Armées - Economie - Editoriaux - International - 20 juin 2019

Quelles nouveautés, au Salon aéronautique du Bourget ?

Le grand salon biennal de l’aéronautique se tient, actuellement, sur le terrain du Bourget. Occasion de rendre publics et très médiatisés les grands contrats signés par des constructeurs concurrents – en particulier Boeing et Airbus –, résultats de longues, voire laborieuses négociations antérieures, parfois contrariées par les aléas techniques ou des accidents répétitifs et dramatiques.

Mais c’est surtout le temps des traditionnelles présentations aériennes époustouflantes qui enchantent le public et des expositions statiques pour les curieux, dénicheurs de nouveautés ou curiosités volantes…

Ainsi, la présentation en vol stupéfiante du Rafale démontre ses performances de manœuvrabilité et encore plus la maîtrise du pilote et sa résistance aux accélérations brutales et multidirectionnelles qu’il s’inflige !

Cependant, ces acrobaties serrées, pour convaincantes qu’elles soient, ne sont plus la qualité première requise désormais pour un avion de chasse. Car les duels aériens façon von Richthofen/Guynemer de la Grande Guerre ou des Mirage israéliens contre les MiG-21 des arabes durant celle des Six Jours sont révolus. Les affrontements entre chasseurs se font à distance avec des missiles intelligents, mais leurs menaces sont également et surtout positionnées au sol ou en mer…

À l’avenir, la composante aérienne d’une force de combat sera fortement intégrée dans un système complexe et connecté. Pour faire simple, le pilote aura moins la main sur le manche que sur les diverses commandes de son système d’armes. Il sera à l’écoute d’informations et recevra des ordres électroniques plutôt que ceux de contrôleurs au sol devant leur micro.

C’est ainsi que la vedette du salon, le SCAF – Système de combat aérien du futur –, que j’évoquais précédemment dans ces lignes après le premier accord signé entre la France et l’Allemagne, en février, répondra totalement à ces nouveaux concepts d’emploi.

Une maquette échelle 1 de ce futur maître des airs a été découverte officiellement par le Président Macron en présence des ministres de la Défense de l’Allemagne, l’Espagne et la France – tous les trois féminins, monde nouveau ! – , notre voisin ibérique ayant rejoint le cercle des coopérateurs du futur, où d’autres Européens sont attendus, pour autant qu’ils se libèrent de la pesante tutelle américaine procédant sous les frusques de l’OTAN.

Sa forme effilée très moderne, qui doit ravir les photographes, illustre la furtivité exceptionnelle face aux systèmes de détection les plus fouineurs. Mais ce qui n’apparaît pas à l’œil, c’est la complexité de l’ensemble dans lequel il sera en réalité le chef, constitué par un essaim de drones, garde rapprochée en même temps qu’échelon avancé des opérations.

Bucoliquement, cela évoque une reine faisant travailler ses ouvrières, celles qui butinent et qui piquent aussi…

Étant donné la date visée par la mise en service opérationnelle de ce NGF – en franglais Next Generation Fighter -, dix prochains salons du Bourget auront eu lieu, ainsi que quatre présidentielles françaises et autres échéances électorales chez nos voisins.

Espérons que de puissantes contre-mesures sont également prévues dans ce programme complexe pour parer aux aléas ou menaces politiques chez les coopérants concernés…

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