Rixes mortelles entre bandes rivales, bataille rangée de centaines de contre les forces de l’ordre, meurtres gratuits, par des adolescents, pour un simple regard… l’actualité quotidienne, tel un mantra sanglant, fournit chaque jour son lot copieux de délinquance de plus en plus violente. Aucun recoin de ne semble épargné. La est, de facto, en tête des préoccupations des français. À l’heure où le parti LR se déchire sur fond de flou programmatique et d’alliances politiciennes avec LREM, il affronte en même temps la fuite prévisible d’une partie de ses électeurs… vers le RN. Valérie Pécresse et ont donc enfourché le cheval de bataille de la sécurité de leurs administrés. Les ont en effet dans leurs prérogatives celle de la sécurité dans les transports.

Dans une interview accordée au Figaro, Valérie Pécresse interpelle le gouvernement pour qu’il « prenne à bras-le-corps un sujet tabou : la question de l’intelligence artificielle et de la reconnaissance faciale » car, explique-t-elle, les milliers de caméras qu’elle a fait installer en Île-de-France ne sont pas suffisantes pour élucider crimes et délits. « Si on veut traiter les images, il faudra de l’intelligence artificielle pour repérer les comportements suspects. Aujourd’hui, 30 % des délits sont repérés par vidéo. » Une proposition qui a tout de la fausse bonne idée, mais qui est complètement dans l’air du temps. On a assisté, ces dix-huit derniers mois, à des restrictions inouïes de nos libertés sous prétexte d’assurer notre sécurité sanitaire, restrictions acceptées de manière fort troublante par une majorité des Français. Dans le même ordre d’idées, l’utilisation de cette technique de reconnaissance faciale, courante en Chine communiste, est une atteinte directe à nos libertés individuelles – liberté d’aller et venir, liberté de réunion et de manifestation.

Valérie Pécresse nous dit souhaiter « un débat national sur l’utilisation de la reconnaissance faciale à l’entrée des transports en commun, pour repérer les terroristes recherchés ». Le problème majeur est que si l’on accepte, même pour des motifs très louables – qui s’opposerait à une plus grande sécurité dans les transports en commun ? – une pratique aussi intrusive, il n’y a, pour un gouvernement malintentionné, qu’il soit local ou national, qu’un pas à franchir vers des abus dignes des meilleurs régimes totalitaires. Elle s’est, par ailleurs, prononcée pour un retour des drones, « un outil technologique extrêmement puissant, notamment pour prévenir les rixes entre bandes rivales ». Croit-elle réellement que les bandes ensauvagées, encapuchonnées et masquées qui sévissent jusque dans les quartiers les plus bourgeois de la capitale seraient effrayées par le bourdonnement d’un drone au-dessus de leurs têtes ? Soyons sérieux, ce n’est dissuasif que pour les Français respectueux des lois qui ont été maintenus pendant des mois dans la terreur du confinement, de ce que l’on avait, ou pas, « le droit de faire ». Il est surtout très étrange que le fond de la question sécuritaire, à savoir les liens entre délinquance et immigration massive, ne soit pas abordé : serait-ce parce que le parti dont elle est issue partage depuis des décennies avec la gauche la responsabilité d’une telle situation ?

De son côté, Laurent Wauquiez n’est pas, non plus, à court d’idées : la reconnaissance faciale a toutes ses faveurs. Il veut créer aussi « de nouvelles brigades régionales composées d’anciens policiers et gendarmes pour les déployer dans les lycées » ( Mag). L’objectif serait d’arriver à près de 2.000 interventions par an dans les lycées, par ces anciens membres des forces de l’ordre qui n’auraient plus que le statut d’agent de sécurité. On reste sans voix. Comment réussiraient-ils ce qu’ils n’ont pas pu faire lorsqu’ils étaient en activité ?

Cette logique « sécuritaire » des LR a tout de la poudre aux yeux ; la dérive liberticide qu’elle laisse entrevoir, elle, est bien réelle.

3 juin 2021

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