[POINT DE VUE] Le 8 mai 1945, c’était hier

Beaucoup de collégiens et de lycéens ne savent pas ce que l’on commémore en ce jour férié.
Capture d'écran CNews
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Le 7 mai 1945, il y a exactement quatre-vingt-un ans, au collège technique et moderne de Reims, la nuit était déjà bien avancée lorsque les Allemands, à bout de forces, signèrent la capitulation du Troisième Reich. Prévu pour durer mille ans, le régime fou d’Hitler n’en aura duré que douze. L’établissement scolaire abritait alors le Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force, PC des troupes alliées. Le maréchal Jodl, l’un des derniers grands généraux de l’armée allemande, apposa sa signature sous l’œil d’Eisenhower et de trois autres généraux – dont un Français nommé François Sevez, héros dont l’Histoire a oublié le nom.

Aux termes de ce texte, les combats devaient s’arrêter le 8 mai à 23h01. C’était d’un acte de capitulation qu’il s’agissait. Les Alliés avaient repoussé sans ménagement les propositions de paix séparée de l’amiral Dönitz, le seul dignitaire nazi à ne pas être en fuite ou suicidé. Il s’agissait d’humilier totalement les nazis, de ne leur laisser aucune porte de sortie. Peut-être la découverte par les Américains des camps de concentration, au fur et à mesure de leur avancée en territoire allemand, avait-elle joué un rôle dans cette rage. Symboliquement, la signature d’un tel acte à Reims, lieu symbolique de l’onction des rois de France, ne pouvait que marquer l’âme française, pourtant terriblement meurtrie par la défaite, l’armistice, la collaboration et – pire encore – l’attentisme de tout un peuple. La fiction d’une France résistante, entretenue par le général de Gaulle, n’était pas encore passée par là. Pourtant, il semble que plus personne ne se souvienne, aujourd’hui, que ce fut dans cette ville, combien chargée d’Histoire, que le dernier acte du national-socialisme fut écrit.

Staline impose sa volonté

Il y a une raison à cela : la volonté farouche de Staline. Le dictateur soviétique, qui ne rendait pourtant guère de points à Hitler en termes de saloperie, tenait absolument à ce que fût signée, dans Berlin occupée par l’Armée rouge, une autre capitulation. Maître du discours stratégique avant que le terme n’eût même été inventé, le maître de l’URSS obtint ce qu’il souhaitait. Le 8 mai au soir, dans les faubourgs de Berlin, ce fut le maréchal Keitel, un autre des derniers grands chefs de la Wehrmacht, qui signa à son tour l’acte de capitulation de l’Allemagne, peu avant minuit… heure allemande. À Moscou, on était déjà le 9 mai. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui encore, les Russes commémorent la victoire le 9 mai au lieu du 8 pour le monde occidental. Leur parade militaire impressionnante nous est désormais bien connue.

Le 9 mai, encore, Staline s’adressa à son peuple dans un discours demeuré célèbre. Lui qui, le 3 juillet 1941, avait utilisé les mots « frères et sœurs », les mots mêmes du tsar, pour exhorter ses compatriotes à lutter contre l’invasion du Reich, retrouvait à présent les mots « camarades » et chantait les louanges de l’Armée rouge. La propagande reprenait ses droits. En Europe, Churchill ou de Gaulle ne tarderaient pas à être écartés du pouvoir. Il est des hommes faits pour gagner les guerres, que la population remplace en temps de paix.

Quatre-vingt-un ans. Que reste-t-il de cette immense bouffée d’espoir, de ces promesses de liberté et de ce bienheureux sentiment de délivrance ? Beaucoup de collégiens et de lycéens ne savent pas ce que l’on commémore, en ce jour férié. Beaucoup de Français ont perdu de vue le caractère éphémère et précieux des périodes de paix, de celles qui « favorisent certaines illusions d’optique », comme dit Jünger, dans le Traité du rebelle. Souhaitons, au moment de nous rendre devant le monument aux morts de notre commune, que l’esprit de victoire revienne planer au-dessus de nos têtes. Nous en aurons peut-être besoin.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 09/05/2026 à 10:09.
Picture of Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

53 commentaires

  1. La jeunesse du moment est bien plus concernée par les dates du ramadan. Sans parler de celles des rencontres sportives, où elle peut casser sans craintes.

