Redressement industriel de la France : il faut congédier le personnel politique aux commandes

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Notre pays a été incapable de fournir les masques, les moyens de détection et les respirateurs face à la pandémie, cependant que les infrastructures hospitalières, si elles ne se sont pas effondrées, n'ont tenu que grâce à l'abnégation du personnel de santé. Désormais, le sujet majeur est l’effondrement de notre industrie, reconnu par la plupart des observateurs objectifs. Ceci explique notre profond déficit commercial et la situation lamentable dans laquelle s’est trouvée la France dans la crise du coronavirus. C’est pourquoi il est essentiel de comprendre les vraies causes de cette situation, afin de dessiner les moyens de sortir de la profonde crise économique qui nous pend maintenant au nez.

Depuis plus de quarante ans, le nombre d’emplois dans l’industrie française est passé de 6,5 millions à 2,7 millions de salariés, cependant que la part de la valeur ajoutée industrielle dans notre produit intérieur brut est tombée de 24 % à 10,5 %. Une telle évolution est due à de multiples causes : l’affaiblissement de notre système productif et de l’Éducation nationale, l’illusion d’une société postindustrielle, le libre-échange illimité dans la mondialisation, la financiarisation de l’économie mondiale, le rôle crucial du taux de change réel, la faiblesse structurelle du capitalisme français.

Comment sortir de la situation actuelle ? Désormais, différents moyens doivent impérativement être mis en œuvre pour sortir de la très grave crise qui se profile aujourd’hui, après la pandémie du coronavirus. Ce sont, respectivement, la nécessité impérieuse de la souveraineté nationale, l’établissement d’une Europe des nations, une formation efficace de la population active, la mise en œuvre d’une ingénierie industrielle, une incitation massive à la modernisation des équipements, l’instauration d’un capitalisme populaire.

Conclusion : depuis plus de quatre décennies, la plupart des responsables politiques, englués dans une idéologie mondialiste et européiste, ont été incapables de maintenir la présence en France d’une industrie puissante, apte à faire face aux défis de l’avenir. En dépit d’une repentance tardive, l’actuel président de la République, Emmanuel Macron, inféodé à la finance, va très probablement continuer à se situer dans la même lignée. C’est pourquoi, lors de la prochaine élection présidentielle, il sera essentiel de congédier ce personnel discrédité.

Tribune collective signée par les économistes Christian Gomez, Gérard Lafay, Philippe Murer, Jacques Sapir, Henri Temple et Jean-Claude Werrebrouck.

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