Référendum : la main tendue de Marion Maréchal

marion marechal

Gérald Darmanin est monté à la tribune du Sénat, lundi 6 novembre, pour présenter, devant une salle morose, un projet de loi sur l'immigration. On commence à connaître ce sujet, qui est une chance pour la France, mais on ne mesure peut-être pas à quel point on le connaît : ce projet est le 22e en trente ans à s'attaquer au sujet. Encore le mot « s'attaquer » n'est-il pas tout à fait à propos puisque, comme on le constate chaque jour, aucun de ces projets n'a eu le moindre effet sur l'immigration, qu'elle soit légale ou illégale. Bref, cela fait donc vingt-deux fois, depuis ce lundi, qu'on essaie de régler un problème dont on s'acharne à dire qu'il n'en est pas un.

Dans ce projet de loi, que Gérald Darmanin présente comme étant marqué par la fermeté et la simplicité, il y a tout le charme du macronisme : un petit tour de vis « et en même temps », dans le désormais célèbre article 3, des régularisations massives pour les « métiers en tension ». Déjà, des collectifs de « sans-papiers », c'est-à-dire d'immigrés clandestins, se constituent et manifestent. Ils ont tous les mêmes éléments de langage préfabriqués, consciencieusement répétés auprès des « assoces ». La gauche, à partir de l'aile gauche de Renaissance, fait de cet article une pierre angulaire. La droite, à partir de la droite de Renaissance, ne veut même pas en entendre parler. Demander son avis au peuple que l'on dit souverain, mais dont ces gens se moquent éperdument ? Macron a murmuré l'idée, mais se donne surtout du temps.

L'idée d'un référendum d'initiative populaire, le fameux RIP, serait le seul moyen d'endiguer cette nouvelle catastrophe légale. Marion Maréchal l'a bien compris : elle vient de proposer à LR, DLF et au RN de participer à une initiative transpartisane en vue de rassembler les 185 soutiens parlementaires et les 4,8 millions de signatures de citoyens. Aucun parti de droite n'est en mesure, à lui seul, de réussir ce tour de force et d'imposer ainsi à Emmanuel Macron et à ses affidés le plus élémentaire respect pour le peuple. On rappelle, en effet, que 62 % des Français veulent un référendum sur l'immigration et que, depuis 2005, date fatidique à laquelle le peuple a mal voté, on se garde bien de lui demander son avis.

Union des droites ?

Cette idée fera-t-elle son chemin ? Rien n'est moins sûr. La droite la plus bête du monde ne semble pas épargnée par la chute du QI moyen en France : Éric Ciotti, le Tartarin de Provence, qui avait lui-même demandé cette mesure, clame désormais que ce n'est pas possible. Debout la France est quantité négligeable. Reste à savoir ce que va faire le RN. On peut refuser l'union des droites mais pas le simple bon sens. Jordan Bardella le comprendra certainement.

L'heure tourne, la France est bientôt submergée. Est-ce encore le moment des querelles de partis ? On verra...

Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

56 commentaires

  1. Si ça fait 22 fois qu’on essaye de régler le problème sans y parvenir, c’est peut-être parce que c’est compliqué. Voir les piètres résultats de Meloni en Italie, qui pourtant les déclarait simples à résoudre lorsque elle était dans l’opposition. Mais la réalité a ceci de désagréable qu’elle ne se conforme pas toujours aux idées préconçues..

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