[POINT DE VUE] Jack Lang et la fête de la Musique : le portrait de Dorian Gray

C'est l'histoire de cet homme éternellement jeune qui a vieilli de 50 ans en quelques heures.
Capture d'écran Youtube Closer
Capture d'écran Youtube Closer

Nombreuses sont les niaiseries socialistes imaginées par Jack Lang, mais celle de la fête de la Musique n’est pas la moindre. Hélas, elle dure depuis des lustres pour le plus grand malheur des oreilles de France. Ici ou là, devant un kiosque à bretelles, une batterie de guitares électriques ou un tintamarre orchestral improvisé, on donne un concert gratuit pour une foule de passants qui passe et s’en va. C’est la misérable fête de la Musique.

Une sorte de vanité sans fin

Fierté de son créateur. Pourtant, accablé par le destin, contraint de payer sa place au cinéma, il avait dû, récemment, faire la queue pour entrer et ne décolérait pas : « Après tout ce que j’ai fait pour la culture », soupirait-il. Et il le faisait savoir de toute sa force d’ex-ministre indigné. Mais depuis l’affaire Epstein, et de tous les camouflets qu’il a eu à subir, Jack Lang n’est plus le même.

Bien sûr, on pourrait aussi renverser son propos et dire : après tout ce que je n’ai pas fait pour la culture. Car, enfin, qu’a-t-il fait, au juste ? Sinon imaginer une sorte de vanité sans fin. Inventer le règne des copineries majuscules, l’art de ne rien dire, brasser les idées creuses d’un socialisme toc et l’insignifiance forcenée…

Car la fête de la musique, ce n’est rien, et Jack Lang a fait beaucoup mieux : il a créé une sorte d’éternelle jeunesse, un monde indémodable car sans mode du tout. Jack Lang, c’est un peu Le Portrait de Dorian Gray. L’histoire de cet homme qui ne vieillit pas, ne vieillira jamais. Éternellement jeune. Et soudain, comme dans le portrait, en quelques heures, il a vieilli de cinquante ans. Il n’est plus ce ministre de la Culture qui confondait l’être et le paraître, la culture et le néant.

La réalité dépasse bien souvent la fiction, on le dit, et c’est souvent juste. En regardant le visage actuel de Jack Lang, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle entrer le héros de cette nouvelle qui, par une ironie diabolique du destin, voit son tableau vieillir à sa place et le ministre lui même, aujourd’hui en perdition, accroché aux derniers lustres de son pouvoir jusqu’à l’Institut du monde arabe où il continuait, récemment encore, de jouir des derniers avantages de son ultime fonction.

Le Bourgeois gentilhomme du socialisme

Jack Lang, sorte de beau décati, au sourire éternel, et qui faisait penser au Bourgeois gentilhomme du socialisme, mais un bourgeois sorti d’un conte fantastique, d’horreur et de vilenie, grand spécialiste des impostures culturelles, qu’elles soient de mises en scène de rombières ou peintures à barbouillis savants. Jack Lang, une sorte de Philamouche ou de Trissotin sorti d’une comédie de Molière.

Et voila que soudain, la réalité rejoint la fiction, et l’on revoit toute une caste de jouisseurs et de vieux soixante-huitards attardés mais qui ont tellement berné le monde. On le voit sorti de son cauchemar, au bord de la piscine, jouissant de la vie pendant que les amateurs de libérations appellent à la lutte des classes. Dorian Gray veut rester jeune, malgré tout, il n’a pas compris que c'est le tableau qui vieillit à à sa place, mais un jour, patatrac ! le tableau sort du placard où on l’avait dissimulé.

Et Jack Lang devient ce qu’il avait toujours été, cet imposteur qui remplaça l’œuvre par sa dernière relecture, Molière par un Molière d’après et l’eau de source par la chasse d’eau. Les années qui ont passé, mais il croit qu’il est toujours ce grand ministre de la Culture qu’il n’a jamais été, un ministre de pacotille, un marchand de verroteries qui tintent. Et comme de sa misérable fête de la Musique montent des braillements hétéroclites.

Sous la toile vermoulue et moisie trône toujours, ridicule, explosé, décomposé, l’inénarrable chantre de la Mitterrandie, comme un épouvantable et grotesque portrait de Dorian Gray.

 

Picture of Jean-Pierre Pélaez
Jean-Pierre Pélaez
Auteur dramatique

Vos commentaires

35 commentaires

  1. Lang devrait rembourser tout les dégradations qu’on générés les fêtes du bruit depuis sa création

  2. Cet article est d’une justesse ! tout est dit sur ce personnage qui m’a toujours paru vain et creux mais encensé par tous les bien pensants de gauche ou de droite ! personne n’osait le critiquer et pourtant… Merci à monsieur Pélaez d’avoir si bien dit ces vérités.

  3. Les feux de la Saint Jean c’est quand-même plus sympa comme fête, et plus traditionnel surtout. Si on juge que la fête de la musique est une fête de gauche, alors il faut organiser une festivité champêtre autour du bûcher et de la sorcière.

  4. On connaît l’ abominable auteur de cette prétendue fête ,on devrait donc la supprimer ; nous voyons renaître ce qui avait été imposé en 1794 par un décret de Robespierre ; la suppression des fêtes chrétiennes et leur remplacement par une énumération de fêtes païennes (article 7 ): l’ agriculture , l’industrie , l’ âge viril , la vieillesse , le Stoïcisme , le Désintéressement ,la nature , la jeunesse , la Frugalité … et la 36 ème : le Bonheur après le Malheur ( article 31 ) .

    Dans mon village , les antiques fêtes chrétiennes et kermesses patronales n’ existent plus : elles ont été remplacées par : les voeux du maire , la fête des voisins , la brocante municipale , la fête de la musique , le 14 juillet , Halloween , la cérémonie civile du 11 Novembre et depuis cette année Mardi gras est revenu avec des enfants qui quémandent des friandises sans savoir qu’ il s’ agit d’ une fête catholique .

  5. L’homme qui ne vieillit jamais… pourtant on peine à le reconnaître malgré tout ce qu’il a dû investir dans la médecine esthétique. C’est surtout un homme qui n’assume pas de vieillir et doit probablement mal vivre loin des flashs et paillettes. Venir en baskets à un office religieux est une preuve qu’il n’a plus toute sa tête.

  6. D’après la vidéo, personne ne lui saute au coup, au contraire, tout le monde cherche à l’éviter. Il a même raté la grille d’entrée où se tient l’office tant préoccupé à trouver des personnes qui le reconnaissent pour leur serrer la main. Se croyant le plus beau et voulant le rester, il a eu recours à la chirurgie esthétique et c’est raté puisqu’il est devenu encore plus moche qu’avant. Du coup, il fait peur à tout le monde, surtout aux enfants.

  7. Cette caste politique à la sauce mitterrandienne est pourrie jusqu’à la moelle, nous les pensons dans notre immense majorité, ils le savent et n’en n’ont strictement rien à foutre, ils sont au dessus de la classe des Gueux, …

  8. IL fait un peu peine à voir ce M ( visuel… ). A l’époque, la Fête de la Musique n’était que rassemblements d’amateurs qui grattaient leurs guitares au coin de la rue ( bon enfant ). Et puis, l’évènement a finit par échapper à ses maîtres… Bon, il y a eu les subventions au cinéma ( rien n’est clair avec sa fille_ source médias_ … la Justice ? ). Il a eu cette réputation de mauvais payeur ( voire non payeur pour lui ) etc et autres réputations, mais… pas condamné. Donc.

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