[POINT DE VUE] UE : ce coup de force juridique qui menace les souverainetés nationales
Jeudi 18 décembre, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a franchi un Rubicon juridique et politique. Dans une décision visant la Pologne, elle a affirmé la primauté de sa jurisprudence sur les Constitutions nationales. Un arrêt d’apparence technique, mais dont la portée est considérable : pour la première fois, la CJUE se place explicitement au-dessus des lois fondamentales des États membres. Ce faisant, elle bouleverse l’équilibre institutionnel de l’Union européenne et ouvre la voie à une centralisation du pouvoir sans précédent.
Jusqu’ici, la construction européenne reposait officiellement sur un compromis délicat : les États acceptaient de transférer certaines compétences à l’Union, mais dans les limites qu’ils avaient librement consenties. Ce principe, dit « d’attribution », est clairement inscrit à l’article 5 du traité sur l’Union européenne : toute compétence non attribuée à l’UE par les traités appartient aux États membres. Or, la décision rendue le 18 décembre marque une rupture fondamentale avec cette logique.
Une primauté jamais affirmée aussi clairement
Dans cette affaire opposant la CJUE à la Pologne, la Cour a estimé que les juridictions nationales ne pouvaient invoquer leur Constitution pour écarter l’application du droit de l’Union tel qu’interprété par la CJUE. Autrement dit, même une norme constitutionnelle nationale doit céder devant la jurisprudence européenne.
Il ne s’agit plus, ici, de la primauté du droit européen sur le droit interne ordinaire - principe déjà ancien et accepté - mais bien d’une hiérarchie nouvelle où la CJUE s’arroge le dernier mot sur les Constitutions elles-mêmes. Jamais, auparavant, la Cour n’avait affirmé de manière aussi directe et explicite la supériorité de ses décisions sur les textes constitutionnels nationaux. Nous sommes donc face à un moment charnière dans l’histoire de l’Union européenne. Un moment où la CJUE explique que c’est elle seule qui définit l’étendue des compétences de l’Union européenne face aux États membres.
La fin du principe d’attribution
Cette décision revient en effet à vider de sa substance le principe d’attribution prévu par les traités, et notamment par l’article 5 du traité sur l’Union européenne. En s’accordant le pouvoir de déterminer seule l’étendue de ses compétences, la CJUE s’émancipe du cadre fixé par les États signataires du traité de Lisbonne et se pose en cour constitutionnelle des 27 au-dessus des cours constitutionnelles nationales. Désormais, ce ne sont plus les nations qui décident ce qu’elles délèguent à l’Union, mais la Cour qui interprète extensivement ses propres prérogatives.
Une dérive confirmée par une série de décisions
Cette décision s’inscrit, en outre, dans une série d’arrêts récents par lesquels la CJUE a progressivement étendu les compétences de l’Union dans des domaines relevant traditionnellement de la souveraineté nationale.
Ainsi, pour ne citer que des arrêts délivrés cette année, en novembre, la Cour a imposé aux États membres, au nom du droit de libre circulation, l’obligation de reconnaître les mariages homosexuels contractés dans d’autres pays de l’UE, même lorsque leur droit national ou leur Constitution ne reconnaissent pas ces nouvelles formes de mariage. Une intrusion directe dans le droit de la famille, pourtant jamais transféré à l’Union puisque le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne prévoit un vote à l’unanimité sur toutes les questions familiales avec une incidence transfrontière. Avec une telle jurisprudence, si un jour un pays comme la Belgique reconnaît les mariages polygames, les musulmans de toute l’UE pourront aller s’y marier avec plusieurs femmes et leur pays de résidence devra conférer à ces mariages polygames les mêmes droits qu’aux mariages à deux.
De même, la CJUE a estimé, en mars dernier, que les États membres de l’UE étaient tenus de modifier l’état civil d’une personne à sa demande afin d’y inscrire le « sexe ressenti », même lorsqu’il ne correspond pas au sexe biologique, au nom du régime européen de protection des données personnelles. Là encore, la Cour détourne une compétence existante de ses objectifs initiaux pour intervenir dans des choix de société fondamentaux.
En matière migratoire, en juillet dernier, la CJUE a reconnu aux tribunaux nationaux le droit de ne pas appliquer les listes de « pays sûrs » établies par les gouvernements pour refuser l’asile et procéder à des expulsions. Ce faisant, elle affaiblit considérablement la capacité des États à maîtriser leur politique migratoire.
Vers un super-État judiciaire ?
