Editoriaux - Politique - 19 mars 2018

La région Île-de-France licencie sa directrice Europe : un cadeau en or à deux ans de la retraite !

Les municipales en 2020, la présidentielle en 2022… Pour les politiques, c’est demain matin, alors le mercato a déjà commencé. Il faut d’ores et déjà préparer les équipes, s’assurer des fidélités, se fabriquer des affidés… autrement dit placer les copains et, accessoirement, les coquins (il en faut toujours un ou deux). Tout cela a un prix. Et cékikipaye, à votre avis ?

C’est sans doute dans cette optique qu’il faut considérer le licenciement soudain, par la région Île-de-France, de Françoise Chotard, directrice d’Île-de-France Europe, autrement dit “LA” lobbyiste de la région à Bruxelles. Une dame bien installée, dont tous s’accordent à louer la compétence.

Pourquoi, alors, a-t-on décidé de se passer de ses précieux services ?

Bonne question que se pose Le Parisien. D’autant, rapporte le quotidien, que cette dame est tout juste à deux ans de la retraite. De surcroît, l’opération va coûter aux contribuables d’Île-de-France la coquette somme de 380.000 euros, budgétés vendredi dernier par la commission permanente de manière à couvrir “les frais induits” par le licenciement de cette dame. À savoir : 200.000 euros de prime de départ pour la consoler de ce mauvais coup du sort, 150.000 euros de charges sociales et 30.000 euros versés à Pôle emploi.

Alors, ça tousse dans les rangs de l’opposition, forcément, les élus de tous bords s’interrogeant sur la nécessité soudaine de se séparer de madame Chotard, femme appréciée qui voit une retraite heureuse se profiler dans un horizon proche. Réponse d’un proche de Valérie Pécresse, la présidente LR : “Elle peut faire valoir ses droits à la retraite dans plus de deux ans. Et puis sur une mandature de six ans, deux ans, c’est long.” Et puis, 200.000 euros, c’est toujours bon à prendre, hein. Surtout dans la poche du contribuable.

D’ailleurs, dit la personne bien informée des milieux bien informés : un poste de “conseiller spécial à salaire équivalent lui a été proposé, mais elle l’a décliné.”

Un autre, plus faux-cul, accuse les prédécesseurs : “C’est parce que Mme Chotard bénéficie d’une convention collective particulièrement avantageuse mise en œuvre par la précédente majorité” (le président PS Jean-Paul Huchon). Ce qui n’explique évidemment en rien pourquoi l’on juge utile de débourser 380.000 euros pour virer la patronne d’une association de cinq salariés dotée de 300.000 euros de budget annuel… À moins que, bien sûr, dans l’optique des élections à venir, on ne songe d’ores et déjà à préparer les équipes, s’assurer des fidélités, se fabriquer des affidés…

C’est l’hypothèse soutenue par Le Parisien, lequel rappelle que Valérie Pécresse annonçait déjà, en janvier dernier, “l’arrivée imminente d’Olivia de Lasteyrie” au poste de madame Chotard. Or, ladite Olivia, ancienne assistante parlementaire d’Alain Lamassoure, se trouve être la cousine germaine du conseiller régional Grégoire de Lasteyrie, actuel maire LR de Palaiseau, et ex-bras droit de NKM, et également la nièce de Louis Giscard d’Estaing (le fils de…), de l’UDI. Autant d’illustres parrainages qui pourraient assurer Valérie Pécresse de leur soutien dans ses rêves de présidentiable.

Après tout, c’est le contribuable qui finance la machine à rêver, alors pourquoi se gêner ?

Madame Chotard va donc empocher ses 200.000 euros et pointer à Pôle emploi en attendant l’heure prochaine de la retraite.

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