Cher Georges Michel, je vous ai tant lu au fil des années dans Boulevard Voltaire et j’ai tant apprécié votre pertinence, que votre dernière chroniquem’a étonné et quelque peu peiné. Vous y critiquez à nouveau la Charte des Patriotes en ce qu’elle révèle un “silence assourdissant… sur les questions dites sociétales”.

Et vous citez interviewé sur RMC le 27 novembre : “On a passé, en 2013, un an sur le mariage pour tous. Dans un pays qui compte tant de pauvreté, d’inégalités, de défis écologiques, de chômage et qui connaît des attentats islamistes, ça ne peut pas être la priorité.” Vous ajoutez : “L’argument de la “priorisation” des problèmes est en fait une grosse ficelle pour évacuer ceux qui fâchent.”

Je suis de ceux qui pensent que les questions sociétales divisent plus qu’elles ne rassemblent. Je les crois de la sphère privée. Et je ne m’interroge plus pour savoir si Hollande était suffisamment machiavélique pour faire choir une partie de l’opinion dans ces sujets intimes… Je le crois trop inintelligent pour cela.

Permettez-moi plutôt de vous décrire une petite scène de chez moi, une ville moyenne très ordinaire. Les élèves d’un collège circulent en rang en ville. Ils sortent d’un établissement de centre-ville, pas d’un quartier hypocritement dit « sensible ». Mes trois enfants ont fréquenté ce collège. J’en connais la sociologie. Les choses ont bien changé depuis ce temps-là. La moitié des collégiens est manifestement d’origine subsaharienne. Ils marchent sur le trottoir. Mais ce qui m’interpelle, c’est l’absence totale de mixité. Tous les Noirs sont ensemble groupés en fin de cortège. Une sorte d’apartheid volontaire.

Ce comportement ne vous semble-t-il pas plus important pour l’avenir des populations vivant en France que la GPA, la PMA ou le « mariage » pour tous ?

Autre sujet de réflexion : que pensez-vous de l’attitude et des opinions de madame Danièle Obono, élue de la République, franco-gabonaise, dont l’amour du (généreux) pays d’adoption n’a pas l’air d’être débordant (je pèse mes mots, n’est-ce pas) ?
Les thèses de certains militants de La France insoumise ne sont-elles pas des poisons plus insidieux pour la France que le fait de ne pas lier, comme vous le reprochez à Florian Philippot, ultralibéralisme sociétal et ultralibéralisme économique.

Permettez-moi, mon colonel, une semaine après l’anniversaire d’Austerlitz, de rappeler que l’offensive doit s’accompagner d’une bonne étude de l’adversaire, du véritable adversaire.

9 décembre 2017

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