sujets parce qu’elles estiment que ces revendications deviennent de plus en plus nombreuses et offensives », observe encore Lara Fatimi. Salles de prière, aménagements particuliers, revendications communautaires : beaucoup d’employeurs constatent que d’autres demandes suivent souvent celle du port du voile, jusqu’à prendre une place considérable dans la vie de l’entreprise.
Le rapport 2024 sur le fait religieux en entreprise publié par l’Institut Montaigne montrait déjà la surreprésentation de la religion musulmane dans ces situations, cette dernière étant « impliquée dans plus de huit situations sur dix ». Le port de signes religieux constituait alors le principal « fait religieux » observé au travail, devant les demandes d’aménagement du temps de travail.
Des entreprises sous pression
Les pressions pesant sur les entreprises, qui redoutent ce type de contentieux en raison du risque réputationnel, des campagnes sur les réseaux sociaux et des accusations d’islamophobie, ne sont cependant pas sans conséquences. « Beaucoup de dirigeants préfèrent parfois céder parce qu’ils se demandent si le jeu en vaut réellement la chandelle », poursuit Me Fatimi.
Pourtant, une mesure de neutralité appliquée à l’ensemble des signes religieux, politiques et philosophiques permet, justement, à l’employeur de se prémunir contre les accusations de discrimination. Mais dans le cas d’une entreprise qui laisse faire pendant plusieurs années avant d’appliquer soudainement son règlement, comme l’a fait ici GRDF, ce dernier « peut se fragiliser juridiquement », souligne l’avocate.
Dans le cas de ces entreprises de gaz et d’électricité, les salariés sont normalement soumis à une obligation de neutralité comparable à celle des agents publics, comme s’en est défendue, auprès de StreetPress, la société Enedis. « Alors, le débat juridique devrait être pratiquement réglé », juge Lara Fatimi, pour qui le sujet mériterait d’être « davantage travaillé et structuré juridiquement et académiquement ».
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76 commentaires
Ha ha, on y arrive.
Toutes les entreprises ont un code vestimentaire, je dis bien toutes. Je ne pense pas que le voile en fait parti et tout ça n’est que de l’islam politique. Stupide est celui qui penserai le contraire!
Entièrement d’accord.
L’enjeu est simple .Si on ne casse pas tout ce qui fait l’islamisme ,c’est lui qui nous cassera .Ses promoteurs sont venus en Europe pour çà.
C’est ce qui est en train de se passer.
Personne ne dit mot du combat que livrent ceux qui souhaitent porter un entonnoir sur la tête au travail, comportement qui relève pourtant de la plus élémentaire liberté de conscience, particulièrement pour ceux qui se voient contraints de travailler dans des bureaux transformés en souk de Marrakech.
pour moi, boycott d’orange qui a une voilée dans son agence recevant du public, demi tour immédiat et pas honoré RDV
Entièrement d’accord.
C’est simple pour les recruteurs, en cas de supposition qu’un individu de ce type postule chez vous,vous êtes en droit de ne pas le recruter sans forcément être contraint de lui donner une explication, car je sais qu’il est interdit de « discriminer » mais lorsque vous faites n’importe quel choix dans la vie, vous éliminez automatiquement celui qui ne vous convient pas. Donc,vous pouvez décliner la candidature de quelqu’un sans autre forme de procès et les vaches seront bien gardées et vous vous éviterez bien des ennuis. J’en connais des employeurs échaudés à cause de ces problèmes et qui après ça ont pris des résolutions radicales en ce sens en évitant désormais certains recrutements. Et ils ont bien raison.
Il est évident que si les entrepreneurs ne se sentent pas soutenus par le pouvoir politique, le port du voile ne peut que s’étendre. Imaginez des catholiques portant autour du cou un gros chapelet. Pourquoi pas ?
La laîcité en souffrance, un vide spirituel par nature, ne peut qu’être comblée par les religions qui la cernent.
La laïcité a été inventée pour détruire la religion catholique.
Les règlements intérieurs de nombreuses entreprises règlement les tenues vestimentaires des salariés. Au nom de quoi ces règlements ne devraient pas s’appliquer aux musulmanes et ce, d’autant plus, que nous sommes dans un pays de civilisation judeo chrétienne ? Lorsque l’on voit qu’on offre des repas halal dans les hôpitaux, prisons, cantines scolaires, etc ; que l’on demande des aménagements de cours lors du ramadan, etc, on s’etonne que LFI ne s’offusquer jamais de ces discriminations religieuses toujours en faveur des mêmes.
Ce n’est pas le voile le problème , c’est l’islamisme qu’il affiche .
Il faut interdire le voile dans toutes les entreprises, et surtout celles qui reçoivent du public. Personnellement, je boycotte certains magasins tels qu’IKEA, Action … car les employées sont voilées. Je refuse également d’aller dans des restaurants, même asiatiques, qui proposent du Hallal. Nous sommes en France, et en France, comportes toi comme en France. Ce n’est pas à nous de nous soumettre à d’autres moeurs.
Je suis contre le port du voile , etant en France on respecte les valeurs de la république , les personnes qui ne sont pas d ‘accord avec cela retourne dans leurs pays d ‘origine
IDEM !
Elles sont bien frileuses ces entreprises qui cèdent aux injonctions gauchistes pro-islamistes !
On croule sous les lois, les unes plus contradictoires que les autres ! Qu’on interdise purement et simplement le voile dans notre cité ! Paraît que nous sommes un pays laïque ! Laïcité qui s’applique aux chrétiens, aux juifs mais pas aux musulmans ? !
2027, je vais voter pour Rémi Gration.
Il est temps que les entreprises publiques, les services publics..du cantonnier à l’assistant parlementaire en passant le « médecin » algérien cessent de recruter du personnel musulman !!!!!
on a enleve les crucifies des classes des ecoles pour pour la laïcité le voile est religieux et n a pas sa place sur les lieux de travail