Quand l’écologie politique empêche la prévention des feux de forêt

D’inspiration idéologique écologiste, le Code de l’environnement contredit les mesures préventives du Code forestier.
Photo de K : https://www.pexels.com
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La Macronie nous offre, là où le feu fait rage, le spectacle d’un défilé permanent qui fait concurrence au festival de Cannes. Yaël Braun-Pivet, Laurent Nuñez, Emmanuel Macron et quelques autres y ont fait leur petit pèlerinage ; au plus près des micros et caméras, bien évidemment.

Occultation et désinformation

Tout ce tintamarre serait juste un peu énervant si les questions que posent légitimement ces incendies ne faisaient pas l’objet de tentatives d’occultation ou de désinformation pure et simple. Qu’on ose s’interroger sur les budgets supprimés pour les achats de matériels et d’avions promis par Emmanuel Macron et le ministre de l’Intérieur crie au scandale.

Mais les meilleurs à ce petit jeu sont sans aucun doute les écologistes. Marine Tondelier considère ainsi qu’il y a « une responsabilité lourde de l’État dans l’impréparation et dans ce qui se passe aujourd’hui », attendant de ce dernier qu’il soit un « État-providence climatique » et, ainsi, le « garant de la protection des populations face aux risques climatiques ».

En clair, le message est le suivant : les grands incendies (qui ont pourtant toujours existé, et la Gironde n’y a pas échappé) ne s’expliquent que par le « dérèglement climatique » (alors que le climat est, par définition, tout sauf réglé), oubliant sans doute que 90 % des départs de feu sont d’origine humaine, que 70 % sont liés à une activité économique et que la première cause des incendies (30 %) est la malveillance, avant même la mise à feu accidentelle (25 %). Au sein même du gouvernement, l’écologiste et démissionnaire-puis-remissionnaire ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, déplore, « sur l'ensemble de la faune qui existe dans ces forêts, des pertes extrêmement importantes », en se gardant bien d’expliquer comment cette hécatombe aurait pu être, si ce n’est évitée, tout au moins limitée.

Ces discours de posture, ressassés sans fin par toute la tribu écologiste, oublient surtout qu’elle est la principale responsable d’une absence totale de prévention des incendies, et notamment dans les forêts de Gironde qui ont été ravagées cet été. Et si l’État est responsable d’une chose, c’est bien d’être sourd aux alertes des professionnels de la forêt et de s’adonner, ici comme sur tous les sujets, à son passe-temps préféré : la mise en place d’une réglementation paralysante, comme le rappelait Yves d’Amécourt, récemment, dans les colonnes de BV.

Les propriétaires et professionnels en lanceurs d’alerte

En Gironde comme dans de nombreuses autres régions, les professionnels et propriétaires forestiers (75 % de nos forêts sont des propriétés privées) s’accordent pourtant sur une série de mesures de prévention des incendies. Fransylva (Fédération des syndicats de forestiers privés de France) résume cette politique du bon sens en rappelant que pour « limiter les feux de forêt, il est indispensable de mener des travaux forestiers (retrait de l’excès de bois mort, ouverture de cloisonnement de routes forestières, coupes sanitaires et d’arbres en dépérissement) ». Mais, répondant aux propos de Monique Barbut, Fransylva précise que « pour protéger "l'habitat potentiel" d’une espèce protégée (notion qui comprend autant des raretés réelles que des animaux abondants), ces travaux sont interdits ! Résultat : les feux ravagent plus vite les forêts et, avec elles, la biodiversité qu’on espérait protéger par des normes… »

Un discours que relaie aussi Christophe Chantepy, expert en défense contre l’incendie à l’Office national des forêts, qui, dans Le Figaro, explique que pour « diminuer l’intensité des feux, il faut créer des zones tampon dans les forêts ».

Les mesures auxquelles il est fait référence sont elles-mêmes gravées dans le marbre du Code forestier. Pourtant, les pompiers et professionnels interrogés, pendant que les incendies girondins faisaient rage, déploraient qu’un débroussaillement insuffisant et l’absence de zones coupe-feu aient favorisé la progression et la montée en puissance des feux.

Une désobéissance généralisée serait-elle à l’origine de la catastrophe ? Ce serait négliger une absurdité réglementaire qui n’a rien d’un détail. Face au Code forestier, sous l’impulsion des écologistes, un Code de l’environnement s’est enrichi d’un arsenal réglementaire de contre-mesures qui paralyse finalement toute volonté de prévention des incendies.

