Editoriaux - Social - Société - 14 décembre 2019

Retraites : la vérité avant tout

Derrière la dénonciation de la réforme des retraites, on chicane la gestion épicière de la nation, sa bassesse, sa méticuleuse bêtise, sa philosophie de boutiquier.

Je ne vois pas qu’il y eût, à supposer qu’eût existé une manifestation de ce genre, autant de monde pour exiger l’indépendance du pays, pour accroître, par un engagement significatif, la puissance de la nation, pour réclamer que fussent ressuscités l’honneur et le passé de la France. Ce qui compte, c’est la sacro-sainte retraite. Un pays qui ne pense qu’à la retraite est un pays battu, foutu. Et les meneurs de la contestation sont souvent ceux qui honnissent notre gloire historique et notre identité, en soutenant les forces dissolvantes qui minent notre pays.

Soyons francs et honnêtes. Dans le régime que nous souhaitons, il est probable que l’État tolérerait à peine les trouble-fête, les contestataires professionnels qui mettent en avant les égoïsmes avant le salut commun. Les forces de l’ordre, pour autant que des ordres contestables les aient poussées à commettre certains dérapages contestables, font ce que tout pouvoir responsable exige des policiers et des armées, à savoir rétablir l’ordre. Il ne serait pas raisonnable de supposer autre chose que ce respect du devoir, par exemple que la police et la gendarmerie missent crosse en l’air, comme certains le rêvent. Toute société tient par la persuasion et la coercition, et si vous enlevez l’hypothèse tangible de la répression, vous avez la guerre civile, ce qui est bien pire que les grenades lacrymogènes et les tirs de LBD.

Notre nation connaît l’une des crises les plus profondes de son histoire, non seulement dans les domaines économique et politique, mais dans son identité. Encore une fois, nous ne sommes pas certains que cette nation si chargée d’heures illustres, puisse perdurer dans son être.

Doit-on donner raison aux quémandeurs et aux éternelles victimes ? Quand sera définitivement ancré dans le crâne du peuple que l’on a, finalement, que ce qu’on mérite (la baisse démographique, étant, par exemple, une des causes du déclin) ? Peut-être retrouvera-t-il vaillance et force d’âme, qui vaut davantage que l’accumulation des biens de consommation. Le devoir, vital, de la résurrection, passe par un langage de vérité.

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