Mis bout à bout, ces arrêts dessinent une trajectoire claire : celle d’une Union européenne qui étend ses compétences par la voie jurisprudentielle, sans consultation populaire ni révision des traités. Une révision en profondeur des traités est, certes, dans les tiroirs, mais elle semble avoir été mise de côté pour le moment face à la montée des droites souverainistes partout en Europe. À la place, on a donc ce petit groupe de juges non élus de la CJUE qui, en collaboration avec la Commission européenne, se chargent de transformer profondément le sens des traités existants.
La décision du 18 décembre 2025 contre la Pologne pose désormais frontalement la question de la souveraineté des nations et du consentement des peuples. Reste à savoir si les États-nations accepteront durablement cette dépossession silencieuse de leur pouvoir constituant ou s’ils décideront, enfin, de reprendre la main.
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117 commentaires
« Dans cette affaire opposant la CJUE à la Pologne, la Cour a estimé que les juridictions nationales ne pouvaient invoquer leur Constitution pour écarter l’application du droit de l’Union tel qu’INTERPRÉTÉE par la CJUE ». Quoi d’étonnant de la part d’une Europe qui applaudit et facilite la venue de migrants qui, pour certains, professent que les lois de leur religion sont supérieures aux lois du pays qui les accueille… Il y en a qui trouvent encore géniale cette Europe qui les dépossède petit à petit. Par exemple, les même sont heureux qu’on leur fasse les poches sans leur demander leur avis pour donner 90 milliards d’Euros à l’UKRAINE qui, depuis ans 4 et après les centaines de milliards déjà reçus, continue à perdre du terrain dans une guerre qui tue des milliers de soldats et de civils tous les jours sans, aujourd’hui, aucun espoir de victoire. FREXIT !
Sur l’Ukraine, on attend un article qui mette en valeur ce que vous reprochez aux dirigeants européens et aux dirigeants ukrainiens eux mêmes dont le comportement respectif est irresponsable, sinon odieux lorsque l’on pense au sort des combattants et des victimes de cette guerre. Je ne comprends toujours pas pourquoi BV qui affirme être libre pratique ici le silence radio.
Frexit marre d être contraint par des organismes non élus qui s arrogant tous les droits
La CJUE se place explicitement au-dessus des lois … jusque là c’était « implicite » mais c’est « mieux quand c’est dit non?.. FREXIIIIIT vite !
Pour sortir de l’UE il faut au préalable destituer Jupiter puisqu’il ne veut pas démissionner. Ensuite FREXIT.
Dire qu’il y a plein de français qui ont la trouille de quitter l’Europe alors que c’est une dictature qui se met en place sans même plus se cacher !
Le Frexit !
Le Polxit dans ce cas…
Plus le temps passe, plus il sera difficile de s’extraire de ce carcan. Sauvons-nous de là.
Difficile non, il suffit de s’imposer comme le fait déjà quels états membres mais pour cela nous n’avons pas à ce jour l personne qu’il faut au sommet de l’état
Je plussoie.
Il est urgent de quitter cette UE : FREXIT VITE ! Sinon on est foutus ….
Reset !
Un
pas de plus pour la soumission au catéchisme européo-mondialiste .
Quand un groupe d’individu décide d’aller au-delà de ses prérogatives, cela s’appelle un coup d’état. Avec les juges, en France on commence à en avoir l’habitude. Comme personne ne juge les juge, ils ont les coudées franches pour rendre la justice selon leur idéologie et non pour le bien commun. On attend la réaction des Etats, mais si c’est comme avec les décisions unilatérales de UVDL, l’affaire est entendue.
Question : quel est le nom des « juges » de cette bande ? sont-ils, comme à la Cedh, des anciens sorosiens de l’Open Society ? Savoir cela aiderait à comprendre « à qui profite le crime ? ».
pertinent !
Excellente question.
Il est plus qu’urgent de quitter ce « machin » qui nous broie tous les jours un peu plus .Le monde rural est « en route » .A savoir si vous le voulez vraiment ou pas dès ce début Janvier .Il n’y a pas que les OQTF à expulser
Et quels pays s’indignent ou protestent ? La CJUE aurait tort de se priver si personne ne la recadre
L’UE. Bateau ivre qui prend l’eau de toutes parts s’affole et veut imposer sa dictature. C’est peut-être l’embryon du FREXIT qui devient fœtus. A quand l’accouchement.
Pousse-toi, maintenant c’est moi qui commande. Cela s’appelle comment.
Devinez.