Editoriaux - Médias - Table - 30 décembre 2017

Reprendrez-vous un peu de réchauffé climatique ?

Trois possibilités : d’une, ils souffrent d’une obsession maladive de Donald Trump ; de deux, ils souffrent d’une obsession maladive du réchauffement climatique ; de trois (la plus probable), ils souffrent potentiellement des deux. Quoi qu’il en soit, ils sont gravement atteints : il aura suffi d’un tweet ironique sur les records de basse température actuels aux États-Unis pour que la médiasphère s’emballe.

J’en suis impressionné : en moins de 24 heures, une foultitude d’articles et d’interventions dans vos médias favoris se serons rués sur ce tweet. Rassurez-vous, le même emballement a lieu en ce moment outre-Atlantique, au point qu’un article de USA Today titre « It’s cold outside, but that doesn’t mean climate change isn’t real » pendant que France Info traduit “Non, ce n’est pas parce qu’il fait froid que le réchauffement climatique n’existe pas”. Science ou bêtise, bienvenue dans le mimétisme mondialisé.

En parallèle, au cours de la matinale de France Info (toujours), une candide journaliste pose à Valérie Masson-Delmotte (« climatologue » et vice-présidente du GIEC) une innocente question : “Alors, pourquoi Donald Trump a-t-il tort ?” Dans l’absolu, pas la peine d’aller plus loin. La journaliste sait qu’il a tort : c’est son travail depuis trente ans de faire taire les « complotistes climatosceptiques ». C’est pourquoi l’ironie des tweets meurt à petit feu sous la pression de ces moralistes : ils l’exploitent à leurs fins. Une occasion, pour eux, de matraquer leurs certitudes pseudo-scientifiques, qui tiennent à tellement peu de choses que la planète est en branle dès que quiconque émet des réserves, même pour plaisanter. Le dogme climatique est une chose sérieuse.

Avec les dernières années, plus chaudes (notamment en raison du phénomène El Niño), les prophètes de malheur pérorent : ils vous mentent depuis trente ans, mais voici qu’ils ont un peu raison. S’ensuit une longue litanie de toutes les misères que nous inflige la planète pour leur donner raison : les canicules, les ouragans, les incendies, les inondations, et même l’islamisme ou la neige tassée – tout est désormais lié au réchauffement climatique. Je félicite ceux qui les croient : il me serait impossible de vivre encore sous un tel terrorisme anxiogène. Et tandis qu’eux-mêmes exploitent, surexploitent et lessivent tous les phénomènes météorologiques, ils n’hésiteront pas à vous dire que “Météo et climat n’ont rien à voir. D’ailleurs, la Russie connaît un redoux très notable cette année.”. Schizophrénie climatique.

Car, avouons-le, vous avez pensé : « réchauffement climatique » signifie « activité de l’homme ». La faille même du raisonnement depuis trente ans, le cœur même de toute rigueur scientifique sur le sujet, vous ne la contestez plus. Et puisqu’il n’y a plus lieu de démontrer par la science que l’activité de l’homme réchauffe la planète (la communication s’en est chargée), tout l’enjeu consiste à se battre pour des variations annuelles de dixièmes de degré. Ils guettent les données de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) comme on guette l’électrocardiogramme d’un patient à l’agonie, espérant qu’il meure un peu plus pour se donner raison. Ils jouent sur les mots, sur les calculs, sur les phases analysées pour être sûrs d’entretenir votre anxiété collective. Les titres sont aussi précis que la réalité est maquillée. À ce jeu, les fragiles statistiques disent tout et son contraire sous la torture. Eux choisissent votre camp, et s’en contrefichent, jouissant largement de leur production annuelle de gaz carbonique (CO2).

Je ne suis pas scientifique, et vous aurez raison de mettre en doute mon article si vous faites de même quand vous écouterez Mme Masson-Delmotte. Pour ma part, il me suffit de respecter la nature, et d’en jouir avec responsabilité, sans la polluer. Cet enjeu me suffit largement. Pour le reste, je laisse le réchauffé climatique se refroidir.

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