Depuis plusieurs jours, déjà, fait la tournée des médias pour alerter sur une « possibilité d’épuisement silencieux des femmes ». Elle appuie ses propos sur une étude de l’institut Harris Interactive, et si on reprend l’étude en question, on remarque que la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes présente les résultats qui l’arrangent, avec des chiffres qui ne font qu’accentuer les tensions qui peuvent exister dans les foyers français. Son objectif ? La guerre des sexes. Ma réponse ? Ne parlez pas en mon nom. Elle met principalement en avant le fait que « 96 % des hommes se disent satisfaits de la répartition des tâches ménagères alors qu’elle génère des désaccords dans 1/3 des couples ». Je vous propose une petite révision des chiffres dévoilés par cette étude, avec un angle de vue bien différent de celui proposé par Mme Schiappa.

En premier lieu, j’aimerais noter un chiffre que Marlène Schiappa a certainement oublié de mettre en avant : 80 % des femmes se disent également satisfaites de la répartition des tâches ménagères dans leur foyer.

La répartition des tâches ménagères est effectivement un sujet de conflit pour 31 % des couples. Cependant, sur ces 31 %, la moitié affirment que ça a été une source de tension uniquement une fois. On passe donc de 31 % à seulement 16 % des couples pour qui c’est un sujet de tension récurrent pendant cette période de confinement.

Marlène Schiappa nous dit également que « 54 % des femmes consacrent plus de deux heures par jour aux tâches ménagères, contre seulement 35 % pour les hommes ». Présenté sous cet angle, effectivement, on peut penser à une réelle inégalité dans la répartition des tâches. Cependant, les chiffres peuvent aussi nous dire autre chose : l’ensemble des femmes consacrent, en moyenne,
2 h 34, chaque jour, aux tâches ménagères, quand les hommes y passent 2 h 10. Marlène Schiappa s’insurge donc que les femmes passent, en moyenne, 24 minutes de plus que les hommes dans les tâches ménagères. Oui, 24 minutes !

Autre remarque sur ce point précis du temps consacré aux tâches ménagères : les chiffres de cette étude nous montrent que la tendance des femmes à passer davantage de temps que les hommes dans les tâches ménagères est vraie aussi bien dans les couples que pour les personnes vivant seules. Les femmes seraient-elles forcées à consacrer plus de temps aux tâches ménagères que les hommes, alors qu’elles vivent seules ?

On voit bien, à travers ces quelques exemples, que l’analyse de Marlène Schiappa a ses limites. Elle peut continuer sa propagande de victimisation des femmes, il n’en demeure pas moins que la grande majorité des femmes est satisfaite de la répartition des tâches ménagères au sein de leur foyer.

En conclusion, je pense que cette étude nous apprend tout de même une chose : Madame la secrétaire d’État devrait limiter ses interventions au rôle qui lui a été attribué (si tant est que celui-ci pourrait avoir une quelconque utilité), à savoir assurer l’égalité entre les hommes et les femmes dans leurs droits, plutôt que de s’immiscer dans la vie privée des foyers français.

À lire aussi

Éliane Debailly : « On dirait que seule la gauche est autorisée à défendre la cause des femmes. Je refuse cette confiscation »

En France, et je pense que c’est le cas dans de nombreux pays européens, on dirait que seu…