Alexandre Langlois : « Le préfet de police a transformé tous les manifestants en délinquants »

Ce week-end, a eu lieu l’acte LIII des gilets jaunes avec, notamment, des violences place d’Italie, à Paris. Réaction, au micro de Boulevard Voltaire, d’Alexandre Langlois, qui estime que cette manifestation a été très mal gérée par le préfet de police dont il demande, avec son syndicat, la démission.


L’acte 53 des a été marqué par des violences. On a notamment l’image de la place d’Italie ravagée. Selon vous, comment les forces de l’ordre ont-elles géré l’événement?

La manifestation a été gérée de façon catastrophique. La manifestation a été annulée par le préfet de police, alors qu’elle avait déjà commencé. Le préfet de police soit par incompétence, par facilité ou par volonté de répression a transformé tous les manifestants en délinquants. Il l’a fait puisqu’il n’arrivait pas à rétablir l’ordre. Normalement, en France, la liberté de manifester est garantie par la constitution. C’est donc un double échec.


Des militants anti-fa ont été accueillis par les services de CRS et des grenades ont été jetées en plein visage des Gilets jaunes simplement en train de discuter.
Comment expliquer ces excès dans l’usage de la force de la part des forces de l’ordre ?

Malheureusement, ces comportements les plus déviants sont encouragés. Je rappelle que le préfet de police avait menti à Bordeaux, pour couvrir des agents qui avaient tiré dans le dos à deux reprises sur un pompier volontaire avec une grenade lacrymogène. Une fois que l’on sait cela, on n’est pas étonné du comportement de certains collègues sur Paris. Malheureusement, c’est une fois de plus une minorité qui met en difficulté tous nos autres collègues sur le terrain, en donnant une mauvaise image de notre travail. On peut s’y attendre à Paris, car nous sommes dirigés par quelqu’un qui ne devrait pas être là.

Le préfet de police s’est adressé à une gilet jaune en lui disant qu’ils n’étaient pas dans le même camp. Cette remarque est assez particulière, quand on sait que le préfet est le représentant de l’État et donc des citoyens.

C’est complètement déplacé. Le préfet de police est soumis au code de déontologie de la police nationale. Il a, comme tout fonctionnaire, un devoir de neutralité. A Vigi, nous reconnaissons deux camps, le camp des délinquants et des criminels, et celui du reste de la population. En revanche, nous ne combattons pas le délit d’opinion. Au contraire, nous sommes pour garantir toutes les opinions qui ne sont pas contraires au Code pénal. Malheureusement, le préfet a fait un écart. C’est pourquoi nous demandons sa démission. Son écart n’est pas compatible avec ses responsabilités.

Selon vous, le mouvement des Gilets jaunes va-t-il continuer ? Ou au contraire, cette gestion va-t-elle refroidir ceux qui voudraient continuer ?

Cela fait un an qu’ils essaient de refroidir tout le monde, en laissant faire les comportements les plus déviants et en laissant de côté nos collègues qui essaient de bien faire leur travail.
Par ailleurs, les comportements et les fautes professionnelles vont être accentués l’année prochaine puisque les heures supplémentaires sont moins payées que les heures normales. Cela n’incite pas le gouvernement à embaucher de nouveaux policiers. Le projet de loi de finances de 2020 prévoit la suppression de 2500 postes dans la police nationale. Monsieur Castaner a beau dire qu’il va recruter 10 000 policiers, pour le moment, il y a une baisse des effectifs et des financements. La conséquence sera l’augmentation de l’épuisement de mes collègues.


Emmanuel Macron a été très touché par le film Les Misérables. Ce film traite un certain ostracisme qui, d’après le réalisateur, frapperait les jeunes de banlieue. Il a déclaré qu’il voulait remettre en place un plan banlieue. Cela risquerait-il d’être mal interprété, dans la mesure où cela arrive au moment où les Gilets jaunes étaient réprimés ?

Monsieur Macron dit beaucoup de choses, mais ce n’est pas suivi d’effet. Monsieur Macron a dit qu’il était gilet jaune. Monsieur Macron a dit que sa première préoccupation était la sécurité. Monsieur Macron dit tout et son contraire. On souhaiterait des actes et non des paroles !

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