Propagande de SOS Méditerranée dans un lycée : certains élèves tiennent bon !

La semaine dernière, au lycée Dupuy-de-Lôme, à Lorient, fut donnée une conférence qui n’a pas manqué de faire réagir. Pendant 1 h 45, trois membres de l’association SOS Méditerranée sont intervenus dans l’amphithéâtre du lycée où les élèves étaient sommés d’être présents car le colloque s’inscrivait dans le cadre d’un cours obligatoire d’éducation morale et civique.

L’un des lycéens (que nous avons interrogé) affirme que, deux jours avant, un des professeurs leur aurait demandé de « ne pas poser de questions gênantes ». Il était donc formellement interdit de remettre en question le fond de l’action de l’association.

Le jour de la conférence, après le visionnage de films à la gloire des membres de l’association, « sauveurs de migrants », les diapositives se sont succédé, pour certaines écrites en langage inclusif. L’un des lycéens rapporte : « Ce qui m’a dérangé, c’était l’impossibilité, pour nous, de remettre en question l’action de SOS Méditerranée. J’ai vraiment eu l’impression qu’il s’agissait d’une propagande pro-migrant à laquelle on était obligé d’adhérer. Sur les trois intervenants, l’homme avait un discours beaucoup plus politique, surtout lorsque l’un d’entre nous a osé demander pourquoi le bateau ne ramenait pas les naufragés au Maroc, par exemple. Il nous a répondu sèchement "parce que c’est la loi". »

Plusieurs photos de diapositives furent prises afin de dénoncer la conférence. L’association la Cocarde étudiante a également publié un tweet : « Hier, au Lycée Dupuy-de-Lôme, à Lorient, une heure de cours de géopolitique remplacée par une intervention obligatoire de @SOSMedFrance pour faire de la propagande pro-immigration ! Et le tout en écriture inclusive ! »

Visiblement furieux, le proviseur du lycée a adressé, dès le 6 février, un courriel aux élèves et parents d’élèves, pour riposter :

« […] je tiens à vous informer qu’un dépôt de plainte a été fait ce jour auprès du commissariat de police de Lorient. […] Enfin, l’ensemble des professeurs et des équipes éducatives du lycée rappelle son engagement quant à la défense des valeurs morales et humaines, au nom des principes de la République. » Et d'ajouter : « Si le dialogue et le débat ont toute leur place au sein de notre établissement, la fermeté sera de mise lorsque nos principes et valeurs seront remis en cause. »

Selon ce proviseur, le débat et le dialogue ne sont possibles qu'à condition d'avoir les mêmes valeurs et les mêmes principes que lui… Certains sympathisants de la Cocarde étudiante s’estiment intimidés par le positionnement du proviseur.

Le proviseur argue du fait que l’association est agréée par l’Éducation nationale. Mais cet agrément n’autorise pas tout. Si cette association permet le secours d’immigrés clandestins, elle défend également l’idée que les seuls ports pouvant les accueillir se trouvent en Europe (ce que nous a bien confirmé un lycéen présent). C’est ici que le message d’abord profondément humanitaire devient, alors, inévitablement politique.

SOS Méditerranée peut intervenir dans les écoles afin de sensibiliser sur les phénomènes migratoires et expliciter l’obligation de porter assistance à toute personne en danger. Mais quand elle affirme que la seule solution est de faire débarquer les naufragés sur le territoire européen, un problème se pose. Ainsi, sous couvert du bien-fondé moral de son action, l’association contribue nécessairement à promouvoir une politique immigrationniste.

De surcroît, alors que l’intervention doit être limitée à la « sensibilisation », SOS Méditerranée, lors de cette conférence, semble être allée au-delà de la sensibilisation. En effet, la photo prise par l’un de lycéens est particulièrement éloquente à ce sujet. On peut lire sur une diapositive « Comment rejoindre les permanents à terre ? » Or, un lycée n’a pas à faciliter le recrutement de lycéens par des associations quelle qu’elles soient.

Enfin, sur la question de la menace judiciaire, il ne faut pas oublier que le délit de diffamation n’a pas vocation à appréhender des expressions subjectives. Le libre débat doit demeurer. D’autant que l’ambition majeure du système éducatif français est aujourd’hui de permettre « la construction progressive d’un esprit éclairé, autonome et critique ». À ce titre, le lycée Dupuy-de-Lôme à Lorient devrait donc être plutôt fier de certains de ses étudiants !

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 10/02/2023 à 8:34.
Me Alain Belot
Me Alain Belot
Avocat au barreau de Paris, chroniqueur à BV

Vos commentaires

56 commentaires

  1. Que les partisans lambdas de l’invasion subversive » de la « Douce France » essayent d’armer et d’avitailler un seul des navires de S.O.S. Méditerranée.
    Ou encore de financer ne serait-ce que le 10ème du coût total des embarcations, gilets de sauvetage, personnels d’assistance, Etc. actuellement employés au développent de l’immigration depuis les rivages sud de la méditerranée jusqu’à l’Angleterre et la Scandinavie!
    Ils prendront alors conscience de l’importance du flot financier indispensable pour mener à bien une opération internationale subversive de cette envergure !
    Cela alimentera peut-être leur curiosité ainsi que le désir de savoir qui paye qui, quoi, comment et pourquoi !
    Toutes questions qui ne semblent pas intéresser notre gouvernement français !

  2. C’est une honte, bravo aux étudiants qui ont osé se faire entendre et simplement poser la question qui fâche ! quel endoctrinement, et tout ca au sein de écoles !! et ce qui est pire, sans avoir le droit de s’exprimer.
    Ces associations dites humanitaires qui sont des gouffres pour notre argent public et privé !!! n’ont que la façade d’humanitaire ! Nous n’avons pas à accueillir toute la misère du monde ! nous avons nos pauvres et miséreux cachés, JEUNES et vieux ! aidons les personnes à vivre dans leur pays , mais là encore nous serons jugés comme interventionnistes, ou pire !… ce qui ne gêne personne pour l’aide au conflit ukrainien ??!! France réveille toi !

  3. Quand « on » nous dit que le débat est libre sauf lorsque « nos principes et nos valeurs » sont remis en cause, il faut exiger une précision : « les principes et les valeurs » de QUI ? ou définis par QUI ? Je pense que dans la réponse on va trouver à boire et à manger.

  4. L’école est un endroit neutre qui n’a pas à faire rentrer la politique, la religion ni aucune propagande d’aucune sorte.
    Honte à ce chef d’établissement.

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