Rome béatifie 80 nouveaux martyrs oubliés de la guerre d’Espagne
Près de 90 ans après la guerre civile espagnole, l’Église catholique continue d’honorer ceux qu’elle considère comme des victimes de la persécution religieuse qui ensanglanta l’Espagne entre 1936 et 1939. Ainsi, ce 22 mai 2026, le pape Léon XIV a autorisé la promulgation du décret du Dicastère pour les Causes des Saints reconnaissant le martyre de 80 catholiques espagnols assassinés pendant ce conflit, ouvrant ainsi la voie à leur prochaine béatification. Ces nouveaux bienheureux appartenaient alors, pour la plupart, au diocèse de Santander, dans le nord de l’Espagne. Parmi eux figurent 67 prêtres, 3 religieux carmes, 3 séminaristes et 7 laïcs. Certains furent jetés à la mer les mains et les pieds liés, d’autres, comme Francisco González de Córdova, exécutés sur le sinistre navire-prison Alfonso Pérez, d’autres, encore, brûlés vifs ou morts dans des camps improvisés.
Cette décision du pape Léon XIV intervient quelques semaines seulement après la reconnaissance, le 27 avril dernier, du martyre de 50 autres victimes de la guerre civile espagnole. Par ces actes, le Saint-Siège poursuit ainsi un long travail de mémoire destiné à rappeler l’ampleur des persécutions antichrétiennes commises par les républicains socialistes et communistes dans leur combat contre Franco.
La guerre civile et la haine antichrétienne
En effet, lorsque la guerre civile espagnole éclate le 17 juillet 1936 après le soulèvement d’une partie de l’armée contre la Seconde République espagnole, le pays se divise rapidement entre les nationalistes dirigés par le général Franco et les républicains, composés d’une coalition de socialistes, communistes, anarchistes et militants d’extrême gauche. L’URSS de Joseph Staline apporte alors un soutien militaire et politique au camp républicain, tandis que l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste soutiennent Franco. L’un des épisodes les plus célèbres de cette intervention étrangère demeure le bombardement de la ville de Guernica par l’aviation allemande en avril 1937, immortalisé par Pablo Picasso.
Cependant, dans de nombreuses régions contrôlées par les républicains, une violente vague anticléricale éclate dès l’été 1936. Des églises sont incendiées, des couvents détruits, des statues profanées et des prêtres exécutés sans procès. Les milices révolutionnaires considèrent alors l’Église comme une alliée des conservateurs, de la monarchie et des élites sociales. Selon les historiens, près de 7.000 membres du clergé furent tués durant la guerre.
Le combat de l'Église
La guerre civile espagnole fit environ 500.000 morts, sans compter ceux victimes des épidémies et de la famine, et fut marquée par des atrocités dans les deux camps. Les nationalistes franquistes pratiquèrent, eux aussi, une répression féroce contre leurs adversaires politiques, mais la violence antichrétienne des milices révolutionnaires, longtemps minimisée dans certains récits, demeure l’un des aspects les plus marquants du conflit. Certains tentèrent de présenter ces assassinats comme de simples règlements de comptes politiques, ce que le Vatican conteste fermement en reconnaissant ces religieux comme des martyrs morts « en haine de la foi ».
Depuis plusieurs décennies, l’Église catholique mène ainsi un important travail de mémoire afin de rendre hommage à ces victimes. Tout commence en 1987 lorsque le pape Jean-Paul II proclame bienheureuses trois carmélites de Guadalajara. L’une d’elles, la bienheureuse Thérèse de l’Enfant Jésus et de Saint Jean de la Croix, aurait refusé de crier « Vive le communisme ! », avant d’être fusillée en lançant « Vive le Christ Roi ! » Jean-Paul II poursuivit ensuite cette reconnaissance tout au long de son pontificat et, en 2001, il béatifia en une seule cérémonie 233 victimes espagnoles. Benoît XVI poursuivit cette œuvre, notamment en octobre 2007, en proclamant bienheureux 498 autres martyrs. Le pape François continua ensuite dans la même voie en reconnaissant à son tour des centaines de martyrs espagnols, rappelant qu’ils avaient été tués uniquement en raison de leur foi chrétienne.
À travers ces béatifications successives, l’Église ne cherche pas seulement à honorer des croyants assassinés, mais également à rappeler une réalité historique longtemps occultée face à une Espagne où, près d’un siècle après, certaines blessures de la guerre civile demeurent encore ouvertes.
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31 commentaires
Il ne faudrait tout de même pas oublier les enfants des mères républicaines qui leur ont été enlevés et élevés par des familles franquistes et tout cela sou l’œil bienveillant des catholiques. Et les nombreux charniers que l’on découvre un peu partout en Espagne. Le pape béatifie des prêtres, pourquoi ne béatifie pas l’enfant qui a vu mourir son père, une balle dans le dos? Une honte
Bernard37: « plusieurs millions de morts civils du franquisme »???
Dans une guerre qui a fait un total de 500.000 victimes?