Le Code de l’environnement paralyse la prévention

Quelques exemples : quand le Code forestier promeut le broyage de la végétation basse, le Code de l’environnement interdit de détruire ou même de perturber les animaux sauvages et d’altérer leur habitat. Quand le premier exige qu’un débroussaillement soit réalisé avant l’été et le démarrage des feux, le second recommande d'éviter les coupes et élagages au printemps pour ne pas perturber la reproduction de certains animaux. Quand le Code forestier exige un espacement des arbres (trois mètres, minimum, à la cime), leur élagage bas et l'élimination du bois mort (hautement combustible), le Code de l’environnement les encourage au contraire. Et quand le Code forestier précise que l'obligation légale de débroussaillement (OLD) s’applique de plein droit et dispense donc généralement le propriétaire d'une demande d'autorisation de coupe, le Code de l’environnement promeut une soumission à évaluation, voire autorisation préalable, une modification du milieu naturel, et notamment dans les zones protégées.

Or, les témoignages des pompiers et professionnels montrent, d’une part, que l’État, malgré les alertes, a volontairement laissé s’installer une réglementation paralysante et, de l’autre, que le Code de l’environnement est désormais clairement prioritaire sur le Code forestier. Les mégafeux ont donc de l’avenir.

Vos commentaires

83 commentaires

  1. l’État, malgré les alertes, a volontairement laissé s’installer une réglementation paralysante, et de l’autre que le Code de l’environnement est désormais clairement prioritaire sur le Code forestier…….. et voilà où nous en sommes ! nous avons à faire à des i n c o m p é t e n t s et des idéologues.
    Le « Bon sens paysans  » n’est pas écouté !

  2. Le gouvernement par les normes appliquées par les fonctionnaires. Vous êtes en UERSS, la loi sont les normes.

  3. Tout est dit dans ces contradictions des ministres, et les retenues d’eau dites BASSINES que les écolos ont empêchées ! !
    « limiter les feux de forêt, il est indispensable de mener des travaux forestiers (retrait de l’excès de bois mort, ouverture de cloisonnement de routes forestières, coupes sanitaires et d’arbres en dépérissement)
    Mais si vous ramassez du bois en forêt pour vous chauffer vous risquez une amende.
    « quand le Code forestier promeut le broyage de la végétation basse, le Code de l’environnement interdit de détruire ou même de perturber les animaux sauvages et d’altérer leur habitat. « 

  4. « Le Code de l’environnement interdit de détruire ou même de perturber les animaux sauvages, d’altérer leur habitat et de nuire à leur reproduction » : ben ouais, vaut mieux qu’ils crament !

  5. La mission d’un gouvernement n’est pas de suivre bêtement les oukases d’un parti politique quel qu’il soit et matière de parti politique les écologistes n’en sont qu’une caricature.

  6. Les pare feux ont toujours existé . Pourquoi cette forêt de pins n’en a pas été équipée ?
    Ensuite laisser les troupeaux de moutons y paître…ça aussi c’est utilisé par certains !!
    Le sous bois est l’habitat de la faune, mais bien géré tout est conciliable.
    Le tout est de le vouloir !!

  7. Un vrai écolo protège la forêt , un escrolo protège sa position politique qui lui permet de vivre confortablement .

  8. En 2022, des incendies géants ont ravagé l’Australie, détruisant des surfaces considérables et tuant des millions d’animaux. Il était vite apparu que la cause du désastre était l’interdiction de débroussailler instaurée par les écologistes ( alors au pouvoir me semble-t-il ). Je pensais que la leçon serait retenue. Naïve je suis.

  9. On ne les a surtout pas trop vu, à la différence de ces « salauds de pollueurs » agriculteurs ou « assassins » de chasseurs…manier la pompe à incendie…

  10. bandes de nuls ces écolos!
    ne pas débroussailler, c’est empêcher le renouveau de la forêt, les semis sont étouffés les arbres périssent.
    les affouages sont la solution et elle permet aux gens de se chauffer!
    que les gardes gèrent la forêt !
    dans le sud ce n’est pas le cas !

  11. Le code de l’environnement écolo vaut pour une forêt naturelle. Pas pour une « plantation » de pins !.

  12. A force d’agir dans la précipitation et l’urgence, on oublie de réfléchir. Quand je travaillais en usine, j’avais toutes les peines du monde à faire exécuter des travaux, au cours des arrêts techniques d’été, pour prévenir les risques de gel de certains réseaux…
    Prévenir les incendies quand tout va bien sur le plan météo est du domaine de Cassandre!

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