La Pologne, c’est ce beau pays à l’âme slave tiraillé depuis toujours, de par sa position géographique, entre l’Est et l’Ouest. Mais la Pologne, c’est aussi un pays enraciné dans la foi catholique. Encore aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 40 % de ses habitants qui vont à la tous les dimanches. Dans ce pays longtemps persécuté, envahi, par les nazis comme par les communistes, la population sait ce qu’est l’espérance. Chez eux, la prière n’est pas une abstraction, c’est bien une force spirituelle dont les incidences sur le mondes sont tangibles !

Alors, aujourd’hui, en voyant leur pays menacé de tous les côtés, par l’athéisme, la mondialisation, l’esprit du monde, etc., les Polonais ont un réflexe spirituel. Ce n’est pas de sortir les fusils pour repartir en croisade, non, c’est plus simple et plus profond que cela. Les Polonais sortent les chapelets. Et le 7 octobre, fête du Rosaire et date de Lépante, ils demandent de nouveau un miracle à la Sainte Vierge. Pas seulement un miracle pour leur pays, en égrenant les Ave Maria, ils demanderont le salut du monde à Celle qui, le 7 octobre 1571, répondant à la supplication du pape Pie V et de toute la chrétienté, donna la victoire à la Sainte Ligue sur les Ottomans.

C’est une chaîne de prière tout le long de la frontière qui se met en place, répondant à la fondation Solo Dios Basta. Un petit groupe qui avait déjà réuni 100.000 personnes à Częstochowa l’année dernière pour une journée de pénitence publique en réparation de tous les péchés commis en Pologne. Le mot d’ordre de cette fondation est directement puisé dans l’Évangile et dit plus que de longs discours: “Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création” (Marc, 16, 15).

Cette initiative est soutenue par l’épiscopat et par les 22 diocèses qui jouxtent les frontières. Après une et une conférence, les fidèles rejoindront la frontière, sur terre comme sur mer, pour lancer la grande prière.

Surprenant qu’une initiative aussi intéressante, de par son pacifisme et son écho en Pologne, soit autant tue en France. Les rares relayant l’information s’empressent d’ajouter un couplet sur l’ pour réduire l’événement à un combat contre les musulmans. Une réflexion ridicule, quand on écoute le père Pawel Rytel-Andrianik, porte-parole de la Conférence épiscopale polonaise : “Il serait incorrect de l’interpréter comme une réunion de prière pour protéger le pays contre l’arrivée de réfugiés musulmans. […] Il n’est pas question de se fermer aux autres, au contraire, aller aux frontières avec le rosaire, c’est pour briser les murs, s’ouvrir aux Russes, Bélarusses, Slovaques, Ukrainiens et Allemands.”

Alors, nous aussi, en France, nous pouvons nous associer aux Polonais, parce qu’il existe une force plus puissante que la mondialisation, plus ancienne, plus répandue et, à mon humble avis, plus efficace et non destructrice : c’est la prière.

7 octobre 2017

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