  2. Le 8 mai suivi du 9 mai , sont les deux jours auxquels l’ Occident a perdu la guerre , nous en ressentons les consequences aujourd’hui .

  3. J’ai vu que je n’étais pas le seul à penser qu’il n’ y a pas que des collégiens et des lycéens à ne pas savoir ce que l’on commémore en ce jour férié du 8 Mai !

  4. Ça fera les pieds à quelqu’un qui est l’archétype du bobo de salon …

  5. Rien d’anormal qu’une capitulation ait été signée à Berlin. C’est l’Armée Rouge en investissant Berlin – après avoir sévèrement battu les armées allemandes – qui a mis fin au troisième Reich.

  6. C’est bien de commémorer le 8 mai de la victoire sur le nazisme mais il me tarde de connaitre le jour de la victoire sur l’islamisme

    • Bonne comparaison, après la victoire sur le Nazisme la victoire sur l’islamisme sauf que dans notre société un grand nombre d’islamistes vivent parmi nous.

    • l’argent a pourris le monde et il ont émasculés l’occident le wokisme a fait le reste nous sommes des zombis

  7. Une précision : Alfred Jodl était Generaloberst (Général d’armée) et non Generalfeldmarschall (Maréchal).
    Wilhelm Keitel, chef de l’OKW (Ober Kommando der Wehrmacht – État-major suprême de la Wehrmacht), était Maréchal et signa la capitulation générale du III. Reich à Berlin le 8 mai en présence du Maréchal Joukov, au QG de l’Armée soviétique.

  8. Il n’y a pas que les collégiens et les lycéens qui ne savent pas ce que l’on commémore. C’est pareil pour le 11 novembre. La majorité des Français se foutent pas mal de ce que l’on commémore ou de ce que l’on fête. C’est une occasion de ne pas travailler et, à l’occasion, de faire le pont.
    Je ferai remarquer une chose , le congé du 8 mai est un cadeau de Mitterand en 1981. Le général De Gaulle l’avait supprimé en 1959. Aux États-Unis et au Canada, même s’il y a des commémorations, le 8 mai n’est pas férié et je crois qu’en Grande Bretagne non plus.

  9. il faut oublier amitie franco allemande vendre la boiserie supprimer la tombe du soldat inconnu ;;;ca viendra ;;;;;supprimer le nom france et dire hexagone et autres gommage de la patrie mondialisation a outrance ;;;;et apres on s étonne que les français ne savent plus ou ils habitent

  10. Anecdote vécue: dans ma commune, nous fêterons « l’armistice du 08 mai ». J’ai attiré l’attention d’un(e) conseiller(e) municipal(e), et son conjoint n’a pas compris le « hiatus »…Alors les collégiens et les lycéens….

  11. Je suggère à l Éducation Nationale de remplacer les heures EVARS par des heures d Histoire et de Géographie pour compléter et les jeunes ne s en porteront que mieux à l intérieur de leur établissement scolaire qu à l extérieur !

    • Comment voulez-vous que les jeunes soient attachés a leur pays quant on ne leur explique pas ce qu’il a été et pire, quant on leur montre que les mauvaises périodes comme les colonisations quant encore pire, on ne cite que le côté négatif.

  12. Le Gal Sevez, cité ici, commandait l’une des 8 divisions françaises de la Libération, la 4è DMM (division marocaine de montagne) en Italie et pendant la campagne de France. Oublié en effet puisqu’il n’ y en a que pour Leclerc et la 2è DB…

    • Renseignez vous :V. d. Leyen n’est pas prussienne. Famille de commerçants de la Hanse « anoblie » (par le fric).
      Se souvenir de la sentence de Bismarck « Toute l’Afrique ne vaut pas les os d’un grenadier poméranien » donc prussien. A méditer!

  13. Quand j’étais au lycée, j’en avais entendu des belles…
    « C’est qui les occidentaux ? »
    « Les Allemands ils sont toujours nazis ? »
    Certains ignoraient tout des deux guerres mondiales, alors ceux qui connaissaient la signification du 8 mai…

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