Régularisation des clandestins : quand Libé se fait l’avocat d’Emmanuel Macron

Capture d'écran X
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Ce mardi 12 septembre, Libération consacre sa une à la tribune signée d’une trentaine de parlementaires, allant du MoDem au PCF, tout en passant par cinquante nuances de rose et de vert. L’intitulé ? « Nous demandons des mesures urgentes et humanistes. » De quoi s’agit-il ? Tout simplement de régulariser la situation d’immigrés clandestins travaillant dans ces fameux « secteurs en tension » que sont les aides à la personne, le BTP, la restauration, entre autres activités socialement peu considérées.

Bref, il s’agit là de titulariser ces esclaves sous-payés, déjà tenus pour « armée de réserve du capitalisme », Karl Marx dixit ; constat qu’un certain Georges Marchais reprit à son compte, au siècle dernier. Mais il est vrai que dans le quotidien jadis fondé par Serge July, on lit plus souvent les rapports du MEDEF que Le Capital.

D’où cet éditorial, signé Paul Quinio, parfaitement révélateur de ce qu’est aujourd’hui devenue la gauche : un simple supplétif du grand patronat. La preuve par ces mots : « Qui Emmanuel Macron va-t-il écouter ? Ses amis patrons ou ses vrais-faux alliés Républicains ? » Mais ne sont-ce finalement pas les mêmes ? Qui s’inquiètent d’une immigration de masse, dommageable en termes civilisationnels, mais tellement utile pour continuer à faire tourner une machine à bout de souffle ?

La droite trahit la France, et la gauche le peuple…

Et le meilleur pour la fin : « Emmanuel Macron a le choix entre céder à la démagogie de la droite sur la question migratoire ou écouter ce pragmatisme qu’il revendique volontiers sur d’autres sujets. Que ce pragmatisme soit teinté d’humanisme ne gâchera évidemment rien. » Nous y voilà. En quelques phrases, Paul Quinio vient de tout résumer. La gauche trahit le peuple au nom du multiculturalisme et la droite fait de même de la France, prétextant de la bonne marche des affaires.

Derrière les bons sentiments peuvent souvent se nicher de vilaines pensées. Car il ne serait jamais venu à l’esprit de tout ce joli monde de chercher à comprendre pourquoi ces secteurs sont actuellement en « surchauffe ». Peut-être parce qu’ils sont mal payés, tout simplement. En son temps, Jacques Chirac, alors maire de Paris, avait décidé de mieux rétribuer le travail des éboueurs. Conséquence : les immigrés issus d’Afrique noire avaient laissé la place à d’autres Français, un peu plus de « souche ». Comme quoi, quand on veut, on peut.

Et toujours la stigmatisation des Français…

Mais il est à croire que ceux ayant favorisé par deux fois l’élection de l’actuel Président ne participent pas tout à fait de la même logique. Pour eux, le salaire de l’employé n’est jamais qu’une variable d’ajustement, quitte à oublier que sans employés, il n’y aurait peut-être pas d’employeurs. À ce discours de comptable s’en ajoute un autre : la perpétuelle stigmatisation du peuple français, donné comme « réfractaire » de tempérament et « assisté » par atavisme.

Il suffit de « traverser la rue pour trouver du travail », affirmait, naguère, le premier d’entre eux. Mais quel boulot ? Et à quel prix ? Et dans quelles conditions ? Mais il est vrai que le « bien-être au travail » concerne finalement plus les tenants de la start-up nation que les caissières de supermarché, les artisans et les petits commerçants, taillables et corvéables à merci. Et ne parlons même pas des auto-entrepreneurs, nouveau lumpenprolétariat, chauffeurs de VTC, livreurs de pizzas et de sushis, contraints pour vivre de travailler sans congés…

À ce titre, il est pour le moins révélateur que ce ballon d’essai, en matière migratoire, ait été lancé dans Libération, passé du maoïsme au macronisme de combat.

Quitte à se montrer taquin, ce quotidien ne serait-il pas en passe de devenir la Némésis d’un autre journal, celui du dimanche ? Le premier aura bientôt plus de journalistes que de lecteurs. Le second, ce serait un peu le contraire, sachant qu’après le psychodrame germanopratin ayant vu l’accession de son nouveau directeur – Geoffroy Lejeune, transfuge de Valeurs actuelles –, « les ventes du JDD ont augmenté de 22 % lors de sa première publication, avant de se consolider à 10 % de ventes supplémentaires », nous confie l’un de ses pontes, joint au téléphone.

Dans sa dernière livraison, Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture, y accordait même un entretien. Avec l’autorisation de son autorité de tutelle ? « Oui, nous confirme le JDD. Emmanuel Macron aime avoir toujours deux fers au feu. »

Mais à ce jeu, le risque de se brûler n’est pas mince. Car c’est, en même temps, quand voulant faire plaisir à tel ou tel, qu’on finit par se fâcher avec tout le monde.

Nicolas Gauthier
Nicolas Gauthier
Journaliste à BV, écrivain

Vos commentaires

44 commentaires

  1. La FRANCE c’est fait une spécialité d’exporter des BAC+7 et d’importer des BAC-7 ; voilà ou nous en sommes ! Quelle est la chance la dedans ? En plus « ils » nous amènent leurs cultures ,leurs moeurs avec son lot de violence !!! La FRANCE est occupée de se « tiersmondialiser » . La FRANCE est devenue un cloaque .

  2. Pas question de régulariser un seul clandestins il faut les prendre les renvoyer chez eux et de plus faire payer ceux qui les emploi

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