Editoriaux - Polémiques - Politique - 24 janvier 2020

Psychodrames et trahisons en série chez les LREM…

À La République en marche, c’est un peu comme dans un moulin : entre ceux qui entrent et ceux qui sortent, il y a aussi ceux qui veulent y rester envers et contre tous. Au nom d’une investiture ou d’un soutien aux municipales de la majorité présidentielle, ils s’accrochent, renient leurs convictions d’hier et se roulent aux pieds de leurs bienfaiteurs.

Côté claquage de portes, c’est plutôt sur les bancs de l’Assemblée nationale que ça se passe : à ce jour, plus d’une douzaine de départs. Avec une belle moyenne d’un député tous les deux mois et demi. Ces semaines de janvier ont été plutôt chargées : avec la fuite d’Annie Chapelier, député du Gard, dernière en date, et, la semaine précédente, Valérie Petit, son parti lui ayant refusé l’investiture pour les élections municipales à Lille. Curieux parce que, point de vue « parcours professionnel », c’était zéro faute : tendance « gay-friendly ». Il y a un an, c’est elle qui plaidait la cause des familles homoparentales et proposait de supprimer la mention « père » et « mère » des bulletins scolaires… Mais apparemment, ça n’a pas suffi.

Dans le registre de ceux qui comptent bien garder le soutien et s’incruster : Aurélie Taquillain, élue municipale à Courbevoie, ancien membre des Républicains, Hanna Sebbah, ancienne colistière de Nathalie Kosciusko-Morizet, Yvan Lachaud (candidat à Nîmes) et une poignée de maires tendance LR : Patrick Ollier, à Rueil-Malmaison, Caroline Cayeux, à Beauvais, ou encore Jean-Luc Mouden, à Toulouse. Tous compagnons d’infortune, tous coupables. Épinglés par un groupe d’activistes pro-LGBT qui s’est donné une mission, via le compte Twitter « Un LMPT dans ta ville », de débusquer les candidats non conformes « aux 10 engagements éthiques de l’élu local progressiste ». Un pacte pondu par LREM. C’est vrai que chacun des mis en accusation a, dans la passé, eu, à un moment donné de sa vie, un comportement douteux, voire carrément favorable au mouvement anti-mariage gay.

Débute alors la grande cérémonie de la repentance : Hannah Sebah confondue pour avoir signé une tribune anti-PMA, multiplie les excuses et poste, sur Facebook, la photo de la célébration d’un mariage homosexuel « qu’elle a eu le bonheur de célébrer ». Au cas où, elle en rajoute et se met en scène sur les réseaux sociaux avec un pin’s aux couleurs LGBT le soir de la Gay Pride de Paris.

Pour sa défense, Aurélie Taquillain, poursuivie pour avoir foulé le pavé avec les anti-mariage gay en 2014, fait une confession publique : « Je veux vous rassurer : 1) je suis issue de la tendance Juppé de la droite française, 2) je soutiens pleinement le projet de loi du gouvernement sur la généralisation de la PMA pour les femmes. »

Le prix de la rapidité de réaction devrait être attribué à Yann Lachaut : tout fraîchement dénoncé par ses petits copains pour avoir participé, lui aussi, à une manif, il dégaine en quelques heures et reconnaît s’être égaré dans des chemins de perdition alors que, « de toute évidence, le mariage gay a contribué à plus d’égalité dans la société ».

Marlène Schiappa, souveraine et magnanime, vole au secours de l’enfant prodigue Hanna Sebah. Elle aurait « plutôt tendance à se réjouir quand quelqu’un écoute, rencontre, apprend et finalement évolue ». Même son de cloche chez Marie Guévenoux, vice-présidente de la commission d’investiture, coupable quelque part, tout de même, d’avoir distribué soutiens et investitures sans discernement. Devant ce flot de preuves de repentances, elle s’incline : « Ces candidats ont très largement évolué sur ces questions et ils sont suffisamment clairs dans leurs engagements actuels. »

Même le corps préfectoral, cette semaine, a eu droit à son pénitent : Claude d’Harcourt coupable, lors de sa cérémonie de vœux, d’avoir fait part de son inquiétude sur « le projet de loi bioéthique qui porte une rupture anthropologique majeure ». Convoqué par le ministre de l’Intérieur, il a rapidement reconnu avoir utilisé une « expression inadéquate » et fait ses excuses publiques. Va et ne pèche plus…

D’autres ont eu la finesse de faire profil bas et mis leurs convictions dans leur poche pour rentrer au gouvernement et s’y maintenir : Gérald Darmanin ou encore Bruno Le Maire.

Reste à savoir quelle sera l’attitude des électeurs pour ces judas de La République en marche. Cocus, certes, mais… contents ?

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