Editoriaux - Réflexions - Religion - Société - 2 novembre 2019

Que signifie l’engouement pour Halloween ?

Croisant des enfants déguisés en diables ou plus bêtement en êtres défigurés, je me suis posé la question de savoir s’ils savaient ce qu’ils faisaient. Il en fut de même en découvrant des photos « partagées » sur les réseaux sociaux par des adultes bien chrétiens. Cela me fit penser à cette phrase du Christ : « Ils ne savent pas ce qu’ils font. »

L’engouement collectif, en passe de devenir national, pour Halloween signifie-t-il une adhésion communautaire à la célébration des fantômes, des sorcières, des monstres ou des vampires ?

Que fêtaient tous ces enfants et ces adultes en mal de divertissement ?

Fêtaient-ils simplement la fête ? Avaient-ils saisi une occasion de se réjouir, de faire les imbéciles, dans ce monde de brutes qui ne nous propose plus que des occasions de nous inquiéter ?

Cette fête avait-elle un sens ?

Or, on fête quelque chose ou quelqu’un !

Dans son dernier livre Des vérités devenues folles, Rémi Brague développe la thèse de l’opposition entre barbarie et civilisation, la seconde étant le lieu culturel dans lequel la conversation est possible sous l’égide de la notion de continuité, sans rupture. À l’inverse la barbarie étant un refus de communiquer. C’est Edmond Burke qui affirma que la barbarie est un manque de continuité.

Revenons à Halloween. Cette frénésie de célébrer une fête en rupture avec l’univers chrétien des saints célébrés le 1er novembre, jour de la Toussaint, serait-elle barbare ?

La substitution à laquelle elle opère laisse à le penser…

À l’heure où nous nous émouvons des bouleversements culturels provoqués par l’immixtion, sur notre territoire national, d’identités fortes qui rompent avec la nôtre, ne manifestons-nous pas notre inconscience de l’importance de ce qui se joue pour notre civilisation, pour laquelle nos fêtes religieuses comme nationales ont un objet et une signification ?

Et le fait que, pour beaucoup, ils n’adhèrent pas au message subliminal des déguisements, tous plus laids et d’inspiration païenne les uns que les autres, n’est-il pas encore plus alarmant ?

Car si nous ne savons plus ce que nous fêtons c’est que nous avons oublié ce qui fait la continuité du lien qui nous unit.

Que ce soit de l’inconscience ou de l’adhésion, c’est bien de la barbarie au sens propre, à la condition bien sûr que les mots aient encore un sens. Sauf que la perte du sens des mots est le propre de la barbarie ou de la révolution.

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