« Après avoir vu ça, je n’ai plus aucun espoir pour l’humanité. » La désespérance de ce message émane d’une internaute atterrée par les longues files de voitures à proximité des McDo Drive tout juste ré-ouverts. Jusqu’à 3 heures d’attente. 400 mètres de véhicules à la queue leu leu… Nous sommes en guerre. Le peuple a faim ! Faim de steaks hachés dégoulinant de sauces sucrées, de frites mayo, de Coca, de milk-shake. Plus d’un mois sans bouffe servie dans du polystyrène. Le Francilien n’en pouvait plus. Il y avait bien quelques produits de substitution, des sortes de cheeseburgers surgelés qu’on allait manger dans la voiture en se faisant des taches de gras, mais le cœur n’y était pas. 22 avril, les McDo ont enfin été libéré par les alliés. Pas une seconde à perdre. Mobilisation générale. On l’aura, notre surpoids ! On l’aura !

Passant aux abords de cette ruée vers le ketchup, des automobilistes filment le phénomène. N’en reviennent pas. Tous les masochistes de la région se sont peut-être donné rendez-vous ? Il y a un colloque, un congrès ? Des heures enfermés dans la bagnole pour un hamburger. Il y a anguille sous roche. Un autre attrait. Mais lequel ? Dans la presse mainstream, les professionnels du « je sais tout » ne comprennent pas non plus. S’adressent à des spécialistes. Des voyants…

L’un évoque, sur Huffingtonpost.fr, « la nostalgie du monde d’avant ou l’envie d’un retour à la normale ». Le désespoir de l’internaute s’explique soudain. L’insupportable aurait été donc classé normal. Depuis quand ? Par qui ? Le monde d’après, qu’ils disaient… Un échantillon est là. Le consommateur résigné a survécu à ses quatre semaines de confinement. Son addiction est intacte. Heureux comme au premier jour de faire le poireau pour ingurgiter un petit morceau de culture américaine. La France est le deuxième marché pour la multinationale du burger, après les . Un rang à tenir !

Pour un autre consulté, « il y a, de façon sous-jacente, une envie de liberté, une envie de vivre ensemble ». Selon toute vraisemblance, le spécialiste répond à une autre question. « Que pensez-vous des randonnées de groupes dans le désert du Nevada ? » Par exemple. Dans ce cas, la réponse colle.

Le troisième n’en sait pas davantage. « Après avoir vu ça, je n’ai plus aucun espoir pour l’humanité », écrivait l’internaute déprimée par ce spectacle. « On fabrique nous-mêmes ce qui nous arrive et c’est définitivement irréversible », ajoutait-elle.

Rien à ajouter.

23 avril 2020

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