Petite citation pour resituer les choses:
L’écrivain Jorge Semprún, qui passa sa vie à lutter contre le régime, affirme lors d’une interview réalisée en 1981 sur les écrivains en exil :
« La répression franquiste, qui a été très brutale, n’est pas comparable aux répressions staliniennes. Elle n’est pas comparable parce qu’elle n’a pas les mêmes moyens, parce qu’elle compte ses victimes par centaines ou milliers mais pas par millions. Je connais beaucoup de gens qui ont passé quinze ans dans une prison franquiste, ce qui est monstrueux ; mais une prison franquiste, comme celle de Burgos, comparée à un camp soviétique, c’est de la rigolade. Les détenus recevaient des paquets, ils avaient une vie politique. Pendant des heures entières ils se dispensaient des cours. Ils arrivaient à avoir des contacts avec l’extérieur et dans leur trou avaient des postes de radio. Les bonnes sœurs étaient aimables et faisaient passer des lettres. Ils avaient des visites non pas tous les six mois, mais deux fois par semaine. Je le rappelle afin de faire comprendre à un certain nombre d’intellectuels espagnols qu’ils ont, bien sûr, vécu la dictature et la répression, que tout cela était horrible, mais qu’ils ne sont pas pour autant le nombril du monde, et que les souffrances endurées par l’Espagne n’ont pas été les plus intolérables du xxe siècle. Il faut garder le sens des proportions. »
Ah ben oui, le sens des proportions interdit de démoniser tout ce qui n’est pas d’extrême-gauche, tout en oubliant de parler de la folie sanguinaire des « républicains » espagnols en 1936.
beber,
Lors d’une révolution, il y a des morts, cela n’étonnera personne. Combien y en eut-il en 1789?
Il s’agit de renverser un régime économico-politique au service d’une « classe sociale », dirait Marx, un renversement dans la violence au profit de la classe exploitée. En Espagne, le fascisme hitlérien a testé ses armes contre le Peuple et les révolutionnaires ont été trahis.
En France, la classe « populaire » majoritaire, le tiers état, a fait la Révolution qui a été récupéré par la bourgeoisie, laquelle ne supportait plus le poids des impôts et les contraintes imposées.
En Espagne, comme dans d’autre pays, les révolutions ne son pas toujours victorieuses et c’est l’armée qui prend le pouvoir… et le conserve 30 ans!
Autre exemple de Révolution, espérée en Iran et qui n’aura sans doute pas lieu, Trump se réjouissait ce matin d’une « très bonne nouvelle pour le monde ». Négociation avec des islamistes!
Cette fois il s’agit d’une dictature théocratique et mafieuse qui écrase son Peuple. Et sans aide extérieure, point de solution.
« La légende écrase l’Histoire et lui survit »!
« une coalition de socialistes, communistes, anarchistes et militants d’extrême gauche » serait ainsi accusée de persécutions religieuses? Impossible, car ils sont par nature dépositaires de la Vertu.
Enfin ils ne sont pas contre toutes les religions en France. Au contraire ils aiment beaucoup l’islam qui vote pour eux …. Mais à l’image des communistes espagnols détestent les catholiques dont ils se moquent copieusement car ils ne risquent rien.
Ben oui, c’est un sujet tabou :les staliniens avec un faux nez de républicains massacrérent, et souvent dans des conditions épouvantables des milliers de religieuses et religieux. Ils luttaient contre le fascisme, voyons…
Qu’en pense le frérot Sanchez ?
Il n’y a même pas encore un siècle, au coeur de l’Europe (entité géographique, je précise) dans un pays voisin de la France, dirigé actuellement par un premier ministre d’extrême gauche, dont les espagnols ne veulent plus !
Après « l’honorable correspondant » de la CIA Jean Paul II, un pape franquiste!
Il est vrai que déclarer « béats » une quarantaine d’adeptes de l’Opus Dei, c’est plus simple que d’honorer les morts du franquisme – on parle de plusieurs millions de morts civils du franquisme en 1936.
Il eut fallu ajouter plusieurs volumes papier au catalogue des saints .
Alors ? Protection des forêts ou choix délibéré d’afficher le retour à une dérive vichyste du Vatican?
Executer des personnes qui ont soutenu la pire des idéologies du XX eme siècle et qui auraient instituté un régime de goulags en Espagne s’ils avaient gagné cette guerre fut une oeuvre de salut public nécessaire et malheureusement inachevée . Les réfugiés républicains espagnols qui s’implantèrent en France furent une source de marxisation terrifiante de notre société et on en finit pas d’en subir les conséquences avec leur immondes rejetons comme Anne Hidalgo et laurent Nunez …
Pouvez-vous être plus clair ou est-ce trop vous demander?
Les Républicains espagnols ont cherché à se débarrasser de la royauté dictatoriale, et c’est une autre dictature, de pouvoir personnel celle-là, que franco a imposée.
« Socialists’, ils ,ne sont pas un danger pour les mondialistes. Pire, ils sont leurs alliés.
