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Editoriaux - Justice - Technologie - Tribune - 11 avril 2020

Pourquoi ne pas pister électroniquement les délinquants ?

Un des enseignements de la crise sanitaire est que la technologie permettant de pister la population existe et fonctionne parfaitement. Elle peut s’appuyer sur le téléphone portable des habitants surveillés ou sur un objet électronique plus spécifique.

Pourquoi, alors, ne pas pister systématiquement ceux qui ont été pénalement condamnés par un tribunal ainsi que les fichés S ? Si cette mesure de bon sens était adoptée, le nombre de délits en récidive s’effondrerait car la police saurait à tout moment où se trouvaient les délinquants lorsqu’un délit a été commis. Comment cambrioler une maison, si votre téléphone ou un dispositif électronique vous dénonce immanquablement ? La mesure, outre son efficacité, générerait des économies substantielles, car la prison (qui coûte cher) se révélerait moins nécessaire. On pourra systématiquement proposer le sursis pour un premier délit même grave, en assortissant de l’obligation de porter un « mouchard » électronique pour une durée bien plus longue que la peine de prison qu’on encourt actuellement (par exemple, 5 ans pour un vol, à vie pour un meurtre ou un viol).

Le dispositif que je suggère serait plus développé que le bracelet électronique actuel, dont les limites sont vite atteintes (il n’indique que les heures de sortie du domicile). Le nouveau mouchard mettrait en action les bornes téléphoniques et permettrait de tracer le parcours des délinquants. Leur liberté et leur intimité seraient préservés, la surveillance entrant en jeu seulement si un délit est commis. La police cherchera alors, sous le contrôle de la justice, à déterminer parmi les anciens condamnés ceux qui sont susceptibles d’être coupables. En les localisant, elle aura les armes suffisantes pour résoudre un grand nombre d’affaires jusque-là impunies. Nous pourrions de même équiper tous les demandeurs d’asile en fin de procédure, ils seront ainsi localisés si tous leurs recours sont épuisés et s’ils doivent être expulsés.

Bien entendu, les organisations de gauche et les thuriféraires des « droits de l’Homme » hurleront à la dictature, alors qu’ils sont aux abonnés absents lorsqu’un projet de pistage généralisé des Français est proposé pour éviter la contagion au Covid-19, alors que la mesure que je propose ne limitera que fort peu les droits des délinquants condamnés. L’immense majorité des citoyens ne sera d’ailleurs pas concernée par ce projet, car l’immense majorité des Français n’a jamais affaire à la justice pénale. La loi devra veiller à les protéger de toute intrusion dans leur vie privée. Cette politique permettra de limiter les emprisonnements et les trop longues peines. La prison est criminogène ; un petit délinquant embastillé risque vite de basculer et à sa sortie de cellule de commettre des crimes bien plus graves que ceux qui lui ont valu sa première peine. La prison ne devrait être réservée qu’aux récidivistes endurcis, qu’à ceux qui refusent obstinément de revenir dans le droit chemin.

Puisque la technologie est au point, un gouvernement responsable soucieux du bien-être de sa population devrait immédiatement étudier la mise en place de cette mesure à la fois efficace et susceptible de générer des économies.

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