Les Républicains espagnols ne voulaient pas d’un socialisme façon URSS. Les réfugiés…et fils de réfugiés espagnol, qui avaient fui en France pour éviter la mort franquiste, on cherché à imposer le socialisme mitterrandien. Le plus connu d’entre-eux reste Valls, qui cherche encore sa patrie d’adoption, après une tentative avortée en Espagne dans les années post-macron pour lui.
Est-ce plus « clair’ ami JPG?
Des millions de morts civils du franquisme en 1936. Pourquoi pas des dizaines de millions…En 1936, la guerre civile vient de commencer…Donc ne pas délirer mais rester en rapport avec les livres sur le sujet. Un million de morts en 1939 du fait de la guerre, des exactions et des privations, c’est le chiffre incontesté. Ce qui n’a jamais été accepté par la gauchaille c’est bien la victoire de l’infâme Franco et son armée fasciste. 50 ans plus tard, toujours pas digéré, il faut profaner le tombeau de leur atroce Franco, lui refuser son emplacement dans la cathédrale de Madrid et le balancer dans un coin de cimetière…Pour un personnage qui a remit en place la royauté dont descend le roi actuel et la démocratie ,malheureusement actuellement dévoyée par trop de socialisme politique. Il semble que Sanchez ( son accueil à Valence, exfiltré par la police avec la population à ses trousses…)soit aussi détesté que Macron, l’espoir renait)
Reconnaître les crimes des communistes sans être obligé de dénoncer ceux d’en face, voilà un renouveau au Vatican, un vrai Pape comme le veut la tradition.
Socialistes, communistes, anarchistes et militants d’extrême gauche dont nous avons hérité à la fin de la guerre civile espagnole en France, à raison d’environ 500 000 (soit une année actuelle d’immigration, mais à l’époque on n’avait pas encore l’habitude). On trouvait ça super, puisqu’ on en était au Front Populaire.
Ce qui explique les récits hémiplégiques qui ne soulignaient que les exactions des méchants d’extrême droite et cachaient celles des gentils d’extrême gauche.
Massacrer des prêtres et des religieuses, quel courage remarquable ! Ils n’avaient d’ailleurs pas de leçon à nous donner puisque nous avions été capables de décapiter Marie-Antoinette et un bon nombre de prêtres pendant notre si remarquable révolution.
Bien
Le travail mémoriel doit soulever chaque pierre, que ce soit pour la guerre d’Espagne ou l’esclavage, pour que la vérité historique jaillisse. Ceci ne peut se faire qu’en ouvrant grand les yeux.
Vous avez malheureusement passé sous silence plusieurs faits majeurs sur le franquisme et ce que vous présentez comme leur alliance avec les nazis. Le bombardement de Guernica était une initiative des nazis prise sans l’accord de Franco, dans le but de valider la technique de bombardement en piqué des Stukas. Le dernier entretien entre Franco et Hitler s’est passé fort mal en fin 1940, vers Hendaye. Ils se haïssaient cordialement.
Vrai, Hitler ne supportait pas Franco, plus fin que lui, et qui a évité la guerre mondiale à l’Espagne, apporté l’aide américaine et l’amitié d’Eisenhower avec Franco. Franco n’était pas un saint, mais il a tenu tête à Hitler. Hitler qui préférait aller chez son dentiste plutôt qu’aller converser avec le Caudillo, selon ses propres termes historiques.
La gauche a toujours été contre la religion puisqu’il pratique le culte de la personnalité. Les nazis qui étaient socialistes persécutés les chrétiens et tous les résistants étaient chrétiens. Les résistants etaient aussi des amoureux de la France, de leurs valeurs, de sa culture et de son histoire. Jean Moulin, Aragon et tant d’autres, seraient à notre époque tous patriotes et se battaient contre l’invasion de notre pays. J’en suis sûre à 1000%!
Aragon !!! ?
Il ne s’agit pas de classer la gauche ou la droite dans le camp du bien ou du mal, mais de dénoncer les crimes atroces, quelle que soit la personne qui les commet.
D’ailleurs, le communisme, le fascisme et le nazismes sont 3 dictatures d’extrême gauche. Mais ce n’est pas l’objet ici.
Accessoirement, l’article montre que le Mal n’a pas de camps, il réside dans les extrêmes, de gauche ( tels le communisme, le fascisme et le nazisme) ou de droite (élitistes, tels la monarchie absolue, la théocratie ou le mondialisme). Et ces régimes se ressemblent souvent, car ils se retrouvent dans la dictature.
Les mollahs et leur théocratie seraient donc des gens de droite ?
J’en doute
Pourquoi vous citez l’urss de Staline , donc communiste, et l’Allemagne vous spécifier nazie et l’ Italie fasciste . Bizarre…
Parce que l’URSS communiste de cette époque était celle de Staline, le petit père des peuples ainsi que les communistes de tous pays le nommaient. L’important est de voir que communisme, nazisme et fascisme avaient un objectif commun et travaillaient main dans la main.
Qu’y a-t-il de bizarre ? A une époque, les 3 grandes dictatures européennes étaient l’URSS communiste, l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. Elles se sont reconnues dans le pacte germano-soviétique.